Parcs Nationaux de France

Pen ar Bed : Mai 2009

La crise est là, touchant beaucoup de nos concitoyens. Les peurs succèdent aux doutes…
Pourtant chacun s’accorde à considérer que le Finistère résiste beaucoup mieux que d’autres, à ses impacts dévastateurs. Il est important, surtout pour l’avenir, d’en cerner les explications. Non pas pour se rassurer à bon compte, mais pour garder la voie d’une certaine réussite.

Si l’on ne retient que le critère « évolution du chômage », la variation sur un an, à fin mars 2009, est chez nous de 16,9 %. La moyenne bretonne est à + 25,3 % ; en Ille-et -Vilaine à + 34,5 %… On admet communément comme facteurs objectifs et expliquants, notre tissu de petites et moyennes entreprises, le dynamisme du secteur agri-agroalimentaire ou encore le bon niveau de formation initiale des jeunes et des salariés. De manière plus qualitative, il est à noter par exemple, que 90 % des entreprises de Cornouaille ont leur centre de décision sur le territoire, même si 20 % de l’emploi industriel dépendent d’investisseurs étrangers.
De fait, les stratégies géopolitiques, capitalistiques ou financières y sont moins pénalisantes pour l’emploi local. On peut y ajouter l’obligation quasi historique des Finistériens à toujours devoir faire plus pour compenser notre périphéricité géographique. Cela vaut pour les chefs d’entreprises plutôt du genre bagarreur comme pour les salariés, volontiers rebelles mais toujours plus productifs. Cette capacité collective à résister est une force fondatrice de notre département.
On pourrait même parler de résilience, comme cette capacité intrinsèque d’un territoire ou d’une organisation, à se reconstruire après un traumatisme et à retrouver un état d’équilibre. Ainsi, le Finistère, élastique et fragile, procèderait d’un modèle, maritime de surcroît, capable d’affronter les tempêtes…
Je me permettrais d’ajouter une autre tentative d’explication, moins souvent exprimée, moins sexy mais qui, je crois, mérite quelques considérations : la solidité et la loyauté de nos institutions publiques. Quelles que soient les orientations politiques nationales – de gauche ou de droite – les relations entre l’État et les collectivités territoriales sont très majoritairement empreintes de respect mutuel et de recherche d’efficacité. Cela n’empêche pas les divergences, voire les coups de gueule, mais au final, une sorte de concordat républicain s’impose à tous. Résilient, je vous dis ! N’est-il pas ?

Enquête d'emploi n°23 - Mai 2009