Se positionner dans un secteur où l’on ne vous attend pas, voilà peut-être un moyen de trouver sa place dans le monde du travail. Investir un métier traditionnellement masculin pour une femme, ou inversement, peut dégager des opportunités qui ne sautent pas aux yeux… C’est surtout vrai pour les femmes. Surreprésentées dans les chiffres du chômage, elles pourraient gagner à ouvrir leurs démarches sur des domaines plus variés que ceux qu’elles occupent actuellement.
« Les femmes ne sont présentes que sur 7 secteurs d’activité des 31 identifiés par la nomenclature Insee alors que l’on trouve les hommes dans chacun d’entre eux, expose ainsi Annaïck Morvan, déléguée au droits des femmes à la préfecture du Finistère. On les trouve dans le commerce (notamment dans la grande distribution), les services à la personne, les services aux entreprises (nettoyage), les fonctions administratives, l’éducation, la santé et l’action sociale. » Des secteurs féminins où les emplois sont souvent les moins qualifiés et les plus précaires…
Pourtant, il est aujourd’hui reconnu que l’économie a tout à gagner de la mixité. Dans son rapport Pour l’égalité entre les femmes et les hommes en Bretagne de novembre 2004, le Conseil économique et social de la région relève que « quand des femmes sont embauchées dans des métiers traditionnellement masculins, on a pu observer dans certains cas des effets positifs sur l’ambiance au travail, la motivation, l’innovation, la productivité… la pénibilité de certaines tâches est alors prises en compte pour tous et pas seulement pour les femmes… » Il note également que « des filières traditionnellement féminines auront plus de chances de voir leurs salaires réévalués quand elles seront partagées avec les hommes ».
« Certains secteurs se sont ouverts car les femmes ont fini par démontrer leurs compétences, signale Annaïck Morvan. On peut ainsi constater de réelles avancées dans le bâtiment et les transports, ou encore les métiers de la sécurité (armée, police, gendarmerie, pompiers) qui ont une véritable démarche d’intégration. » Mais, « la division sexuelle du travail reste très ancrée dans la conscience collective ».
De fait, les jeunes femmes anticipent en s’interdisant elles-mêmes certains domaines techniques, industriels ou scientifiques, dès l’ébauche de leur projet de vie à l’adolescence. Et celles qui persévèrent dans une voie originale ont souvent du mal à trouver du travail. Aussi, si l’idée est séduisante, elle se heurte à la réalité des préjugés que l’on ne dépasse encore que difficilement. Les deux témoignages ci-dessous en sont l’illustration.
Enquête d'emploi n°1 - Décembre 2006