La semaine régionale de l’apprentissage en Bretagne coïncide avec de nombreuses portes ouvertes de centres de formation, entre le 14 et le 25 mars. L’occasion de rappeler les atouts de l’alternance école-entreprise, une formule qui, cette année, n’échappe pas à la crise.
Fin janvier, le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère n’a pas manqué de rappeler dans son discours de début d’année que « 85 % de nos apprentis trouvent un emploi ». La connaissance du monde de l’entreprise, l’acquisition d’une expérience professionnelle et une embauche à la clé sont en effet les atouts de l’apprentissage.
La formule s’est par ailleurs étendue et ne s’adresse plus seulement aux candidats à un CAP. Les établissements de l’enseignement supérieur l’ont adoptée. En Bretagne, l’apprentissage prépare à plus de 290 métiers dans le bâtiment, la mécanique, l’agriculture, l’agroalimentaire, le commerce ou bien les métiers de bouche… Et chaque année, plus de 18 000 jeunes choisissent ce type de formation. C’est le Conseil régional qui le rappelle à l’occasion de la semaine de l’apprentissage, du 15 au 22 mars.
En Finistère, la tendance est un peu moins rose. Si le nombre de contrats de professionnalisation reste stable en 2008, celui des contrats d’apprentissage accuse une nette baisse. Il s’élève en effet à 1 847 contre 2 745 en 2007, soit une chute d’un tiers. C’est une première sur ces trois dernières années d’après les chiffres de la Direction départementale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle. La crise n’est sans doute pas étrangère au phénomène.
Dans le bâtiment par exemple, la direction de l’Afobat 29 à Quimper ne cache pas quelques inquiétudes pour 2009. « En mars, nous organiserons des entretiens individuels avec tous nos apprentis pour les inciter à poursuivre leur parcours de formation ou viser un diplôme connexe, explique Pierrick Le Foll, le directeur adjoint de l’établissement. Nous allons aussi contacter les entreprises pour leur faire passer ce message. » Début septembre 2008, quelques dizaines de contrats d’apprentissage n’ont pas dépassé la période d’essai.
Le DUT techniques de commercialisation en alternance, proposé par l’IUT de Quimper, a lui aussi connu une petite baisse d’effectifs cette année. Ce qui amène Frédéric Hervé, le directeur, à rappeler « l’importance de l’apprentissage à condition d’avoir des entreprises partenaires pour accueillir les jeunes ».
Enquête d'emploi n°21 - Mars 2009
Note : Dans le cadre de la semaine de l’apprentissage, organisée par le Conseil régional de Bretagne, plusieurs établissements proposent des journées portes ouvertes en mars. Les dates figurent sur le site internet www.bretagne.fr
Avec la licence professionnelle logistique des filières alimentaires, l’IUT de Quimper propose deux autres formations en apprentissage : un DUT techniques de commercialisation (TC) et une licence professionnelle commercialisation des produits et services financiers.
Les effectifs enregistrés par l’Ifria Bretagne cette année sont en hausse et atteignent 240 apprentis.
« Moi, j’ai eu mon Bac au rattrapage et encore je n’ai obtenu que 10. J’ai ensuite fait deux premières années de médecine avant de reprendre un cursus en biologie… » À l’image de cette jeune fille aujourd’hui doctorante à l’IUT de Quimper, la soixantaine de tuteurs ne faisaient pas partie des premiers de la classe.
Le collège quimpérois Max Jacob, classé en zone d’éducation prioritaire, a mis en place, depuis un peu plus d’un an, un système permettant aux élèves en difficulté de se confronter au monde du travail.
L’un est un ancien professeur de mathématiques ; l’autre a fait polytechnique. D’autres étaient cuisiniers ou étudiants à la fac… Leur point commun : ils préparent cette année un CAP installateur thermique à l’Afobat 29, le centre de formation des apprentis (CFA) du bâtiment, à Quimper. Cette section accueille régulièrement de tels profils atypiques.