Pour réagir à des vagues de licenciements massifs, l’État n’est pas à court de mesures. Il peut notamment activer une convention de revitalisation, déjà utilisée à plusieurs reprises en Finistère.
À Quimperlé, les Papeteries de Mauduit (PDM) et Nestlé-Purina ont adhéré à ce dispositif tout comme EADS (35 salariés) implantée à Douarnenez jusqu’en 2005 et qui a signé cette convention en juillet 2008. À la même période, Jabil, à Brest, a suivi la même démarche.
Toutes ces entreprises ont deux points communs : elles font partie d’un groupe de plus de 1 000 salariés et ont chacune procédé à un nombre important de licenciements de nature à déstabiliser l’équilibre économique de leur bassin d’emplois. En négociant une convention de revitalisation avec l’État, « l’entreprise s’engage à remplacer le nombre d’emplois qu’elle a supprimé localement », rappelle Jean-Pierre Condemine, le sous-préfet de Brest, en évoquant l’exemple de Jabil. À Quimperlé, les PDM et Nestlé-Purina ont ainsi respectivement versé 880 000 et 395 000 euros destinés à financer la création d’emplois nouveaux ou d’entreprises.
L’autre dispositif en vigueur en Finistère concerne l’application du contrat de transition professionnelle (CTP) à l’échelle du Pays de Morlaix. L’expérimentation lancée en 2006 porte ses fruits. Depuis sa mise en œuvre, plus de 600 licenciés économiques – issus d’entreprises de moins de 1000 salariés – ont adhéré au dispositif.
Et Marie-France Rolland, sa responsable, d’indiquer que « 80 % des personnes suivies ont aujourd’hui retrouvé un emploi durable. Et les 20 % restants sont en formation ou en CDD qui débouchera sur un CDI. »
Au 31 décembre 2008, les résultats concernant les reclassements sur le bassin de Quimperlé étaient eux aussi considérés comme « encourageants »* par le préfet du Finistère.
Reste que la convention de revitalisation et le CTP n’interviennent qu’après le constat des dégâts. Plusieurs élus locaux le déplorent. « Quand les salariés manifestent dans la rue, il est déjà souvent trop tard pour agir et imaginer des solutions », dit William Boulic, président de la Communauté de communes du Pays de Douarnenez. Les élus pointent aussi du doigt une absence de communication régulière avec les entreprises. « Les syndicats peuvent nous alerter, observe Nicolas Morvan, le président de la Communauté de communes du Pays de Quimperlé. Mais, il faut admettre que nous avons peu de moyens de connaître la vie des entreprises. Et le seul baromètre dont nous disposons demeure la taxe professionnelle qu’elles versent à la collectivité. » La suppression annoncée de cet impôt en 2010 ne devrait donc pas améliorer cette situation.
Enquête d'emploi n°21 - Mars 2009
Note : *Sur 454 personnes licenciées, 239 ont été suivies par une cellule de reclassement. Parmi elles, 164 occupent aujourd’hui un poste en CDI, en CDD ou en intérim, ou sont en formation.
Un peu plus de deux ans après une cascade de licenciements, le Pays de Quimperlé a retrouvé une dynamique économique.
Le recrutement d’un animateur des mutations économiques* avait été évoqué dès mars 2008 par le président de la Région.
Suite à la journée du 18 février, qui a vu Nicolas Sarkozy rencontrer les principaux syndicats au niveau national, plusieurs annonces ont été faites par le gouvernement.