Parcs Nationaux de France Témoignages

Les actions du Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam)

Des soirées d’échanges, des formations, des visites d’exploitation, c’est ce que propose le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), à Brasparts. Ses 120 adhérents délivrent leur expérience et leurs conseils aux porteurs de projet.

«J’étais venue chercher une simple information. » Depuis, cette femme a enchaîné avec un stage et envisage aujourd’hui de créer son activité autour du filage de la laine, dans la presqu’île de Crozon. Pour concrétiser son projet, elle se fait accompagner par le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam) installé à Brasparts.

Repères

La fédération des Civam du Finistère a été créée en 2000. Elle regroupe cinq associations : Terres d’Arrée Bro an Are, Produits du Cap Sizun, Fermes écoles du Finistère, Accueil paysan et Parades (Paysans autonomes vers une agriculture durable et solidaire).
Le groupe de travail Bois énergie des Monts d’Arrée, qui réfléchit à la filière de commercialisation du bois de bocage, participe aussi aux actions du Civam.
Depuis le mois dernier et une assemblée générale extraordinaire, la fédération est devenue une association. Le siège est situé
4, rue Saint-Michel à Brasparts, tél. 02 98 81 43 94.

Cette activité-là est assez récente. Elle a débuté en 2005, pris de l’ampleur en 2007 grâce au lancement du programme européen « Panier » pour « pratiques anciennes et innovations pour des emplois ruraux ». La formation « De l’idée au projet » que l’association continue de proposer aujourd’hui est issue de ce dispositif.
Et elle ne s’adresse pas uniquement à de futurs agriculteurs. Bien au contraire. « Lors de la dernière session, nous avons accueilli une personne qui voulait monter un atelier de cirque ; une autre se renseignait pour se lancer dans l’aide au devoir. Elles sont venues nous voir car elles se reconnaissaient dans nos valeurs », indique Riwanon Berthou, animatrice du Civam en charge de l’installation et de la création d’activité
Ces valeurs prônent « un développement durable et solidaire des campagnes, la promotion et le développement d’une agriculture économiquement viable, socialement équitable et écologiquement saine » ou encore « le maintien d’actifs, de paysans nombreux et diversifiés, gardiens du goût et des savoir-faire ». Le Civam s’inscrit aussi dans le mouvement d’éducation populaire.

La force d’un réseau

Or, chaque année, une « cinquantaine de porteurs de projet » sont suivis par le Civam. Ils participent aux soirées d’échanges, aux visites d’exploitation et aux formations. « Il n’y a pas de parcours type, reprend Riwanon Berthou. Notre accompagnement est établi à partir des besoins de chacun. » Et de son projet, parfois atypique. Pouvoir y apporter des réponses pour avancer est l’un des atouts du Civam.

« Notre force repose sur nos 120 adhérents qui ont eux-mêmes monté leur propre projet un peu hors normes. Ils peuvent apporter leur témoignage et leur expérience », explique Riwanon Berthou.

Leurs domaines de compétences sont vastes : l’accueil touristique, l’éducation, la transformation, la vente directe sur les marchés… Ils peuvent enfin concerner des aspects techniques liés à l’exploitation.
À partir de cette mine d’informations, des contacts se nouent, un dialogue s’instaure et les projets se précisent. Petit à petit et au fur et à mesure que ceux-ci se confrontent à la réalité. Certains seront abandonnés ou mis entre parenthèses ; d’autres iront jusqu’au bout. L’équipe du Civam se garde de juger. Et lorsqu’elle n’a pas de réponse à apporter, elle renvoie à d’autres structures (Chambre d’agriculture, Chambre de métiers et de l’artisanat…) « Nous veillons surtout à ce que l’activité envisagée corresponde bien à la personne, à ses motivations et à son projet de vie », conclut Riwanon Berthou.

Enquête d'emploi n°23 - Mai 2009

« J’ai pu construire mon projet à mon rythme »

Publié le Mercredi 13 Mai 2009 17:40:20

Anne Guérin, Plouvien Anne Guérin, Plouvien

La création d’une table d’hôte sur son exploitation laitière, à Plouvien, entre dans sa dernière ligne droite. L’ouverture est prévue pour l’été. D’ici là, Anne Guérin va effectuer les démarches pour obtenir les autorisations sanitaires nécessaires au démarrage de son activité. Elle planche aussi sur les moyens de se faire connaître et compte bien s’attaquer aux derniers petits aménagements de sa cuisine.
Son projet pourra alors voir le jour. « Au début, il ne s’agit pas d’afficher complet tous les soirs mais de commencer progressivement en privilégiant d’abord la qualité des produits que nous servirons », précise Anne Guérin, qui a pris soin de ne pas brûler les étapes. Elle, qui « n’est pas issue du milieu agricole » ni originaire du département, a en effet pris le temps de bien réfléchir à son projet pour l’amener à maturation.
En novembre 2007, elle sollicite le Civam et prend part à une première formation. L’objectif : transformer son idée en un projet « qui demeurait à l’époque très flou ». Au cours du stage, Anne Guérin trouve d’abord des oreilles attentives, se nourrit de l’expérience des autres participants et commence à y voir un peu plus clair. « En quatre jours, j’ai pu réfléchir à mon projet, à mes motivations et aux valeurs que je souhaitais lui donner. S’accorder ce temps-là me paraît important tout comme le travail effectué en groupe qui par la suite fait progresser plus rapidement. »

Pour autant, à ce stade de la démarche, toutes ses interrogations n’ont pas encore trouvé de réponses. Les doutes vont néanmoins peu à peu s’estomper avec le concours du Civam. L’été dernier, Anne Guérin suit plusieurs journées de formation, sur le terrain notamment. Une bonne méthode pour se constituer ou alimenter son réseau de contacts, susceptibles de délivrer des conseils.
Elle rencontre, entre autres, des exploitants agricoles, spécialisés dans diverses productions. « Au total, j’ai dû discuter de mon projet avec une vingtaine de personnes qui m’ont renvoyée à ce que je n’avais pas encore fait ou pensé. Leurs remarques m’ont permis de poser les bonnes questions face au comptable et aux administrations. » Les échanges avec ses homologues, porteurs de projet, ont augmenté son capital confiance. « J’ai pu construire mon projet à mon rythme et en rester maître au fur et à mesure que j’avançais dans mes démarches », conclut Anne Guérin.