L’exportation tire le marché de la pomme de terre. Bretagne plants recherche des producteurs pour mettre en culture 500 nouveaux hectares.
La filière de production de plants de pommes de terre recrute. D’ici à deux ans, elle veut mettre en production près de 500 hectares de nouvelles surfaces en Bretagne pour satisfaire les marchés à l’exportation, en forte croissance depuis deux ans. Les départements du Finistère, des Côtes-d’Armor et du Morbihan sont visés.
Bretagne Plants, société coopérative qui assure le suivi technique des 310 producteurs bretons (4700 hectares) et de la certification de leurs plants, chiffre à une cinquantaine le nombre de producteurs dont elle a besoin. « Nous cherchons des agriculteurs qui disposent de suffisamment de terres pour procéder aux nombreuses rotations que nécessite la culture de plants », explique Philipe Dolo, en charge du développement technique à Bretagne Plants.
Le contexte joue en faveur de cette production. « Des variétés inscrites par les obtenteurs bretons (Bretagne Plants et Germicopa NDLR) ces dernières années remportent un franc succès sur les marchés internationaux, notamment dans les pays méditerranéens. » Sur les dix dernières années, la production bretonne de plants de pommes de terre n’a pas cessé de progresser pour atteindre en 2007, 120 000 tonnes dont 70 000 à l’exportation.
Entre 1985 et 1995, pourtant, la culture de plants de pommes de terre a traversé un long tunnel. « La filière a perdu beaucoup de producteurs qui ne souhaitaient pas s’engager sur la voie de la mécanisation », poursuit Philipe Dolo. Depuis, les surfaces moyennes par producteur ont doublé pour atteindre une quinzaine d’hectares.
L’agriculteur cultive la pomme de terre de la même manière pour faire un plant ou un légume prêt à consommer. Dans les deux cas, la récolte a lieu entre août et septembre. C’est le stockage qui diffère : chez le producteur pour les plants, en coopérative pour les pommes de terre de consommation.
Il en découle des investissements de mécanisation : palettisation puis stockage en cellules ventilées ou dans des caisses spécialement aménagées. « Les pommes de terre vendues hors d’Europe quittent la ferme en novembre et décembre, les plants pour l’Europe en mars et avril», ajoute Philippe Dolo. Bretagne Plants rappelle que la rémunération des plants est systématiquement meilleure qu’en « consommation », de l’ordre de 220 à 250 euros la tonne depuis deux ans (25 à 30 tonnes de plants commercialisés par hectare).
Pour attirer de nouveaux producteurs, Bretagne Plants se dit prête à financer une étude technico-économique personnalisée. Elle précise qu’il est possible de démarrer avec 4-5 hectares, et de sous-traiter le stockage chez des producteurs déjà installés, ou de privilégier des solutions collectives pour mutualiser les investissements. Elle propose également le parrainage d’un producteur chevronné, et souligne que les nouveaux producteurs bénéficieront d’un suivi technique rapproché les premières années.
Courrier du Léon/Progrès de Cornouaille n°3218 – 25 juillet 2008