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Répondre aux goûts des consommateurs
Dominique Thuault, 51 ans, directeur recherche et innovation
Quand il circule dans les rayons d'hypermarchés, le docteur Dominique Thuault reconnaît certains produits. Lui et sa vingtaine de collaborateurs de l'Association pour le développement, la recherche et l'innovation agroalimentaire (Adria) ont contribué à leur élaboration.
« Notre rôle consiste à répondre aux entreprises qui souhaitent commercialiser de nouveaux produits. Nous participons aussi à la mise au point de nouveaux procédés de fabrication », rappelle Dominique Thuault, directeur du département recherche et innovation du laboratoire quimpérois.
Pour une pâtisserie par exemple, son équipe peut ainsi étudier la vitesse à laquelle se développe une moisissure. Pour un fromage, les recherches porteront sur la manière de reconstituer les ferments… « Nous devons apporter un plus aux industries agroalimentaires qui possèdent déjà du personnel compétent », reprend le scientifique. Aujourd'hui, « ce plus » concerne la microbiologie prévisionnelle. Un domaine utile et surtout pratique pour formuler un nouveau produit.
Aboutir à un résultat, c'est d'ailleurs l'une des motivations de Dominique Thuault, âgé de 51 ans. « Pendant mes études, j'ai toujours eu la volonté de faire de la recherche appliquée ayant des débouchés concrets et un lien social », confie-t-il. En effet, ses travaux doivent répondre aux tendances du moment et aux goûts des consommateurs. La compétitivité de ses clients en dépend… « La satisfaction est de leur faire gagner du temps et de l'argent, analyse Dominique Thuault. En mettant de nouveaux produits sur le marché, les entreprises se développent et créent de l'emploi. »
« J'ai toujours envie de progresser »
Joëlle Le Brun, 49 ans, animatrice chez Larzul
Au milieu des différents ateliers, ses collègues l'appellent par son prénom. « Je travaille avec certaines personnes depuis trente ans », glisse l'intéressée. Tout le personnel de l'entreprise Larzul, à Plonéour-Lanvern, connaît en effet Joëlle Le Brun. En tant qu'animatrice, elle est le relais entre le chef de production et les responsables de ligne. « Je suis le cheminement des matières premières, de leur décongélation jusqu'à leur stérilisation dans les boîtes », explique Joëlle.
En passant d'une pièce à une autre, elle veille aussi à la qualité des produits, à l'hygiène des locaux… Il lui arrive parfois de remplacer sur une machine un salarié absent. « Je travaille ici depuis 32 ans, confie-t-elle. Je suis passée par tous les postes. »
À ses débuts, Joëlle coupait les aromates pour l'assaisonnement du maquereau en conserve. Elle a également encartonné les boîtes, épluché et emboîté les langues de bœufs. « Dès que j'ai commencé, j'ai reçu une formation interne sur la qualité, l'hygiène et la sécurité », raconte-t-elle.
Aujourd'hui encore, elle n'hésite pas à faire évoluer son savoir-faire. « J'ai toujours envie de progresser et de me perfectionner », affirme Joëlle. Son enthousiasme, sa curiosité et son « sens de la communication » l'ont conduite à la fonction d'animatrice.
« Je me charge aussi de l'accueil des intérimaires, décrit-elle. Je commence par leur donner une tenue, je leur fais faire le tour de l'entreprise. Puis je les accompagne à leur poste où ils vont débuter avec un titulaire. Cet accueil est important. » Ainsi elle transmet la culture de l'entreprise qui se veut proche de son personnel. « Ici l'ambiance est restée familiale », apprécie Joëlle.
À l'écoute des ouvriers
Fabien Descombes, 28 ans, responsable d'atelier chez Gad
Il débute son travail tous les matins à 4 h 30. Soit une demi-heure avant la trentaine de personnes qu'il encadre au sein de l'entreprise Gad à Lampaul-Guimiliau. Depuis un an et demi, Fabien Descombes est chef d'équipe. Chaque jour, il commence sa journée en allant serrer la main à tous les ouvriers de l'atelier. Le geste est apprécié. « Je veux être proche d'eux, explique le jeune homme de 28 ans. Depuis mon arrivée, je développe et j'entretiens cette relation car je sais que leurs tâches sont difficiles… »
Appartenant au service abattoir, sa zone de travail est en effet chargée de vider les porcs avant leur pesée. « Je vais régulièrement voir les ouvriers, reprend Fabien. Nous ne parlons pas du travail mais du quotidien. Je suis à l'écoute de leurs préoccupations et de leurs petits soucis. » En fin de journée, ce chef d'équipe n'est pas non plus avare d'encouragements ni de félicitations quand le travail est bien fait.
Cette proximité ne le dispense pas de vigilance. « Jusqu'à l'arrêt de la chaîne en milieu d'après-midi, je dois rester rigoureux sur la sécurité », souligne Fabien. Cet ancien étudiant d'Agrotech formations, à Lesneven, a vite appris son métier. Dès son arrivée, il a découvert l'ensemble des postes de travail puis les règles d'hygiène et de sécurité de son atelier. « Mon BTS IAA m'a ouvert les portes de l'entreprise, précise-t-il. Actuellement, j'accumule de l'expérience en management. » À moyen terme, il souhaite progresser et acquérir des compétences techniques sur la conduite d'installation ou le process…
D'intérimaire à chef d'équipe
Régis Corlosquet, 28 ans, salarié chez Even
Depuis son entrée dans l'entreprise en 1998, la carrière de Régis Corlosquet a connu une belle progression. Il n'est qu'en seconde année de bac pro à la Maison familiale rurale de Ploudaniel lorsqu'il intègre le service crêpes du groupe Even. « Pendant un an, j'ai été stagiaire, se souvient le jeune homme. J'ai commencé à me former au fonctionnement des différentes machines. » En juin, il décroche son diplôme et se voit proposer un premier poste pour l'été.
Depuis, il n'a plus quitté l'entreprise. Il a d'abord été intérimaire pendant un an et demi. « À chaque fois qu'on me proposait un poste, j'acceptais. J'étais curieux. Cela m'a permis d'être polyvalent et de travailler à la préparation de la pâte, sur les machines ou au conditionnement. » Régis part effectuer son service militaire avant de revenir. En CDD puis rapidement en CDI.
Aujourd'hui, à 28 ans, il est chef d'équipe en cas d'absence du titulaire. Plusieurs jours par semaine, il s'occupe donc de l'organisation du travail, fait le planning de présence des ouvriers, prépare les commandes de matières premières… Le reste de son temps, il redevient ouvrier polyvalent dans l'atelier de production. « Changer de postes et de tâches me convient. Pour moi, il faut que ça bouge ! » confie Régis.
Son rythme de travail aussi varie toutes les semaines. De 5 h à 13 h s'il est du matin, de 13 à 21 h l'après-midi et de 21 h à 5 h « Je suis volontaire pour travailler la nuit. Il n'y a aucune obligation, souligne Régis. Je le fais parce que ces heures sont majorées. » Sur le plan financier et sur ses conditions de travail, le salarié ne se plaint pas. «
Chaque semaine, je fais 32 heures étalées sur quatre jours. Si je souhaite travailler un jour de plus, je le récupère. »
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« Une très bonne expérience »
Elle voulait devenir diététicienne. Faute de débouchés dans ce secteur, Vanessa Maurousset a réorienté sa carrière. La jeune femme, âgée de 22 ans, travaille à l'Organisation bretonne de sélection (OBS) à Plougoulm. Elle y occupe un poste d'assistante qualité. « L'entreprise se situe très en amont de l'agroalimentaire puisque sa mission consiste à élaborer des semences et des plants destinés aux producteurs légumiers et horticoles », indique Vanessa.
Ses missions recoupent la qualité, la sécurité et l'environnement. Exemple : « Lorsqu'un traitement pour les plantes est mis au point, il faut indiquer aux clients les précautions à prendre pour son utilisation », explique Vanessa. Elle veille aussi sur les évolutions de la réglementation concernant les produits phytosanitaires…
« Quand je suis arrivée il y a un an et demi, je disposais de peu de connaissances dans le domaine végétal, confie Vanessa. Depuis, j'ai beaucoup appris et je continue à me former aux côtés du responsable qualité de l'entreprise. » Elle complète ainsi les cours dispensés pendant sa licence professionnelle management des risques industriels. Ce diplôme est préparé en alternance. Il émane d'un partenariat entre l'Ifria Bretagne et le lycée privé des Pays de Vilaine à Saint Jacut les Pins. « J'ai suivi mon apprentissage à l'OBS. On m'a ensuite proposé de rester. C'est une très bonne expérience. »