Présenté comme une des mesures phares de la loi de modernisation de l’économie votée l’été dernier, il doit permettre à des personnes déjà en activité de compléter leurs revenus. Bien que très simplifiée, cette nouvelle forme d’entreprenariat n’est pas à prendre à la légère.
Hervé Novelli, secrétaire d’État aux PME, l’avait clairement indiqué en novembre dernier : « L’auto-entrepreneur est un statut pour gagner plus. » Augmenter ses revenus par une activité complémentaire est bien le but de cette mesure, en vigueur depuis le 1er janvier. La souplesse est l’une de ses caractéristiques premières. Les démarches de création et radiation sont extrêmement simplifiées et donc plus rapides (nul besoin notamment d’une inscription aux registres du commerce ou des métiers). Le régime fiscalo-social est intéressant : aucune charge n’est due si l’entreprise ne dégage pas de chiffre d’affaires.
Cette nouvelle forme d’entreprenariat peut par exemple « concerner une activité ponctuelle et saisonnière de deux à trois mois », précise Vincent Coppola, de l’Espace entreprendre de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Quimper Cornouaille. Elle s’adresse aussi aux jeunes entrepreneurs, désireux de tester leur projet et leur marché sans prendre trop de risque. En somme, ce statut représenterait une sorte de tremplin. « Il peut ouvrir la voie aux porteurs de projets qui ont du mal à franchir le pas de la création d’entreprise », pense Christian Favennec, de la CCI de Quimper. Grâce à ce dispositif, le gouvernement table, au cours du premier semestre 2009, sur 100 000 déclarations d’auto-entrepreneurs.
Plus simple, plus rapide et rémunératrice, la formule est alléchante. Pour la promouvoir, le secrétaire d’État aux PME a même précisé qu’« aucune connaissance particulière du monde de l’entreprise n’est nécessaire » pour se lancer. À la CCI de Quimper, les conseillers se montrent beaucoup plus prudents. Ils invitent notamment à se pencher sur la gestion de son affaire et rappellent au passage une règles élémentaires : « Toute activité doit répondre à un marché sinon il n’y aura pas de chiffre d’affaires. »
L’instauration de ce statut soulève enfin plusieurs interrogations, en particulier sur le respect des règles de la concurrence. « Certains créateurs d’entreprise qui se sont installés en 2008 seront clairement désavantagés », note Christian Favennec. Le seuil des cotisations (Voir encadré) à verser par l’auto-entrepreneur a suscité une vive réaction des artisans. Leur position à l’égard du dispositif n’a pas évolué. « Je prends les paris que cette mesure n’aura pas plus de réussite que la société à 1 euro ! » a ainsi lancé le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat pour marquer son scepticisme.
Enquête d'emploi n°19 - janvier 2009
Note : Pour plus d'informations, consultez les sites www.auto-entrepreneur.fr et www.lautoentrepreneur.fr