La nouvelle signalétique sera installée dans les accueils au cours du premier trimestre.
Ne parlez plus d’ANPE ni d’Assédic. Le 19 décembre 2008, la fusion des deux entités a permis la création officielle de Pôle emploi : une seule structure pour accompagner le demandeur d’emploi dans sa recherche d’un travail et pour assurer son indemnisation.
La mise en œuvre pratique de ce rapprochement est, elle, effective depuis le 5 janvier. « Dans la réalité, les guichets uniques fonctionnent déjà depuis la fin 2008, rappelle Thierry Dorance-Houssay, directeur régional de Pôle emploi. Et tout ne va pas être révolutionné dès le début janvier. »
À part le vocabulaire, qu’est-ce qui va changer ? Tout d’abord, deux outils de communication sont mis en place pour traiter des questions d’indemnisation et de recherche d’emploi : une plateforme téléphonique, le 3949, et un site internet : www.pole-emploi.fr. Ils servent à la pré-inscription et au suivi des prestations. « Je conseillerais de privilégier le site internet parce qu’il permet de conserver des traces écrites », prévient le directeur régional.
Si, pendant quelque temps, on va encore avoir affaire à deux personnes différentes (mais dans un même lieu) pour les entretiens d’inscription, ces rencontres doivent être très vite simplifiées et menées par un conseiller unique. À terme, chaque demandeur d’emploi sera d’ailleurs suivi par un référent personnel. « La polyvalence de nos agents sera effective au cours du premier trimestre dans les agences de Pont-l’Abbé, Quimperlé et Carhaix, au deuxième trimestre à Brest, Concarneau, Douarnenez et Morlaix, et au troisième trimestre à Quimper », indique Yvette Prévost à la direction départementale.
Pas question pour l’instant de fermer des sites d’accueil, assure-t-on du côté de la direction régionale de Pôle emploi : « Là où il n’y avait pas d’accueil Assédic, le service est désormais rendu dans les ex-agences ANPE. Dans les villes où les deux entités étaient présentes, nous gardons les deux accueils », affirme Thierry Dorance-Houssay.
Yvette Prévost souligne par ailleurs que les compétences du nouvel opérateur seront plus larges que celles des deux anciens services : « Pôle emploi accompagnera également les personnes en activité qui souhaitent évoluer dans leur projet professionnel, ainsi que les bénéficiaires du revenu de solidarité active. »
Cette fusion a du mal à passer auprès des agents qui ont marqué la première semaine d’existence de Pôle emploi par plusieurs mouvements de grève. Leurs critiques sont nombreuses (lire ci-dessous). Elles portent tout autant sur des aspects très pratiques de la réorganisation (la mise en place de la plateforme téléphonique ou la formation du personnel par exemple) que sur la philosophie du projet : « Le Pôle emploi semble créé pour faire appliquer la loi sur l’offre raisonnable d’emploi : en donnant la maîtrise de l’indemnisation aux conseillers qui ont déjà la visibilité sur les démarches de recherche d’emploi, on leur attribue le pouvoir de rétorsion sur les chômeurs. Nous ne voulons pas assumer ce rôle de flicage », expliquaient-ils déjà lors de la grève du 1er décembre.
Enquête d'emploi n°19 - janvier 2009
> Des critiques sur le fond et sur la forme
> De nouvelles relations à créer avec les entreprises
> Le Pôle emploi sur les rails