Le mois dernier, je vous faisais part d’un certain nombre de considérations pouvant expliquer, selon moi, la bonne résistance du Finistère face à la montée inexorable du chômage. Je suis convaincu, même si les chiffres continuent de se dégrader, que l’analyse reste toujours pertinente et que notre capacité de résilience est réellement fondamentale.
Pour autant, à ces valeurs de résistance, nous devrons demain ajouter des valeurs de solidarité. Le marché ordinaire du travail, dans le temps aigu de la crise qui devrait durer plusieurs mois, ne pourra pas à lui seul amortir les fins de contrats, le non renouvellement des missions d’intérim ou les licenciements économiques. Il nous faut accepter l’idée que dans une telle dépression économique, tous les amortisseurs doivent être mobilisés. Comme souvent dans de telles situations, le secteur non marchand a un rôle majeur à jouer, au nom de l’utilité sociale et de la solidarité.
Je pense en particulier aux collectivités locales qui doivent encore faire un effort pour apporter travail et activité aux plus fragilisés de nos concitoyens. Aujourd’hui, seulement 1 commune sur 4 a bien voulu embaucher un « contrat aidé » - CAE ou contrat d’avenir. On peut faire beaucoup mieux. Il faut que chacun sache, les élus locaux en tête, que la solidarité nationale prend en charge 90 % du coût du poste, voire 95 % pour certaines catégories de population, les jeunes en particulier. Le coût résiduel à la charge des communes est très faible et doit leur donner l’occasion d’aider nos compatriotes à passer un cap difficile, tout en leur donnant la possibilité d’être utile, en améliorant qui plus est, les services à la population. Même si ces emplois n’ont pas forcément vocation à être pérennisés, ils représentent une alternative à l’inactivité dont les effets pervers ne sont plus à démontrés.
Il faut absolument que les 206 communes (sur 283) qui n’ont pas encore pris conscience de ce qu’elles peuvent apporter à la lutte contre le chômage et l’exclusion, fassent des propositions d’embauche. De la plus petite à la plus grande. Face aux déferlantes, chaque pierre sur la digue a son rôle et son importance. Fragile mais solidaire ! N’est-il pas ?