Symbolique mais pas que. En s’engageant dans le plan de relance de l’économie lancé par l’État en fin d’année dernière, Brest métropole océane met près de 4 millions d’euros sur la table pour donner un coup de pouce à l’économie locale.
Un petit plus qui devrait être bienvenu pour nombre d’entreprises du territoire, qui trouveront là matière à remplir leurs carnets de commande, dès cette année. « C’est l’obligation du dispositif de remboursement du fonds de compensation de la TVA (lire page 4) : pour en bénéficier nous devions cibler des travaux réalisables cette année. Et l’État le vérifiera dès 2010 », précise Jean-Luc Polard, vice-président de BMO en charge des finances. Face à la crise, le pragmatisme l’emporte donc sur les clivages politiques : « Nous ne sommes pas dans l’opposition systématique ! Ce dispositif aura des effets positifs sur l’emploi de ce bassin, donnera un petit coup de pouce aux entreprises au moment où leurs plans de charge en ont besoin. De plus, cela va permettre aussi de réaliser certains projets plus rapidement… C’est du gagnant-gagnant », estime le même Jean-Luc Polard.
Le remboursement du FCTVA va cette année se monter à 3,5 millions supplémentaires. La collectivité, qui lance le chantier du tram, aurait pu se contenter d’avancer ce dossier pour bénéficier de la dite somme. « Mais nous avons voulu respecter l’esprit et la lettre du plan de relance », souligne François Cuillandre, président de BMO. Dont acte, avec un nouveau programme d’investissements qui bénéficiera en 2009 d’une rallonge de 3,9 millions d’euros par rapport au programme initialement prévu. Une somme rondelette, qui ne résoudra certes pas tout mais permettra au moins « d’atténuer les difficultés que peuvent rencontrer les entreprises dans le contexte actuel », juge Jean-Luc Polard. C’est dans cette optique que les différents chantiers choisis ont été sélectionnés : « La plupart vont se traduire en emploi réel de salariés, et c’est bien là le but », poursuit le vice-président. Ce sera notamment le cas sur le programme du port du Moulin-Blanc, dont les travaux sont avancés, comme pour la mise aux normes électriques de bâtiments publics ou le plan de lutte contre les inondations.
Un coup de pouce donc. Mais après ? La collectivité n’entend pas s’arrêter là. Pour soutenir l’emploi local, les grands chantiers des mois à venir seront aussi l’une des clés. Dont BMO s’est déjà saisie : « Les entreprises ne viendront pas toutes avec leurs salariés. Elles auront besoin de gens formés, et nous sommes en plein travail pour lancer ces formations sur le bassin. »
Enquête d'emploi n°22 - avril 2009