La crèche de Bannalec soumise à de dures réalités économiques
Des contrats aidés, la crèche associative Point virgule de Bannalec en a toujours eu. CES, CEI, CEC, emploi jeune… En 20 ans, les appellations ont changé, mais la problématique est restée la même. Et Josiane Raphalen, directrice de la structure, sait de quoi elle parle lorsqu’elle évoque la difficulté de laisser partir une personne de valeur parce que les finances ne permettent pas de la garder à son poste.
« Bien sûr, je préférerais largement avoir une équipe stable en CDI plutôt que des contrats aidés qui se succèdent tous les deux ans. Mais c’est l’argent qui bloque. » La réalité est là : la masse salariale représente 80 % des dépenses. Or, le budget global est déficitaire et les deux personnes actuellement sous contrat aidé seront remplacées comme les précédentes. Pourtant, l’association a réussi à pérenniser quatre postes depuis sa création.
Aujourd’hui, dix salariées travaillent à la crèche, dont huit en CDI, « mais à temps partiel subi pour sept d’entre elles », précise Josiane Raphalen. Car travailler en associatif, c’est aussi un état d’esprit. Et si toutes les salariées aimeraient bien être à temps plein, elles comprennent la nécessité de partager le temps de travail entre elles. « Nous voulons préserver des valeurs, notamment en ce qui concerne la qualité de l’accueil accordé à la quarantaine d’enfants à notre charge. Notre structure ne peut pas fonctionner à un effectif moindre, mais nous ne pouvons pas non plus payer dix temps pleins. »
L’équation est donc simple à résoudre, mais parfois douloureuse à mettre en application. « Une conseillère ANPE est venue récemment me proposer des contrats aidés pris en charge à 90 % ! Actuellement, nos CA sont pris en charge à 60 %... Mais pourquoi ne pas nous soutenir plus longtemps avec les mêmes salariées pour envisager progressivement une pérennisation ou permettre une validation des acquis par l’expérience plutôt que de remettre ces personnes au chômage tous les deux ans ? » La question est posée, mais reste encore sans réponse pour Josiane Raphalen.
Pour Lydie Salmeron, salariée de la crèche associative de Bannalec, "Le CAE est une chance pour (elle)"
Après avoir un peu cherché sa voie, Lydie, 25 ans, a aujourd’hui trouvé le métier qui lui convient. Un CAP petite enfance en poche, la jeune femme a effectué un stage à la crèche associative de Bannalec, Point virgule. « Par le biais de ce stage, j’ai pu obtenir un contrat d’accompagnement dans l’emploi au sein de la structure. »
Certes, Lydie ne travaille que 25 heures par semaine. Payée au Smic, elle ne touche que 700 euros par mois. Mais, elle préfère voir le bon côté de ce qui lui apporte ce contrat, et notamment le financement par la crèche de la préparation au concours d’auxiliaire de puériculture. « Pour moi, le CAE est un tremplin pour l’avenir. Je le vois comme une chance. Cela me permet d’acquérir de l’expérience. »
Dès le départ, elle savait que son poste ne serait pas pérennisé. Et même si elle le regrette, elle comprend parfaitement les contraintes auxquelles l’association qui l’emploie est soumise. Aussi, lorsqu’elle aura validé son diplôme d’auxiliaire de puériculture, après 10 mois d’école à Rennes, elle espère bien trouver un poste en CDI.