Le pire est peut-être à venir… En mars, plusieurs signes de la situation économique du département n’incitaient pas vraiment à l’optimisme. Le recours à l’intérim, on le sait, a déjà fondu. Les inquiétudes portent à présent sur les salariés en poste.
« Après avoir utilisé les RTT, les jours de congés payés, les comptes épargne-temps, ou le chômage partiel, la vraie question est de savoir jusqu’à quand les entreprises vont réussir à limiter la casse et éviter les licenciements », observe Jean-Paul Bertho, le directeur départemental du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DDTEFP).
À Quimper, un plan social entraînant la suppression d’une cinquantaine d’emplois a été annoncé chez l’équipementier automobile américain Cummins (484 salariés). Dans le même secteur d’activité, l’autre situation très tendue concerne Livbag à Pont-de-Buis. En février, cette entreprise a sollicité 65 000 heures de chômage partiel auprès de la DDTEFP qui en indiquait au total 112 215 pour l’ensemble du département. Ce chiffre vient confirmer la dégradation liée à la crise. « L’agroalimentaire continue cependant de jouer un rôle d’amortisseur », nuance Jean-Paul Bertho. En revanche, les données en provenance des tribunaux de commerce ne sont pas très réjouissantes. À Brest, 66 dépôts de bilan ont déjà été enregistrés en janvier et février. Pour ces deux premiers mois, Quimper en indiquait 59. En première ligne figurent les petites entreprises dont la trésorerie a rapidement été fragilisée par un tassement voire un arrêt de l’activité.
Parmi elles, plusieurs appartenaient au secteur du bâtiment qui accuse des pertes. Sans grande surprise, les chiffres du mois de mars avancés par la Fédération finistérienne du BTP ne sont pas des plus rassurants. Les permis de construire et les mises en chantier ont respectivement chuté de 23 % et 15 % par rapport à la même période en 2008. Un renversement de tendance que certains artisans ont pris de plein fouet. « Ces dernières années, avec une forte activité, beaucoup d’ouvriers se sont mis à leur compte et ont travaillé sur des chantiers en tant que sous-traitants, explique Jean-Robert Charlet, le secrétaire général de la Fédération du BTP du Finistère. Du coup, quand l’activité s’est brutalement arrêtée, ils n’ont pas eu le temps de se retourner faute d’avoir pu développer leur clientèle propre. »
Le plan de relance du gouvernement doit permettre de donner un nouveau souffle. Les collectivités locales se mobilisent également. Début février, le Conseil général a approuvé un plan d’investissements. Fin mars, Brest Métropole Océane a aussi adopté la même démarche pour accélérer son programme de travaux. Les entreprises du bâtiment s’en réjouissent mais insistent pour que les chantiers annoncés démarrent dans les plus brefs délais.
Enquête d'emploi n°22 - avril 2009