Lancés en 2006 dans le cadre d’une expérimentation limitée à sept bassins d’emplois en France, les contrats de transition professionnelle (CTP) ont depuis démontré leur pertinence. Testé depuis deux ans sur le bassin d’emploi de Morlaix, le dispositif a fait ses preuves. L’expérience se poursuivra jusque fin 2009 au moins.
Le 18 novembre, l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui permet de prolonger l’expérience un an de plus. Au moins. Car dès la fin octobre, Nicolas Sarkozy a évoqué la possibilité d’étendre la formule à d’autres bassins « sinistrés économiquement ». Retour sur une formule qui marche.
Fatiguée, mais fermement décidée à continuer. Chef de projet à Morlaix pour Transitio-CTP, la structure mise en place par l’Afpa pour orchestrer les contrats de transition professionnelle, Marie-France Rolland se démène avec ses équipes depuis deux ans.
Leur mission n’était pas gagnée d’avance, consistant à remettre des licenciés économiques sur les rails de l’emploi durable. « ça marche ! Sur l’ensemble des personnes suivies, seules 43 n’ont pas trouvé de solution à la sortie du dispositif. Mais nous savons que, demain, elles trouveront. »
Ouvert aux licenciés économiques d’entreprises de moins de 1 000 salariés, le CTP est venu redorer le blason de la recherche d’emploi. Ce contrat, qui permet à ceux qui le signent de bénéficier d’un an de suivi durant lequel ils touchent 80 % de leur salaire brut antérieur, renverse la vapeur.
« Ici, ils ne sont pas “demandeurs d’emploi” : ils travaillent avec nous à temps plein pour retrouver un emploi ! Nous construisons une relation humaine qui prend en compte leurs aspirations, leurs possibilités et la réalité de la zone géographique où ils vivent », rappelle Marie-France Rolland.
Des moyens humains qui font la différence : un conseiller suit 30 personnes maximum, contre les 150 que doit en moyenne accompagner un agent de l’ANPE.
De la construction d’un projet professionnel viable à la reconstruction d’individus parfois cassés par une vie de travail, en passant par des formations et des stages en entreprise, les bénéficiaires se voient proposer un panel d’appuis rarement mis en œuvre. Les résultats sont là : en deux ans, 527 personnes ont été suivies, dont la moitié sont aujourd’hui sorties d’affaire, avec une belle proportion de CDI à temps plein.
Clé du succès ? « Notre public est en permanence dans l’action, renvoie une image dynamique ! Certaines entreprises passent désormais directement par chez nous quand elles veulent recruter. »
Certains rétorqueront que le coût d’un tel accompagnement est prohibitif ? Le CTP réclame des moyens publics, avec un cofinancement de l’Unedic, de l’État et une participation des entreprises. « Pour moi, cela coûte moins cher à la société que de voir des gens seuls, réduits à des numéros. Ici, ils sont actifs, ils existent », rétorque Marie-France Rolland. Les dizaines de « CTP » qui sont aujourd’hui redevenus des salariés comme les autres en sont la preuve vivante.
Enquête d'emploi n°18 - Décembre 2008