Parcs Nationaux de France

Forte saisonnalité dans les cultures marines

Les 900 entreprises de conchyliculture bretonnes font fortement appel aux saisonniers en fin d’année pour les huîtres, pendant l’été pour les moules.

Nichées au fond d’une ria ou d’une rade, les entreprises conchylicoles se font discrètes. Elles sont pourtant particulièrement nombreuses sur tout le littoral breton : près de 900 entre le Mont-Saint-Michel et Le Croisic. Le Finistère en accueille presque 130, essentiellement dans les grands bassins de production que sont la baie de Morlaix, les abers, la rade de Brest, la baie de Concarneau et l’Aven-Bélon.

« Les huîtres creuses constituent la très grande majorité des tonnages. Des tonnages qui sont d’ailleurs relativement stables depuis plusieurs années », observe Florence Madec, directrice de la Section conchylicole Bretagne Nord. Même constat en Bretagne Sud. L’élevage des huîtres exige une main-d’œuvre importante d’octobre à décembre : « À cette période, toutes les entreprises emploient des saisonniers : les plus grosses peuvent en recruter plusieurs dizaines », observe Alain Dréano, directeur de la Section conchylicole Bretagne Sud.

L’essentiel des saisonniers sont des locaux qui reviennent d’une année sur l’autre. Les autres sont recrutés via les ANPE locales. « Il est de plus en plus difficile de planifier le nombre de saisonniers nécessaires car les achats d’huîtres deviennent de plus en plus impulsifs. Les entreprises ont parfois besoin de saisonniers du jour au lendemain et juste pour deux semaines », poursuit Alain Dréano.

« Moitié paysans, moitié marins »

D’autres contrats peuvent durer trois, quatre, cinq mois. Les saisonniers sont souvent chargés du travail de tri, calibrage, emballage. À l’année, les tâches des permanents sont bien plus diverses : travail sur les parcs, entretien du matériel… « Les conchyliculteurs sont à moitié paysans, à moitié marins. C’est la richesse du métier », assure Alain Dréano. Ce travail en extérieur plaît malgré des niveaux de salaires assez faibles : le renouvellement des permanents se fait donc sans problème. Et les diplômes ne sont en aucun cas obligatoires. « Ils le deviennent aux postes d’encadrement ou de commercial », précise toutefois Alain Dréano.

Le secteur des cultures marines ne se limite pas à l’élevage des huîtres ou des moules. La pisciculture pèse aussi lourd en Bretagne : elle se place au deuxième rang français derrière l’Aquitaine (la région compte 68 sites de productions, dont 6 en mer). La pisciculture comme la conchyliculture bretonne se portent bien mais n’ont pas de perspectives de développement : « Ce ne sont pas les bonnes volontés qui manquent pour créer de nouvelles entreprises mais la place sur le littoral. La concurrence entre les usagers limite les nouvelles installations », regrette Florence Madec.

Enquête d’emploi n°15 – Juillet 2008