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Témoignages -

« Nous sommes dans le renouvellement permanent »

Publié le Mercredi 04 Février 2009 15:23:03

Pascal Étienne, responsable du service lumières du Théâtre de Cornouaille à Quimper Pascal Étienne, responsable du service lumières

La carrière de Pascal Étienne l’a déjà mené dans de nombreux théâtres : la Cartoucherie de Vincennes et le Théâtre national de la Colline à Paris, la scène nationale de Saint-Quentin en Yvelines et celle des Antilles… « J’ai aussi eu la chance de partir en tournée internationale », précise le technicien. Il a posé ses valises à Quimper en 1998 et s’en félicite. « Le rythme de travail est très agréable ici. Il ne nous conduit pas à vivre complètement en marge de nos familles comme c’est souvent le cas à Paris. Nous sommes tout de même dans le renouvellement permanent, dont je ne pourrais personnellement pas me passer. »

Au Théâtre de Cornouaille, Pascal Étienne est régisseur général adjoint et responsable du service lumières. « Il s’agit de faire la synthèse entre les besoins d’un spectacle et l’espace et le matériel dont nous disposons, pour satisfaire au mieux les demandes des artistes, explique-t-il. C’est parfois compliqué mais toujours abordable. » Lui n’avait pas de formation initiale qui le prédisposait à ce métier (il a un bac de génie climatique !) mais a tout de même suivi les enseignements du centre de formation parisien Laser, après avoir fait connaissance avec le métier en remplaçant un ami. « Même si c’est de moins en moins vrai – parce qu’il y a sur le marché des qualifications pointues – une formation basique, l’envie et de bons contacts peuvent encore donner accès aux métiers du spectacle », assure Pascal Étienne.

« Un métier qui avale complètement et nourrit en même temps »

Publié le Mercredi 04 Février 2009 15:21:16

Marie Guiot, administratrice de production du Théâtre de Cornouaille à Quimper Marie Guiot, administratrice de production

« En tant que scène nationale, le Théâtre de Cornouaille est un lieu de production où l’on fabrique des spectacles. Mon travail consiste à tout mettre en œuvre pour que ces spectacles existent. Cela couvre des aspects artistiques, administratifs, juridiques, financiers… », détaille Marie Guiot, administratrice de production. Sa palette est large : des financements à trouver, au partenariat à monter pour les tournées, à la réflexion à mener avec un artiste sur la mise en scène, mais aussi aux fleurs à ne pas oublier dans les loges, au rendez-vous médical à prendre pour un comédien…

« Le rythme peut être perturbant. Je vis à la fois dans l’instant des spectacles en cours de diffusion et dans l’imagination de ceux que l’on va produire dans les deux années à venir, raconte la jeune femme. Il y a des moments très intenses comme ceux qui précèdent une première et d’autres plus calmes qui permettent de se pencher sur les budgets et les dossiers administratifs. » Sa vie professionnelle est aussi ponctuée de déplacements dans les lieux qui accueillent les spectacles produits par le théâtre : « Il s’agit d’entretenir les contacts avec les autres structures, mais également de vérifier les conditions de travail des artistes. »

De toute évidence, ce poste exige une très grande polyvalence que Marie Guiot s’est forgée au cours de sa formation (bac scientifique, école de commerce, deug d’histoire de l’art) et de son premier emploi dans un théâtre de la banlieue parisienne où elle était chargée des relations avec le jeune public. L’administratrice est par ailleurs pianiste et concilie ici activité professionnelle et passion du spectacle. « Ce n’est pas un métier que l’on peut faire sans passion, souligne-t-elle : il nous avale complètement et nourrit en même temps. »

« Je me sens privilégié »

Publié le Mercredi 04 Février 2009 15:12:53

Stéphane Hamonou, chef machiniste au Théâtre de Cornouaille à Quimper Stéphane Hamonou, chef machiniste

Stéphane Hamonou dit sans détour qu’il « s’éclate » dans son travail. « Je me sens privilégié parce que je fais ce que j’aime vraiment. » Musicien, le chef machiniste a trouvé là de quoi concilier passion et gagne-pain. « J’ai un brevet de technicien des métiers de la musique, indique-t-il. C’est par le biais d’une objection de conscience que j’ai rejoint l’équipe du théâtre en 1995, avant d’y réaliser un contrat de qualification pour apprendre la régie scène, la machinerie plateau, l’implantation d’un décor. »

Adjoint du régisseur plateau et chef d’équipe aujourd’hui, Stéphane Hamonou travaille à la mise en espace des spectacles : planter le décor, implanter la boîte noire (tous ces éléments qui cachent le matériel), accrocher les lumières… « Une mission qui a bien sûr beaucoup à voir avec de la technique mais qui a aussi une grande part de relationnel : nous collaborons avec les équipes techniques des spectacles que nous accueillons et nous assurons le confort des comédiens et musiciens », explique-t-il.
Travailler dans un théâtre demande, selon Stéphane Hamonou, une très grande implication. « Je me laisse complètement prendre par la démarche de création lorsque nous produisons un spectacle. Mon esprit est alors à 100 % tourné vers le travail ! » Il faut également de la disponibilité : « Nous pouvons commencer tôt le matin et rentrer tard le soir, nous sommes aussi amenés à partir en tournée avec nos productions. Je ne vois parfois pas mes enfants pendant plusieurs jours. »

« Voir les yeux des spectateurs briller est tellement réjouissant ! »

Publié le Mercredi 04 Février 2009 14:46:37

Viviane Le Roy, attachée à l’accueil billetterie du Théâtre de Cornouaille à Quimper Viviane Le Roy, attachée à l’accueil billetterie

Viviane Le Roy est entrée au théâtre par la petite porte. Elle y a démarré par un stage en 1992 avant d’intégrer l’équipe grâce à un contrat emploi solidarité « J’ai commencé à l’accueil, à la diffusion des programmes et à la caisse, au théâtre Max Jacob », se souvient-elle. Après un CDD et un CDI à temps partiel, elle a acquis un temps plein à l’ouverture de la salle de l’esplanade François Mitterrand. « J’ai eu une promotion dernièrement : je suis désormais responsable de la billetterie et de la caisse », indique Viviane Le Roy, qui est aussi documentaliste et photographe à ses heures...

« Le contact avec le public est très plaisant, assure-t-elle. Cela demande de la patience, de l’écoute et de la diplomatie. Les retours positifs sur les spectacles que nous programmons sont de beaux cadeaux : voir les yeux des spectateurs briller est tellement réjouissant ! » Viviane Le Roy se satisfait aussi d’un travail qui « n’est jamais routinier, parce qu’en plus de l’accueil, je prends en charge une foule de petites choses comme l’aménagement et la décoration du hall, l’alimentation des panneaux d’affichage, les photos des événements, etc. »
Pour elle, le théâtre n’est pas vraiment une entreprise comme les autres : « C’est une famille plutôt soudée dans laquelle les relations ont pris une tournure affective. Ce qui les rend très agréables mais aussi plus compliquées parfois ! Un peu comme dans une compagnie de théâtre… »

« J’arrive toujours à m’émerveiller »

Publié le Mercredi 04 Février 2009 14:44:54

Étienne Tison, secrétaire général du Théâtre de Cornouaille à Quimper Étienne Tison, secrétaire général

Il est la mémoire du Théâtre de Cornouaille. Étienne Tison, secrétaire général de la structure, en a vécu toute l’aventure. Il a été appelé en 1984 par la municipalité quimpéroise pour monter une programmation musicale, alors qu’il organisait des tournées en Bretagne dans un milieu associatif bouillonnant. « Nous avons commencé à trois, se souvient-il. Nous étions des militants autodidactes. Nous nous sommes formés sur le tas, avec toutes les lacunes que cela a pu impliquer… Des parcours comme ceux-là ne sont plus imaginables aujourd’hui. »

Étienne Tison a pu constater la professionnalisation des métiers artistiques ces dernières années. Une tendance lourde qui a certainement permis de gagner en confort et en qualité mais qui a aussi sacrifié un peu de spontanéité : « La législation a augmenté les contraintes. Dès que l’on ouvre le théâtre à quelqu’un, ne serait-ce que pour une répétition, il faut penser contrat, assurance, sécurité, etc. »
Le secrétaire général a façonné sa fonction à son image : « Je ne m’occupe pas de l’argent par goût. ça ne m’amuse pas du tout de courir après les subventions. Mon truc à moi c’est l’artistique. Je ne veux pas m’en éloigner. » Étienne Tison compare son poste à « une tour de contrôle ». Chargé des relations avec le conseil d’administration et de la mise à jour des tableaux de bords de la maison, il a une vision globale du fonctionnement du théâtre. « Je gère son planning, immédiat et des deux prochaines saisons », indique-t-il.
La partie de son activité qui lui donne le plus de satisfaction ? « J’ai toujours un regard sur la programmation musicale. Je suis l’actualité des artistes de la région pour pouvoir positionner le Théâtre de Cornouaille dans l’accompagnement de leurs projets. J’arrive toujours à m’émerveiller, à me nourrir des rencontres. Mon moteur, c’est l’envie de faire partager ces émotions. C’est un métier formidable ! »