Parcs Nationaux de France

Dimanche ! Janvier 2009

Parmi les dossiers sujets à débat ces derniers temps, il en est un des plus sensibles. Celui de la réglementation du repos dominical, pour reprendre l’intitulé de la proposition de loi un tantinet hypocrite, quand on sait qu’il s’agit bien sûr d’ouvrir davantage la voie du travail le dimanche.

La levée de boucliers a été importante, associant des syndicats de salariés à des députés de la majorité, à des organisations patronales, ou encore à des chambres consulaires, voire à l’Église ! Les insultes, cris et sifflets échangés lors de l’examen du texte au Parlement, finalement repoussé, confirment l’amplitude et la vigueur de la fronde. Si une majorité de Français est, dit-on, favorable à l’ouverture des magasins le dimanche, rien n’est simple pourtant. Et l’aval, apparent et d’ailleurs fluctuant, des sondages est assorti de conditions précises. Dont l’une a pour nom volontariat.
En effet si le confort des consommateurs peut pencher dans la balance et inciter à opter pour une ouverture dominicale des commerces, le sort des salariés reste aussi une préoccupation majeure (la solidarité n’étant pas un vain mot dans notre bonne vieille République). Et c’est bien là où le bât pourrait blesser, quand on sait que, dans les nouveaux contrats d’embauche proposés dans certaines enseignes de la grande distribution, le dimanche figure comme les autres jours de la semaine dans les potentielles plages horaires de présence. De quoi limiter le degré de choix du futur salarié engagé de façon contractuelle ! Et de quoi aussi souligner l’importance de la rémunération des heures dominicales travaillées, à un moment où se pose la cruelle question du pouvoir d’achat.
La solution est sans doute médiane, tenant compte des périodes de l’année – les ouvertures déjà anciennes des derniers dimanches de fin d’année l’illustrent – comme des zones géographiques concernées. Telles les zones touristiques dont les commerces sont logiquement sujets à ouverture durant la période des vacances scolaires. Solution médiane donc, mais gardant à l’esprit, en ces temps de productivisme décalé – cf. une certaine crise ! – que l’homme doit rester au cœur des préoccupations.

Enquête d'emploi n°19 - janvier 2009