Parcs Nationaux de France

L’agriculture à la recherche de compétences de plus en plus pointues

Pour démontrer l’importance de l’agriculture dans la vie sociale et l’économie du Centre Finistère, Ronan Kervarec, animateur à la Chambre d’agriculture rappelle que « sur ce territoire, un habitant sur cinq ou six est issu du monde agricole ».

Si la production laitière y est majoritaire, des spécificités locales se sont dessinées : l’aviculture et la production de viande bovine sont plus présentes dans le Poher, tandis que la production porcine est plus significative dans les régions de Pleyben et de Châteauneuf-du-Faou.

« Dans les Monts d’Arrée et le Yeun Elez, seules 50 % des terres sont cultivables, fait remarquer Ronan Kervarec. Des exploitations plus grandes y cohabitent avec des activités alternatives en production biologique, vente directe, etc. On y trouve un taux beaucoup plus fort qu’ailleurs d’exploitations non professionnelles c’est-à-dire dont l’exploitant a une autre activité. »

Un emploi tous les trois jours

La population des chefs d’exploitations étant vieillissante, elle va être à renouveler dans les années à venir. Dans le même temps, l’augmentation de la taille des établissements fait croître le besoin en salariés. Résultat : l’agriculture va rechercher des bras, « notamment dans les élevages porcins, dans la production laitière et dans le machinisme, précise l’animateur de la Chambre. On considère que sur le territoire, un emploi agricole est disponible tous les trois jours. » Attention : les postes proposés exigent une qualification de plus en plus élevée.
Ronan Kervarec invite les demandeurs d’emploi à penser à l’agriculture : « Le secteur a le gros avantage de fournir des débouchés locaux. Pourtant, les demandeurs d’emploi ont plus le réflexe d’envoyer un CV dans les grandes usines que de frapper à la porte de leurs voisins agriculteurs… » L’élevage de porcs de Jeanne et André Paul à Scrignac illustre parfaitement cette réalité : leurs quatre salariés habitent dans la commune ou tout à côté. Et leurs recrutements se sont faits par le bouche à oreille dans le cercle de connaissance des exploitants.
Jeanne et André Paul n’ont jamais vécu les embauches comme une contrainte, « au contraire, elles nous ont permis de mieux gérer notre vie personnelle ». Dans leur entreprise, les employés jouissent d’une grande autonomie, chacun ayant un poste aux responsabilités bien définies : le travail des champs et la fabrication des aliments pour l’un, le suivi des inséminations et gestations pour une autre, le suivi des naissances et de la croissance des porcelets jusqu’au sevrage pour la troisième et l’engraissement des porcelets jusqu’à la vente pour le dernier. Jeanne Paul assure l’administration et son mari le suivi général de l’exploitation et l’entretien des bâtiments.

« Les emplois ici sont très intéressants car ils sont très techniques, souligne André Paul. L’insémination artificielle, la formulation des aliments, l’utilisation de produits médicamenteux très réglementés, l’achat des céréales… font appel à des connaissances et compétences très pointues. Les salariés sont loin d’être de simples manœuvres. »

Ils travaillent 39 heures par semaine, et ont un dimanche de garde tous les cinq week-ends. Ils touchent pour cela entre 1500 et 1600 euros nets par mois sur 13 mois ainsi qu’un intéressement aux performances de l’élevage.

Enquête d'emploi n°25 - Juillet 2009

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