Parcs Nationaux de France

Échec scolaire : l’insertion, mission possible

L’école de la seconde chance existe ! Chaque année en Bretagne, un peu plus de 3 % des jeunes sortent du système scolaire sans qualification. Au-delà de l’échec, les Missions d’insertion de l’Éducation nationale ou de l’enseignement privé les aident à rebondir.

Face à ses élèves du jour, Rachid Jeddari, prof de maths volontaire à la Mission générale d’insertion (MGI) de Brest, déploie des trésors d’imagination pour réconcilier ses interlocuteurs avec une matière « qu’ils avaient pour beaucoup depuis longtemps arrêté de chercher à comprendre ». Dans son cours, des élèves de différents niveaux, pour lesquels il applique « une pédagogie différenciée. Tout le monde n’est pas né matheux et l’on peut faire des maths en cuisinant des pâtes ou en faisant de la plongée! », explique-t-il.

À la MGI de Brest, six à huit enseignants (1) assurent ainsi des cours pour les repêchés du système. Ceux qui ont quitté l’école prématurément, et lui en gardent rancœur, comme ceux qui ont échoué au bac. Mais dans les quatre MGI finistériennes, les cours ne constituent, au départ en tout cas, qu’une petite partie du parcours.

À Brest, les animateurs-formateurs de la Mission, qui reçoivent en moyenne 200 élèves en rupture chaque année, confirment. « Quand ils viennent chez nous, c’est qu’ils n’ont pas trouvé de réponse dans le parcours classique. Nous devons donc leur proposer autre chose », explique Nicolas Bléas, l’un des trois formateurs. En la « matière », pas de solution toute faite : « Certains sont juste paumés : il suffit d’une discussion pour les réorienter, en début d’année, vers une rescolarisation ou un apprentissage ». Pour d’autres, en général la moitié des troupes, il faudra un accompagnement sur l’année. Ceux qui ont manqué leur bac suivent le système Morea (2) : des cours en petit groupe à la MGI, couplés à d’autres enseignements dans différents établissements de la ville. Taux de réussite à l’examen : 90 % !

La réussite à portée de tous

Pour ceux qui ont décroché du système, les actions d’accueil et de remotivation, en groupe ou en individuel, permettent d’alterner des stages en entreprise et des actions qui vont petit à petit les réorienter vers l’enseignement.

« Au départ, ils sont bourrés de certitudes, pensent que l’école n’est pas pour eux, qu’ils ne sont pas faits pour tel et tel secteur… Grâce aux stages notamment, ils comprennent qu’il leur faut une formation pour bosser », sourit Édouard Filipo, qui partage son temps entre Brest et Carhaix.

Un sourire justifié, car les résultats sont là : « Une fois qu’ils ont trouvé leur voie, les jeunes reconnaissent l’intérêt de l’enseignement, car ils savent pourquoi ils travaillent. Et sur 90 jeunes pris en charge sur un an, nous avons en général 90 solutions à la fin de l’année ! », rappelle Nicolas Bléas.

Enquête d’emploi n°10 – Janvier 2008

Note :
(1) Ces enseignants volontaires travaillent dans différents établissements et assurent leurs cours à la MGI en sus de leur emploi du temps.
(2) Module de repréparation à l’examen en alternance.

À la Mijec, un regard neuf sur chacun

Françoise Avossa et Marie-Cécile Perroud ont de l’énergie à revendre. Les deux animatrices de la Mission d’insertion de jeunes de l’enseignement catholique (Mijec) de Quimper doivent également faire preuve de patience. La reconstruction d’un parcours, d’un projet professionnel d’un élève déscolarisé peut en effet prendre du temps.