Directeur de l’Ifac-CFA de Brest (le centre de formation des apprentis de la CCI brestoise), Philippe Portal ne cache pas sa satisfaction : « Pour la première fois depuis très longtemps, la plus haute autorité de l’État désigne l’apprentissage comme l’une des solutions de sortie de crise, et met les moyens en face. C’est une vraie reconnaissance. »
De fait, le secteur de l’apprentissage bénéficie très largement des mesures d’aide gouvernementale. Et pour cause : l’objectif du gouvernement est de favoriser le recrutement de 320 000 apprentis entre juin 2009 et juin 2010… Il fallait donc mettre les moyens en face, alors même que, crise oblige, les entreprises ont freiné leurs recrutements d’apprentis depuis le début de l’année (-25 %).
Les nouvelles aides* désormais en vigueur (et rétroactives au 24 avril 2009) ont effectivement de quoi tenter les entreprises qui hésitaient à se lancer dans l’accompagnement et la formation de jeunes. Première mesure incitative : toute entreprise qui embauchera un apprenti d’ici le 30 juin 2010 bénéficiera d’une exonération totale des cotisations sociales, alors que la mesure était jusque-là réservée aux entreprises de moins de 10 salariés. Une prime de 1 800 euros par embauche (jusqu’au 30 juin 2010 également) sera par ailleurs octroyée à toutes les entreprises de moins de 50 salariés. « Cela va permettre aux entreprises en difficulté de franchir le pas malgré la crise », estime-t-on à l’Ifac.
Et ce d’autant plus que ces aides viennent s’ajouter aux nouvelles mesures de soutien à l’apprentissage prises par la Région Bretagne (l’aide à l’embauche d’apprentis passe ainsi de 2000 à 2 500 euros pour les entreprises de moins de 20 salariés, tandis qu’une revalorisation des aides au transport et à l’hébergement des apprentis se met également en place).
Un joli coup de pouce à l’apprentissage donc, à un moment où le secteur en a bien besoin. « De mars à juin, nous avons reçu plus de 900 jeunes et leurs familles lors de nos mercredis de l’apprentissage. Hélas, nous n’avons pas suffisamment de contrats à leur proposer, ce qui risque de les faire partir vers d’autres modes de formation », regrette Philippe Portal.
Désormais, le « coût » d’un apprenti pour une entreprise sera plus que supportable. Ce qui pourrait redonner un sacré coup de fouet à l’apprentissage. Une incitation légitime, estime le directeur de l’Ifac : « 80 % des jeunes formés par l’apprentissage trouvent un emploi durable. Ce qui prouve bien que, malgré la crise, les entreprises recherchent toujours les meilleurs. »
Note : * Qui sont dispensées par Pôle emploi.
Enquête d'emploi n°25 - Juillet 2009