Viandes, poissons, biscuits, produits laitiers, légumes… L’industrie agroalimentaire brille par sa diversité en Finistère. Cette filière est aussi l’un des premiers employeurs du département. Ses besoins de main-d’œuvre restent importants. Mais le nombre de candidats à l’embauche demeure insuffisant.
Travailler dans le froid, dans le chaud ; effectuer des tâches répétitives, pénibles ; à des horaires décalés… Les industries agroalimentaires n’ont pas très bonne réputation. « Les conditions de travail sont difficiles, c’est une réalité. Mais il ne faut pas noircir le tableau », coupe Yolande Henry, chargée de mission à l’Union départementale agroalimentaire (UDA) CFDT du Finistère. Elle poursuit : « Les entreprises agroalimentaires comme celles des autres secteurs d’activité doivent répondre aux impératifs de productivité et à la pression commerciale ».
Les chiffres
Ces phénomènes ont des conséquences sur l’emploi, souvent perçu comme flexible. Et Thierry Besse, directeur délégué de l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires d’expliquer :
« La grande distribution, principal client de l’agroalimentaire, fonctionne en flux tendus. Les entreprises n’ont donc pas ou peu de visibilité quant à leurs besoins de main-d’œuvre. Pour recruter et honorer leurs commandes, elles font appel aux agences d’intérim ».
La saisonnalité de certaines activités, comme la fumaison de poisson ou la fabrication industrielle de crêpes, rythme aussi le marché de l’emploi. En Bretagne, cette année, sur les quelque 6 300 intentions d’embauches d’ouvriers non qualifiés des industries agroalimentaires (IAA), plus de 2 600 sont liées à une activité saisonnière. C’est ce que révèle l’enquête régionale Besoin de main-d’œuvre 2007. L’étude montre aussi qu’un tiers de ces projets de recrutement, soit 1215, « sont déclarés difficiles ».
« Ce constat est valable à tous les niveaux », observe Jennifer Chevy, chargée de recrutement des apprentis de l’Institut de formation régional des IAA (Ifria Bretagne). « Les entreprises peinent à trouver des agents de maîtrise et des ouvriers qualifiés qui ont envie de faire carrière », poursuit-elle. Actuellement, il se produit la tendance inverse. « Les jeunes qui vont travailler dans l’agroalimentaire prennent ces emplois pour vivre ou pour avoir une première expérience professionnelle. Ensuite, ils s’en vont », rapporte Daniel Pédrono, directeur de la Mission locale de Morlaix. « C’est dommage, souligne Gérard Le Strat-Robier, directeur de l’Ifria Bretagne. Aujourd’hui, l’agroalimentaire est un secteur où il est possible de faire évoluer sa carrière. » Et de rester travailler en Finistère ou en Bretagne.
Enquête d'emploi n°5 - Mai 2007
« Une des principales difficultés des entreprises agroalimentaires demeure l’intégration de salariés dans la durée », pointe Claude Sauvée, adjoint au directeur de l’ANPE de Morlaix. « Bien souvent, les offres d’emploi souffrent d’une faible attractivité parce que les postes à pourvoir sont peu ou pas qualifiés. »
L’emploi du temps de ce salarié est bien ficelé. D’avril à septembre, il travaille à l’Aquacole d’Ouessant à Landerneau puis, le reste de l’année, à la Compagnie Artique (groupe Sill), implantée à Plabennec. L’intéressé est en CDI à temps plein et n’a qu’un seul employeur : Labour Kenta.
Les industries agroalimentaires (IAA) couvrent une vaste palette de métiers, réunis au sein de différentes fonctions.