Parcs Nationaux de France Témoignages

Les centres-villes, des espaces à réinventer

Les conceptions urbaines évoluent. Aujourd’hui, et afin de lutter contre l’étalement urbain, on cherche à optimiser l’utilisation des espaces déjà occupés et à créer plus de zones piétonnes.

Développement durable oblige : on ne réfléchit plus l’aménagement d’une ville comme avant. Philippe Lannuzel, architecte urbaniste à l’Adeupa (Agence de développement et d’urbanisme du Pays de Brest) a mené une étude avec Anne Grasset sur les possibles mutations à apporter dans plusieurs cités du nord du département : Lesneven, Pont de Buis, Landerneau, Lannilis… L’objectif : la population doit pouvoir se loger, habiter et consommer dans un espace réduit. L’idée est de lutter contre l’étalement urbain, la tendance actuelle. Pour cela, il faut optimiser l’utilisation des espaces déjà occupés.

« Il faudrait que les centres-villes s’étoffent, que la totalité de l’espace urbain soit plus vivant, dispose de plus d’éléments d’animation », explique Philippe Lannuzel.

Aujourd’hui, les villes étudiées par l’Agence d’urbanisme adoptent un système parcellisé : d’un côté un cœur de ville où se trouvent encore les commerces et les services et de l’autre, des quartiers plus ou moins « dortoirs ». La réflexion menée amène à tendre vers une harmonisation de l’espace urbain. « Même si aujourd’hui, c’est indéniablement plus facile d’installer des équipements en zone périurbaine qu’au sein de la ville », précise l’urbaniste. « Ce qui nous a frappé dans le pays de Brest, c’est la maigreur des lieux de vie. » Pourtant, il existe des marges de manœuvre. De nombreux locaux ne demandent qu’à être rénovés soit en logements soit en fonds commerciaux, l’idée étant de trouver le bon équilibre et de ramener de la vie dans les centres-villes.

Sauvegarder les espaces naturels

Un autre constat tiré par cette étude, le développement des villes a tendance à mordre sur les territoires agricoles. « Il faut construire sur ce qui existe déjà, dans les bourgs ou centres-villes », préconise Philippe Lannuzel. Les espaces verts, eux, demeurent également vitaux aux villes. « L’être humain doit rester en contact avec un monde naturel, c’est très important. » Et de citer l’exemple de Ploudalmézeau, où le jardin de Moulin neuf, y « est très fréquenté par la population locale. »

Faire un choix

Il reste désormais à convaincre les décideurs sur ces grandes questions. Philippe Lannuzel a déjà présenté son étude le 2 décembre à plusieurs élus lors d’une journée de formation organisée par l’IRPA (Institut régional du patrimoine de Bretagne). « Il va falloir faire un choix entre deux modèles : soit on continue comme actuellement, soit on adopte un schéma inspiré du développement durable. Les résultats définitifs qui seront connus au printemps devraient permettre de vérifier la validité de ce modèle . »

Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon n°3241 - 2 janvier 2009

Landerneauville

place Terre au Duc

Quimper multiplie les zones piétonnes et souhaite créer des éco-quartiers

La ville de Quimper conçoit elle aussi l’urbanisme de la cité de manière écologique. À commencer par la réflexion menée sur le centre historique. Celui-ci devrait être davantage livré aux piétons dans les années qui viennent.