Chasse au trésor dans le Château de Kerjean, visite sensorielle des jardins espagnols du Domaine de Trévarez, atelier pratique d’architecture à l’Abbaye de Daoulas… Les cinq sites de l’établissement public de coopération culturelle Chemins du patrimoine en Finistère se découvrent de multiples façons grâce à l’action des médiateurs culturels. Leur objectif : proposer une offre sur-mesure
à tous les publics.
Ce jeudi-là, un groupe d’élèves pique-nique près du mur d’enceinte du Château de Kerjean après l’avoir visité en costumes d’époque. Le soleil resplendit, les enfants aussi. Il faut dire que Delphine Rochelle et son équipe savent y faire pour transporter les scolaires au temps de la Renaissance tout en leur apprenant mille et une choses sur l’époque. « Je travaille en étroite collaboration avec les conseillers pédagogiques sur les visites pour le public scolaire. Par exemple, les nouveaux parcours sont testés en leur présence, gratuitement, auprès de deux classes. Nous ajustons ensuite pour coller au plus près des programmes », détaille Delphine Rochelle.
La médiatrice culturelle emprunte toutefois des chemins détournés pour parvenir à cet objectif pédagogique : une chasse au trésor grandeur nature, la découverte du château via les cinq sens, les contes… Au total, six parcours différents sont proposés de la maternelle au collège. « Nous avons mis l’accent sur ce public. Il constitue aujourd’hui 10 % des visiteurs, soit 4 000 enfants du Finistère et des Côtes-d’Armor. »
Les autres publics ne sont pas pour autant négligés : des parcours sont proposés aux familles (et notamment un P’tit carnet ludique pour les 6-12 ans), aux groupes… Delphine Rochelle envoie les programmes aux publics susceptibles de venir à Kerjean et les accueille… Elle est aussi chargée de former et d’encadrer les guides. La médiatrice prend volontiers elle-même en charge un groupe : « C’est en échangeant avec les visiteurs qu’on voit si les parcours fonctionnent. On peut aussi saisir les nouvelles attentes. »
D’année en année, le Domaine de Trévarez s’ouvre davantage au jeune public. Tout ou presque est étudié pour que les jeunes visiteurs profitent tout autant que leurs parents. Lise Castello, médiatrice culturelle depuis 2008, n’y est pas étrangère. Désormais, un niveau de lecture est systématiquement proposé aux enfants sous la forme de petits panneaux intitulés « Le sais-tu ? ».
Depuis quelques mois, ils peuvent aussi se divertir dans une salle de jeu aménagée dans les écuries. « Trois jeux sont proposés : un jeu de l’oie, des puzzles et une carte à remplir. Ils portent sur le contenu de l’exposition : la botanique, les jardins », présente la jeune femme. Le P’tit carnet, la découverte sensorielle des plantes et jardins d’Espagne, l’atelier de modelage sur l’architecture… complètent l’offre pour les scolaires.
À chaque fois, Lise Castello s’efforce de « rendre l’enfant acteur de sa visite. J’essaye de faire participer les jeunes, je leur pose des questions sur leur vécu. » L’interactivité permet de faire passer bien des connaissances et aiguise la curiosité des visiteurs. La recette fonctionne aussi avec les adultes qui peuvent s’initier à la cuisine espagnole avec le chef Jean-Claude Spégagne.
Lise Castello mitonne d’autres animations et visites, notamment sur le thème de la nature. « Le domaine s’étend sur 85 hectares. L’idée est donc de faire découvrir une partie du parc selon deux axes : botanique avec la présentation de toute la collection de plantes et artistique avec les différents jardins. »
Ce mercredi-là, Priscille Moussé finalise avec un ingénieur du son une balade sonore de la dernière exposition de l’Abbaye de Daoulas. Cette année, elle est consacrée à Tarente, une cité créée par des Grecs en Italie du sud au VIIe siècle avant Jésus-Christ. À travers ce sujet, l’Abbaye explore l’Antiquité grecque et son influence aujourd’hui encore.
« Il est un peu difficile d’intéresser les 12-20 ans à une exposition comme celle-ci. D’où l’idée de la balade sonore. Les adolescents pourront découvrir l’exposition autrement, se l’approprier à travers des extraits de films… », décrit Priscille Moussé, embauchée en 2007 comme médiatrice culturelle.
L’une de ses missions consiste à créer une offre adaptée à tous les publics. Les scolaires ont l’embarras du choix : parcours-découverte de l’exposition ou de l’abbaye, ateliers de construction et de création (céramique, archéologie, mythologie)… Les familles peuvent, elles, approfondir leur visite en s’initiant à la cuisine antique ou en découvrant les plantes de l’Olympe.
Priscille Moussé a aussi imaginé avec la Bibliothèque du Finistère une valise pédagogique contenant des livres sur l’Antiquité. Ainsi, les parents peuvent préparer avec leurs enfants la visite de l’exposition ou la poursuivre. Par ailleurs, la médiatrice a noué des relations avec le collège, la maison pour tous et la maison de retraite de Daoulas.
Note : Goulven Kervizic, en apprentissage à l’Abbaye du Relec, y assure la médiation.
Enquête d'emploi n°25 - Juillet 2009