Parcs Nationaux de France

Les industries agroalimentaires amortissent la crise

Si le Finistère semble, pour l’instant, avoir un peu mieux résisté que ses voisins à la crise, c’est en grande partie grâce à son industrie agroalimentaire. C’est en tout cas ce que prouvent les chiffres recensés par les cinq chambres économiques du Finistère dans leur étude Finist’éco 2009.

En effet, le secteur agroalimentaire, qui emploie 19 300 salariés, soit 42 % des effectifs industriels du département, a vu son chiffre d’affaires progresser de 5,5 % entre 2007 et 2008. Une bonne capacité de résistance malgré le contexte difficile qui s’explique notamment par la hausse des prix des matières premières que le secteur a répercuté durant le premier semestre 2008, faisant mécaniquement augmenter son chiffre d’affaires. D’autre part, les alliances entre coopératives et sociétés privées se sont multipliées l’an passé, permettant aux nouveaux géants de mieux encaisser la récession.

Le Tour du Finistère en chiffres

• 883 000 habitants.
• 27 000 demandeurs d’emploi.
• 7 % de chômage.
• 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour la production agricole.
• 19 300 salariés dans l’agroalimentaire.
• 738 navires de pêche pour 2 981 marins.
• 888 626 passagers à l’aéroport de Brest.

Pour autant, le département est loin d’être tiré d’affaire. L’année dernière s’est terminée sur un trimestre difficile, y compris dans l’agroalimentaire, annonçant des perspectives peu favorables pour 2009. « Nous avons senti la crise assez faiblement jusqu’à présent, mais il y a une forte probabilité pour que le choc soit différé, et que la reprise soit plus tardive qu’ailleurs », prévient Jacques Feunteuna, président de la CCI de Morlaix.

 

La construction neuve en forte baisse

D’ailleurs, hormis l’agroalimentaire et le commerce, qui a réussi à maintenir une certaine vitalité, la plupart des secteurs de l’économie finistérienne a été relativement malmenée en 2008, et notamment dans la deuxième partie de l’année. Après dix ans de hausse, le bâtiment a vu son activité ralentir. La construction neuve a été fortement touchée, avec une baisse des permis de construire délivrés de 23 %. La pêche est également en repli. Les criées finistériennes ont terminé l’année 2008 sur des résultats en baisse : -1,6 % pour les apports et -9 % pour les valeurs. Des chiffres inquiétants, au regard du nombre d’emplois indirects qu’induit le secteur (3 à 5 emplois à terre pour un marin en mer).
Les professionnels du tourisme ne garderont pas non plus un souvenir impérissable de 2008. La fréquentation a chuté de 4 % l’an passé. Qu’en sera-t-il pour 2009 ? Difficile à dire aujourd’hui, même si la saison a plutôt bien débuté avec des week-ends prolongés plus que satisfaisants.

Progrès/Courrier n°3265 - vendredi 19 juin 2009