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Crise économique : les intérimaires trinquent

«Le Finistère résiste pour l’instant plutôt bien à la crise. » C’est le préfet qui l’a assuré mercredi 17 décembre à l’issue du comité de suivi départemental de la situation économique.

Chiffres à l’appui, Pascal Mailhos s’est voulu rassurant : « Il n’y a, à ce jour, pas de conséquence grave de la crise économique dans notre département. Nous sentons cependant des inquiétudes pour le début de l’année 2009. Inquiétudes qui se concrétisent par une baisse significative des commandes dans certains secteurs d’activité comme l’automobile, le bâtiment ou la réparation navale. »

Fin 2008, les indicateurs n’avaient pas viré au rouge : pas d’augmentation des licenciements économiques, ni du chômage partiel. Pas non plus d’augmentation du nombre de demandes de délais de paiement auprès des services fiscaux. Un solde toujours positif entre créations et radiations d’entreprises. « Les paiements de TVA laissent apparaître une baisse de 1 % de la consommation qui n’a rien d’alarmante », a précisé Gilles Monnerie, trésorier-payeur général. « On consomme moins mais l’épargne est au plus haut, a noté le préfet. Les gens n’ont pas de mal à honorer leurs échéances. »

- 20 % dans la construction

Quelques données appellent toutefois à la vigilance : la chute de 34 % du recours à l’intérim par rapport à 2007 et le recul de 6,4 % des signatures de CDD, la baisse de 20 % par rapport à 2007 du niveau d’activité dans la construction (« Nous revenons dans ce domaine aux chiffres enregistrés en 2004-2005 », a indiqué Pascal Mailhos). Dominique Trojani, adjoint au directeur départemental de la Banque de France a par ailleurs signalé qu’une trentaine d’entreprises ont sollicité une médiation bancaire. Le secteur le plus fragilisé serait celui des cafés, hôtels, restaurant.

Anticiper les difficultés

La crise économique a déjà déstabilisé quelques dizaines d’entreprises finistériennes, « les plus fragiles », selon le président du tribunal de commerce de Quimper. « En 2008, nous nous attendons à ce que le nombre de dépôts de bilan soit supérieur de 30 % à celui de 2007, projetait avant les fêtes Patrick Dieumegard. à fin novembre, nous en avons déjà enregistré 263 contre 199 à cette même période l’année dernière. » Cette recrudescence remonte « au mois de juin ».
Dès l’apparition des premières difficultés, les chefs d’entreprise peuvent solliciter la cellule de prévention du tribunal de commerce. « Plus ils viendront nous voir tôt, mieux ça vaudra pour trouver des solutions avant qu’il ne soit trop tard », a insisté Patrick Dieumegard. Depuis sa mise en place en avril dernier, cette cellule a déjà vu passer environ 80 dossiers. En décembre, le président du tribunal de commerce de Quimper a souhaité rappeler l’existence de ce dispositif. Il a noué un partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie de Quimper et la Chambre départementale de métiers et de l’artisanat. « Notre objectif est de sensibiliser les futurs entrepreneurs dès leur parcours d’installation », ont expliqué les élus des chambres consulaires.
Les chefs d’entreprise peuvent directement solliciter la cellule de prévention du tribunal de commerce de Quimper au 02 98 55 42 47.
Des renseignements sont également disponibles sur www.tc-quimper.com

Enquête d'emploi n°19 - janvier 2009

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