Ils ont beau être petits, les chantiers navals finistériens n’en sont pas moins innovants et productifs. Les autres entreprises du secteur affichent aussi une bonne santé : réparation, voilerie, fabrication d’équipements…
L’industrie nautique vendéenne est durement frappée par la crise. Plusieurs centaines de salariés ont été mis au chômage partiel chez les deux poids lourds du secteur : les chantiers Bénéteau et Jeanneau. « Ici, en Bretagne, les entreprises nautiques ne semblent pas en difficulté. L’activité se maintient et les chantiers continuent à embaucher », se félicite Annick Berrehouc, du service économique de la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère.
Comment expliquer ce dynamisme des chantiers bretons, et en particulier finistériens ? « Ici, le tissu est essentiellement composé d’entreprises de quatre ou cinq salariés qui se sont positionnées sur des niches porteuses : bateaux de croisière, de régate, en bois, en composites… Les chantiers sont innovants et proposent des bateaux d’excellente qualité », constate Yann Gonthier, directeur adjoint de Nautisme en Finistère.
Essentiellement situés sur la côte sud et dans le Pays de Brest, un certain nombre de ces chantiers ont acquis une notoriété nationale, voire européenne. C’est le cas de Stagnol, Carmichaël, Pichavant, Marée haute, Espace Vag… « Ils commencent même à vendre à l’étranger », complète Annick Berrehouc. Les grands chantiers exportent, eux, depuis quelques années : Structures vend ses pogos dans plusieurs pays européens tandis que JFA construit des bateaux de luxe pour des clients aux quatre coins de la planète. Les petits comme les grands embauchent régulièrement. Ils recherchent des personnes polyvalentes qu’ils forment à leurs techniques. « À noter l’arrivée de femmes dans ces entreprises. Les conditions de travail sont en effet moins difficiles », précise Yann Gonthier.
Le secteur nautique ne se résume pas aux chantiers de construction. Il comprend aussi la réparation navale ; la voilerie ; la ficellerie; le commerce d’articles de sport et de loisirs ; la fabrication d’équipements d’aide à la navigation, de moteurs, de turbines, d’articles textiles… « Bref, c’est un secteur très divers. 434 entreprises finistériennes effectuent 10 à 100 % de leur chiffre d’affaires dans le nautisme. Nous sommes en train de réaliser une enquête pour mieux connaître les besoins en termes d’emplois et de formations », poursuit Yann Gonthier. Ce secteur embauche des technico-commerciaux, des chaudronniers, des mécaniciens, des électroniciens… Les métiers sont donc très différents mais une constante les rassemble : la passion de la mer.
Enquete d'emploi n°21 - Mars 2009
Le petit chantier de Serge Calvez tourne à plein régime. « Pour l’année 2009, j’ai sept bateaux à construire. Mon carnet de commandes n‘a jamais été aussi rempli », se réjouit ce chef d’entreprise installé à Trégunc, dans un vaste hangar qu’il partage avec IDB Marine, un autre chantier.