Parcs Nationaux de France Témoignages

Les plateformes d'initiative locale

Le Finistère compte quatre plateformes d’initiative locale. Leur rôle : accorder des financements à 0 % aux créateurs ou repreneurs d’entreprise afin de renforcer leurs fonds propres et la crédibilité de leur projet auprès des banques.

Quel est le principe ? « Le prêt d’honneur accordé au créateur ou au repreneur d’entreprise lui permettra d’augmenter ses fonds propres », résume Vincent Coppola, de la Chambre de commerce et d’industrie de Quimper Cornouaille. Cornouaille initiative, la plateforme d’initiative locale (Pfil), y est adossée. Le Finistère en compte trois autres : Pays de Brest initiative, Centre Ouest Bretagne initiative et Triangle initiative sur le pays de Morlaix. Toutes font partie du réseau France initiative qui regroupait l’an dernier 245 plateformes.
Le prêt d’honneur qu’elles délivrent est personnel, à taux 0 et remboursable sur cinq ans maximum. Cet engagement des plateformes « représente aussi une caution qualitative qui peut rassurer les banques », ajoute Vincent Coppola. L’effet de levier est prouvé : en moyenne, pour 1 euro de prêt d’honneur, 8 à 9 euros de prêt bancaire sont débloqués.
Les montants varient. Et selon la plateforme, les critères changent aussi. Le coup de pouce de Cornouaille initiative est compris entre 3 000 et 15 000 euros pour tout projet, quel que soit le secteur d’activité (commerce, artisanat, professions libérales, pêche…)
En pays de Morlaix, Triangle initiative prête des sommes entre 4 500 et 45 000 euros.

« Nous soutenons des projets d’une bonne dimension où le créateur ou le repreneur s’engage à créer trois emplois dans les trois ans à venir, explique Carine Josse, en charge de la gestion administrative de la plateforme. Il nous arrive cependant d’étudier d’autres projets au cas par cas lorsqu’il s’agit de la reprise du dernier commerce en milieu rural ou le maintien d’un commerce de première nécessité comme une boulangerie. »

L’aide de Triangle initiative ne concerne ni les professions libérales ni les activités saisonnières. Celles-ci sont également exclues du champ d’intervention de Centre Ouest Bretagne initiative qui délivre des prêts entre 3 000 et 8 000 euros pour les entreprises du commerce et de l’artisanat. Ils peuvent aller jusqu’à 15 000 euros pour des TPE et PME dont l’activité est industrielle ou relève du négoce, du transport ou du bâtiment. Enfin, les prêts de Pays de Brest initiative s’élèvent à 4 500 euros par emploi créé ou maintenu. Leur montant peut atteindre 22 500 euros.
Sous quelles conditions ? L’octroi du prêt n’est pas seulement soumis à l’emploi. Chaque plateforme enregistre, instruit et présente le dossier en comité d’agrément. Les porteurs de projet passent alors un entretien face à un jury composé de chefs d’entreprise, banquiers et experts-comptables. Ce sont eux qui donnent ou non leur feu vert. Et Vincent Coppola de préciser : « Pour que le candidat mette toutes les chances de son côté, son projet est accompagné soit par un conseiller d’entreprise d’une chambre consulaire ou d’une boutique de gestion ou bien par un expert-comptable. » Le projet est ainsi mieux structuré et affûté pour convaincre le jury.
Un fonds spécifique pour les repreneurs. Via une plateforme d’initiative locale, les candidats à la reprise d’une TPE ou d’une PME peuvent activer le fonds Brit (Bretagne reprise initiative transmission). Celui-ci délivre des prêts d’honneur personnels à taux 0. Leur montant est de 3 000 à 20 000 euros. Ils sont cumulables avec ceux des plateformes.
Ces dernières peuvent par ailleurs accorder des prêts pour financer le développement de l’entreprise, lorsqu’elle a moins de trois ans. Dans ce cas de figure, Centre Ouest Bretagne initiative ajoute une condition : qu’il s’agisse « d’une entreprise de production qui s’engage à employer un salarié en CDI dans les trois ans ».
Un suivi pour pérenniser les projets. Les porteurs de projet ont un parrain, la plupart du temps chef d’entreprise. Cet accompagnement se prolonge après la délivrance du prêt et la création ou la reprise de l’entreprise. Il s’agit d’une exigence des plateformes, à l’exception de Cornouaille initiative. « La moitié des dossiers validés fait tout de même l’objet d’un suivi », précise cependant Vincent Coppola. Ce suivi représente une garantie pour la bonne santé de l’entreprise. En 2008, le taux de pérennité à trois ans des entreprises, soutenues par l’une des quatre plateformes d’initiative locale finistériennes, dépassait les 80 %.

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009

« Bien plus qu’un soutien financier »

Publié le Mardi 16 Juin 2009 15:06:34

Olivier Boyer, Hobby cycles à Brest Olivier Boyer, Hobby cycles à Brest

Olivier Boyer, jeune patron de Hobby cycles, à Brest, se projette déjà vers l’avant ; huit mois après avoir repris ce magasin spécialisé dans la vente, la location et la réparation de vélos. Il envisage de rénover son local commercial, d’en refaire la décoration, et de lancer un site internet.
Ces projets pourront se concrétiser grâce à un départ sur les chapeaux de roue ! « L’activité dépasse aujourd’hui mon prévisionnel ; et l’on ne cesse de faire progresser le chiffre d’affaires. » Olivier Boyer s’en félicite mais garde les pieds sur terre en veillant sur l’évolution et le coût de son stock de marchandises.
Pour demander conseil, le jeune chef d’entreprise, ancien employé de libre-service en grande surface, peut s’adresser à son parrain, cadre au Crédit Mutuel de Bretagne. Ce dernier l’accompagne depuis le passage d’Olivier par Pays de Brest initiative. La plateforme lui a accordé un prêt d’honneur de 10 000 euros. Il a, en effet, conservé un emploi et en a créé un de plus depuis son installation. « Cette somme-là, je la garde en cas de coup dur ou pour pallier une baisse d’activité. »
Au départ, son apport personnel était de 5 000 euros. Le prêt décroché auprès de la plateforme d’initiative locale a joué à plein son effet de levier financier. « Avant de valider ma demande de crédit, ma banque a attendu que la plateforme s’engage. » De son côté, il a également su trouver les bons arguments pour convaincre de la viabilité de son projet.
En amont, il l’avait également préparé avec l’un des animateurs de Pays de Brest initiative. « Ce soutien va donc bien au-delà de l’aspect financier, observe-t-il. J’ai pu en effet bénéficier d’un bon accompagnement au niveau de l’approche de mon projet, et à présent dans son suivi. S’adresser à cette structure est en quelque sorte un passage obligé pour bien démarrer. »