Le constat est malheureusement officiel et l’Insee est formelle. D’après une statistique de décembre dernier, le nombre de contrats aidés aurait baissé l’an dernier en France de 120 000. Une tendance négative qui, depuis 2004, a rayé de la carte de l’emploi 290 000 contrats du genre ! On comprend mieux dès lors que le gouvernement martèle ces derniers mois son intention de multiplier les contrats aidés.
Pour autant les résultats se font attendre et trop de jeunes, engagés plusieurs années sur une voie professionnelle dont ils espéraient beaucoup, se trouvent aujourd’hui confrontés à la dure réalité du chômage et aux incertitudes du lendemain.
Le constat est d’autant plus amer qu’en période de crise, et au moment où le secteur concurrentiel ne peut que constater les dégâts sociaux dus – dit-on – à la récession en cours, le soutien à de tels emplois aidés peut s’avérer comme un outil précieux, susceptible, en tout cas, de limiter la casse.
On ne peut donc qu’applaudir à l’intention gouvernementale de doubler notamment le nombre de Contrats initiative emploi et de soutenir les formations en alternance. S’il est bien sûr question de favoriser l’insertion des jeunes dans le monde du travail, ce changement de cap salutaire ne peut que favoriser également le raffermissement des liens sociaux, nombre de ces emplois aidés concernant le secteur non marchand et un univers associatif agissant souvent dans des zones urbaines et rurales comptant parmi les moins privilégiées du territoire.
Ce retour en grâce du traitement social du chômage longtemps décrié par l’actuelle majorité, ne peut cependant s’avérer la panacée, seule capable de permettre le retour à un emploi durable. Il est, à l’évidence, d’autres voies à suivre en parallèle, plus fortes, plus sûres, plus efficientes et l’une d’elles a nom formation.
Autant dire que les emplois aidés d’un nouveau genre doivent – et c’est impératif – mettre l’accent sur la formation, à moins de prendre le risque de s’inscrire dans le seul court terme. L’exigence sociétale est forte et mérite des moyens. Elle s’inscrit dans une logique républicaine basée sur la justice sociale et le libre accès de tous à l’éducation.
Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009