Ce nouveau statut ne passe toujours pas auprès des ressortissants de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère. Ils appellent aussi à la vigilance des élus locaux sur l’aménagement commercial.
Leur position n’a pas changé, leur mécontentement s’est toutefois amplifié à l’égard du statut d’auto-entrepreneur en vigueur depuis le 1er janvier. Réunis en assemblée générale ce lundi, les élus et les ressortissants de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère ont exprimé leur vive opposition face à ce dispositif.
« Il s’agit d’un statut toxique pour le consommateur qui n’a aucune garantie sur la qualité du travail réalisé, lance Arthur Quéméneur, un des vice-présidents de la Chambre. Il est également dangereux de laisser croire à tout le monde qu’il est facile de s’installer sans formation ou qualification. Autrement dit, n’est pas artisan qui veut… ».
Au 31 mai, dans le département, la chambre consulaire dénombre « 639 auto-entrepreneurs » exerçant une activité artisanale. Dans le même temps, le nombre d’immatriculations a chuté de « 40 % ». Autre tendance constatée : bien que les démarches soient simplifiées (l’enregistrement peut se faire directement en ligne), « les personnes intéressées par l’auto-entrepreneuriat restent très demandeuses d’informations sur ce statut », relève Yannick Le Moigne, chef du service économique. Les chambres de commerce dont celles de Quimper évoquent aussi ce phénomène.
En guise de réponse, la Chambre de métiers et de l’artisanat a adopté une délibération rappelant que « les auto-entrepreneurs ne peuvent se prévaloir en aucune manière, ni de près ni de loin, de la qualité d’artisan ou du titre de maître artisan ». La Chambre s’engage aussi à lancer une campagne de communication « afin de mettre en valeur celles et ceux qui exercent le noble métier d’artisan. »
Comme l’auto-entrepreneur, l’aménagement commercial et ses nouvelles règles issues de la loi de modernisation de l’économie inquiètent les artisans. « Le discount en périphérie des villes est en train de prendre le pas sur les commerces de centre-ville », observe ainsi Michel Guéguen, le président de la chambre. Et Arthur Quéméneur de poursuivre : « Aujourd’hui, c’est à nous de défendre notre situation en influant sur l’élaboration des schémas de cohérence territoriale (Scot). C’est à ce niveau-là que tout se joue à présent. » Et que les artisans ont eu une chance de se faire entendre.
Progrès/Courrier n° 3265 - vendredi 19 juin 2009