L’insertion professionnelle des publics éloignés de l’emploi relève des compétences du Conseil général. Pour autant, d’autres partenaires s’investissent dans cette mission. Parmi eux: certains groupements intercommunaux.
Les 26 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du département* ne s’engagent pas de la même manière dans le soutien à l’insertion professionnelle des publics les plus éloignés de l’emploi. Certains le considèrent cependant comme un volet à part entière de leur politique de développement économique.
Pour la communauté urbaine de Brest et les deux communautés d’agglomération de Morlaix et Quimper, l’hésitation n’a pas été longue : la politique de la ville, qui inclut les dispositifs d’insertion économique, fait partie de leurs compétences obligatoires. Couvrant des territoires urbanisés, où se concentrent les publics en difficulté, ces collectivités ont tout intérêt à accompagner les initiatives allant dans le sens d’une réduction des exclusions.
À Quimper par exemple, l’agglomération a pris le relais de la ville au début des années 2000 pour soutenir le Plie (plan local pour l’insertion et l’emploi). En 2006, sur les 673 000 euros de subventions perçus par la structure, Quimper Communauté en a financé près de la moitié.
« Il s’agit de l’engagement le plus significatif de la communauté. Nous soutenons également les associations intermédiaires, comme Objectif emploi solidarité, en leur mettant des locaux à disposition », précise Marc Andro, vice-président en charge du développement économique.
Pour les communautés de communes, la lecture des textes est plus ambiguë. Parmi leurs compétences obligatoires figure le développement économique. Un terme assez large, qui peut, ou non, englober la notion d’insertion professionnelle. Plusieurs communautés de communes du département ont choisi de se lancer. Elles interviennent alors en soutien à des initiatives, des associations ou des projets déjà existants.
C’est notamment le cas de la Communauté de communes du Pays de Quimperlé, qui subventionne, entre autres, Les Jardins de Kerbellec. Une association qui gère un chantier d’insertion, dont le but est de permettre à des demandeurs d’emploi de renouer avec le monde du travail, via une activité de maraîchage biologique.
Autre exemple : la Communauté de communes du Pays fouesnantais (CCPF). Cette dernière a décidé de faire travailler les entreprises d’insertion de son territoire. À l’image des Ateliers fouesnantais, association qui regroupe trois entreprises adaptées. La CCPF la sollicite pour son activité de tri de déchets électriques et électroniques, mais également pour sa blanchisserie et son service espaces verts. « Cela correspond à des centaines de milliers d’euros », souligne Franck Ysnel, directeur de la CCPF.
Enquête d’emploi n°14 – Juin 2008
Note : * 23 communautés de communes, 2 communautés d’agglomération (Quimper Communauté et Morlaix Communauté) et une communauté urbaine (Brest Métropole Océane).
À l’issue des élections municipales de mars, la moitié des sièges de l’assemblée de Morlaix Communauté a été renouvelée. Difficile pour l’instant de dire quelle conséquence aura cette réorganisation partielle sur les orientations que prendront les nouveaux élus, notamment en matière d’insertion.