Pour faire face à la crise, le Conseil régional a adopté son propre plan de relance de la formation professionnelle. Des mesures sont annoncées en faveur des jeunes sans qualification, des licenciés économiques et des demandeurs d’emploi.
Face à l’ampleur de la crise, le Conseil régional a décidé de prendre des mesures supplémentaires notamment en matière de formation professionnelle. Le chômage augmente en effet de manière considérable et les demandes de formation suivent la même tendance. « Nous voulons garantir et préserver nos compétences et nos qualifications. C’est un investissement prioritaire qui sera renforcé si nécessaire et qui fera l’objet d’une campagne d’information avec nos partenaires », a indiqué Jean-Yves Le Drian, le président du Conseil régional, lors d’une session extraordinaire consacrée à la crise. 15 millions d’euros seront injectés dans ce « plan de relance spécial formation » destiné aux plus exposés : les jeunes sans qualification, les licenciés économiques, les demandeurs d’emploi… Ce plan comprend tout à la fois la création de nouveaux dispositifs et le renforcement de mesures actuelles.
Le Conseil régional a imaginé de nouvelles aides (pour un montant de 10 millions d’euros) pour faire face à une situation complètement inédite. Les bourses d’accès à la qualification sont destinées aux jeunes âgés de moins de 26 ans et sans diplôme qui ont un projet de métier validé lors d’une prestation d’orientation professionnelle. Cette aide de 1 000 euros leur permettra d’obtenir un diplôme soit en contrat d‘apprentissage, soit en suivant une formation du programme régional des stages.
Deuxième nouveauté : le chèque reconversion pour les salariés concernés par une procédure de licenciement économique (congé reclassement, convention de reclassement personnalisé, contrat de transition professionnelle) afin de leur faciliter l’accès à une formation. Sur la base d’un coût moyen de 2 300 euros selon les projets, ce dispositif devrait concerner 800 personnes en 2009 et 800 en 2010. « Avec cette aide, nous sortons de notre champ de compétence. Ce sont nos partenaires sociaux et l’étendue de la crise qui nous ont poussé à aider les salariés licenciés qui risquent d’être encore plus nombreux dans les mois à venir», craint Michel Morin, vice-président du Conseil régional en charge de la formation initiale, professionnelle et de l’apprentissage.
En matière d’apprentissage, la Région met aussi les moyens. Pour inciter les entreprises à recruter des apprentis de niveau CAP et BEP, une aide supplémentaire de 500 euros est accordée aux TPE mais aussi aux communes et aux établissements publics. « Nous avons pris cette décision car nous remarquons que les entreprises sont très frileuses à prendre un apprenti. Dans le bâtiment, les contrats d’apprentissage ont diminué de 20 % », remarque Michel Morin.
Parallèlement, les jeunes apprentis bénéficieront d’aides renforcées dès septembre prochain : Argoat (aide au transport, à l’hébergement et à la restauration) sera revalorisée de 150 euros en moyenne. L’aide au premier équipement professionnel sera élargie à l’ensemble des apprentis entrant en formation, soit 5 000 jeunes en plus.
5 millions d’euros supplémentaires seront consacrés aux aides existantes. 800 nouveaux bénéficiaires pourront profiter du chèque force, qui permet de remettre ses compétences à niveau via des formations de courte durée. Le nombre de chèque validation augmentera lui aussi (+ 200). Il aide des personnes justifiant de trois ans d’activité salariée, non salariée ou bénévole à valider les acquis de leur expérience. Le dispositif d’insertion professionnelle et les ateliers préqualifiants seront renforcés. Enfin, le programme régional des stages sera élargi, notamment dans les domaines du développement durable, de la solidarité, du tourisme, de la culture et du sport.
Note : Renseignements au 0810107020 (numéro azur) et www.seformerenbretagne.fr.
Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009