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Les Missions locales mobilisées auprès des jeunes

l L’équipe carhaisienne met toute son énergie à accompagner les jeunes vers l’autonomie.

La crise économique actuelle obéit aux mêmes règles que celles qui l’ont précédée : les jeunes sont toujours les premiers à faire les frais du repli de l’économie. De plus en plus abonnés aux contrats précaires, ils demeurent la fameuse « variable d’ajustement » en première ligne dans les coupes de budget. Face à cette réalité, les quatre Missions locales pour l’emploi des jeunes du département disposent de nombreux outils. Et entendent bien s’en servir pour aider aujourd’hui les jeunes à se former au marché de l’emploi qui les courtisera demain.

Brest : « Plus de raisons que jamais de pousser nos portes ! »

Dans son bureau de la Mission locale du Pays de Brest, la directrice de la structure, Marie Le Morvan, égrène quelques chiffres : « Entre novembre 2007 et novembre 2008, la part des offres d’emplois enregistrées a chuté de 20 %. Et dans ces offres, la part des contrats durables chute elle aussi : elle était de 49 % en 2007, de 39 % en 2008. » Un chiffre, un dernier, vient faire le lien entre la crise économique et l’emploi des jeunes : « Fin 2008, sur Brest, les jeunes représentaient 22 % des demandeurs d’emploi. »

L’emploi et le reste

Autant dire que, ces derniers mois, les portes de la Mission locale se sont ouvertes plus souvent qu’à leur tour. Sur des jeunes « en grande souffrance, souvent en grande précarité ». Diplômés ou non, mais de plus en plus usés par un marché qui les a obligés à accepter des postes sous-qualifiés, des contrats précaires, des temps partiels.

« Il y a dès lors d’autant plus de sens pour eux à venir nous solliciter. Notre mission est plus que jamais de les accompagner globalement : dans des formations, des recherches d’emploi, oui. Mais aussi en analysant avec eux quels sont leurs freins face à l’emploi… Certains galèrent tellement au niveau financier qu’ils ne peuvent se mobiliser sur un projet professionnel immédiatement ! Dans ces moments-là, des aides ponctuelles peuvent leur permettre de souffler, pour mieux se consacrer au volet emploi. »

Sur ce dernier point, la Mission a d’ailleurs dédié une équipe spécifique, en lien permanent avec les entreprises du secteur. Histoire de connaître leurs besoins, de leur faire connaître les capacités des jeunes. Un échange de bons procédés plus que jamais valable, qui permet aux conseillers de mieux aiguiller les jeunes dans leurs orientations, leurs formations complémentaires, tout en prouvant aux entreprises que, le moment venu, elles trouveront leurs perles du côté des nouvelles générations.

Note : La Mission locale du Pays de Brest dispose de nombreuses antennes sur son territoire. Contact à Brest : 02 98 43 51 15.

 

Carhaix : Les demandes d’aides financières en hausse

« Habituellement, en Centre Finistère, les jeunes peu qualifiés ou sans qualification savent où trouver du travail : les usines agroalimentaires peuvent leur proposer des emplois saisonniers ou des contrats d’intérim. Ceux qui viennent nous voir veulent que nous les aidions à passer à autre chose. Nous les accompagnons dans un nouveau parcours d’orientation et de formation pour viser une situation plus pérenne », explique Karine Le Garff, conseillère à la Mission locale de Carhaix.
Depuis janvier, la donne a un peu changé :

« Nous avons vu très sensiblement augmenter le nombre de demandes d’aides financières. À la fin de la saison de décembre, les missions d’intérim se sont faites plus rares et des jeunes se sont retrouvés sans ressources. »

Les allocations financées par le Conseil général et la Région Bretagne et les coups de main fournis par les associations caritatives peuvent parer au plus pressé. Mais les conseillères de la Mission locale ne se satisfont pas que de cette réponse à l’urgence. « Nous mobilisons tous les soutiens disponibles sur le territoire, mais nous les inscrivons toujours dans une démarche plus longue d’accompagnement global qui s’appuie sur le projet professionnel du jeune », insiste Sylviane Coïc.
Pas question de laisser le jeune en situation de « consommateur » des aides : la Mission locale tient à ce qu’il soit « acteur de son parcours ». « Notre action doit s’adapter aux besoins de chacun. Nous tricotons des accompagnements sur mesure, nous avons le temps pour cela. C’est très riche et très valorisant lorsque l’issue est positive. Nous ne sommes cependant pas des magiciennes et nous devons gérer aussi des frustrations. » Pour autant, les conseillères de la Mission locale de Carhaix restent toujours pleines d’énergie et d’optimisme : « Avec les jeunes, tout est encore possible ! »

Note : La Mission locale de Carhaix assure des permanences régulières à Huelgoat, La Feuillée, Brasparts, Pleyben, Châteauneuf-du-Faou et Coray. Ses conseillères peuvent se déplacer à la demande dans les autres communes. Rens. 02 98 99 15 80.

Morlaix : Préparer la reprise

Il y a un an, à la Mission locale du Pays de Morlaix, l’ambiance était au beau fixe : « Au premier semestre, on sentait que, tous secteurs confondus, l’accès des jeunes à l’emploi était dans un contexte favorable… » Le directeur, Daniel Pédrono, soupire. Car ce temps-là est révolu : « En septembre, les jeunes sont revenus. En quatre mois, nous avons accueilli la moitié de notre public habituel sur l’année… Du jamais vu. »
Ici aussi, ils sont les premières victimes d’un marché de l’emploi en berne, même si le Pays de Morlaix ne figure pas parmi les plus rudement touchés.

« Bien souvent les formations initiales des jeunes morlaisiens ne correspondent pas aux besoins des entreprises du bassin d’emploi. Il est donc temps de “profiter” de la crise pour se former, et être prêts quand les entreprises chercheront de la main-d’œuvre. »

Remise à niveau

Et en cela, la mission des conseillers n’a pas changé : « Il s’agit toujours de lever les freins à l’emploi, notamment sur les problèmes de mobilité, puis de construire un projet avec le jeune. » Ce qui semble donc, de plus en plus, devoir passer par une formation, une remise à niveau : « Il faut mettre à profit cette période pour peaufiner le projet, même si la réponse en termes d’emploi ne sera pas immédiate », martèle Daniel Pédrono.
Un message aussi destiné aux entreprises : « Elles doivent savoir qu’au moment de la reprise, nos jeunes seront prêts à répondre à leurs besoins, seront qualifiés pour cela. Les jeunes ne doivent plus être la “variable d’ajustement” ! Ils entraîneront le développement économique du territoire. Si on les décourage, ils finiront par partir… Et il sera alors impossible de répondre aux futurs besoins de main-d’œuvre ! »

Note : Mission locale à Morlaix : 02 98 15 15 50 ; Maison de l’emploi de Landivisiau : 02 98 68 67 64/02 98 68 35 86 ; Maison des services publics de Saint-Pol de Léon : 02 98 29 12 68.

Quimper : Sensibilisation sur les secteurs en tension

« La première demande des jeunes que nous accueillons reste l’emploi. » À Quimper, Françoise Dupuy et Franck Tabailloux, respectivement responsables des secteurs accueil-accompagnement et emploi-formation ne relèvent pour le moment pas d’afflux massif directement lié à la crise. Les jeunes intérimaires dont les missions n’ont pas été renouvelées ou les titulaires de CDD sans lendemain n’ont pas encore poussé la porte de la Mission locale du Pays de Cornouaille*.
Son équipe d’une quarantaine de personnes n’en demeure pas moins vigilante. « La question du retour à l’emploi risque de devenir plus importante dans les semaines voire les mois qui arrivent », estime Franck Tabailloux qui s’alarme déjà de « l’effondrement » du nombre d’offres d’emploi observé fin 2008 et qui se poursuit depuis le début de l’année. Face à cette situation, « notre action va consister à faire encore plus de sensibilisation et d’information sur les métiers en tension comme l’agroalimentaire ou les services à la personne », poursuit-il. La conseillère Pôle emploi, mise à la disposition de la Mission locale, est notamment chargée de porter une attention particulière aux offres non pourvues. « Mais il n’y a pas de mariage forcé, précise Françoise Dupuy. L’important, c’est d’informer les jeunes que ces postes-là sont disponibles. »

Ne pas céder au découragement

Dans le contexte actuel où les offres se font rares, et où l’accès à l’emploi se resserre, la priorité est aussi de veiller à ce que les jeunes demandeurs d’emploi ne cèdent pas au découragement. Et abandonnent brutalement leurs recherches après leur investissement dans l’accompagnement proposé par la Mission locale. « Notre objectif est d’éviter qu’ils claquent la porte s’ils ne trouvent pas un poste rapidement », souligne Franck Tabailloux. Et sa collègue Françoise Dupuy d’ajouter : « Pour l’instant, nous avons affaire à des jeunes optimistes qui s’accrochent pour obtenir un emploi. »

Note : * En 2008, la Mission locale du Pays de Cornouaille a accueilli 4 900 jeunes. Elle a plusieurs antennes : à Concarneau, Pont-l’Abbé, Douarnenez, Briec, Fouesnant, Châteaulin, Audierne et Quimperlé. Contact à Quimper : 02 98 97 17 28.

Enquête d'emploi n°22 - avril 2009

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