Parcs Nationaux de France

Pen ar Bed - Mars 2009

La crise est là, aux effets dévastateurs et tentaculaires. On la mesure notamment à la remontée importante des chiffres du chômage. Pourtant, s’il est encore impossible de mesurer la profondeur du gouffre, on peut néanmoins se convaincre que les solutions ou les réponses à y apporter, ne pourront relever que de démarches collectives.

Si les réussites peuvent être individuelles, à l’échelle d’une entreprise par exemple, la résistance face aux licenciements ne peut que s’organiser collectivement. Le chacun pour soi n’y a pas sa place.
J’en veux pour exemple, parmi d’autres, le travail réalisé et la volonté affichée par le groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) du bâtiment et des travaux publics de Quimper Cornouaille. Face à la crise et au recul des carnets de commande, il eut été tentant de mettre l’outil en sommeil, en choisissant par exemple de privilégier le recrutement d’intérimaires, souvent déjà formés et compétents, actuellement disponibles sur le marché du travail. À la tête d’une vingtaine d’entreprises adhérentes, Pierre Balland, son président, et Catherine Pennec, son animatrice, ont choisi de maintenir les objectifs pour 2009 (entre 16 et 20 salariés).
Former des personnes sans qualification, en particulier des jeunes, dans les métiers de la maçonnerie, de la peinture ou de l’électricité, c’est préparer l’avenir, c’est refuser de baisser les bras. Quand ces entreprises locales (de 12 à 100 salariés) décident ensemble de relever le défi, en s’ouvrant à de nouvelles entreprises ou en participant à activer les clauses d’insertion introduites par les collectivités territoriales dans leurs marchés publics, on peut être convaincu que c’est par l’action solidaire et locale que l’on atténuera les conséquences d’une crise dite mondiale.
De la même manière, je suis persuadé que la gestion des emplois et des compétences ne peut plus s’envisager à l’échelle d’une entreprise mais bien à l’échelle d’un territoire, d’un bassin d’emploi ou d’un bassin de vie. Face aux plans de licenciements, il nous faut organiser des passerelles entre les entreprises et mutualiser les compétences. Il nous faut créer une sorte de banque territoriale des emplois qui pourrait organiser une certaine sécurité professionnelle pour les salariés et garantir aux entreprises la disponibilité permanente des savoir-faire. C’est une autre forme de solidarité qui sied bien aux finistériens. N’est-il pas ?

Enquête d'emploi n°21 - Mars 2009