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« Savoir échanger et savoir se taire »
François Guillerm, Brest
Depuis 24 ans, François Guillerm arpente les rues de Brest et de ses environs six nuits par semaine, de 18 h 30 à 5 h du matin. Un choix de vie, pour cet artisan qui reconnaît que son emploi du temps ne conviendrait pas à tous… « Être artisan taxi, c’est accepter de faire énormément de temps de présence… Nous ne sommes pas aux 35 heures ! Pour gagner sa vie, il faut accepter de faire 60, parfois 80 heures par semaine », met-il en garde.
Autre précision : « Le week-end, les courses s’enchaînent, mais la semaine, il faut parfois savoir attendre des heures à la gare ou l’aéroport… Et supporter les difficultés de circulation ! » D’où le choix de la nuit : « Aux heures où je travaille, vous traversez la ville en 5 ou 10 minutes », apprécie-t-il.
L’homme n’est pas ermite pour autant, et travaille comme quasiment tous les artisans-taxis de la ville au sein d’un groupement : « Seul, il est quasiment impossible de s’en sortir. En se regroupant, on a l’avantage du travail avec les collègues, du petit café du soir, avant de commencer la nuit… » Une nuit pas si solitaire, où les rencontres s’enchaînent, où les contacts se nouent… Ou pas : « Dans ce métier, il faut avoir le sens des relations. Savoir échanger et savoir se taire, quand l’on sent que le client veut rester tranquille. »
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« Travailler quand les autres s’amusent »
Comptable de formation, Anne-Sophie Querrien s’est lancée en tant qu’artisan taxi, à Plouarzel, il y a un an et demi. Un vieux rêve, « pour le plaisir de conduire et d’être mon propre patron ». Le choix de la localisation a vite été tranché : native de Plouarzel, elle savait les licences trop onéreuses sur Brest.
Elle a donc profité du départ à la retraite de l’un des taxis de la commune pour reprendre son autorisation de stationner. Tout n’a pas été rose pour autant : « Il a fallu me refaire une clientèle, me faire connaître, et me faire accepter d’une communauté professionnelle très individualiste. »
Aujourd’hui, son entreprise artisanale fonctionne à plein, avec l’aide de son époux, devenu conjoint collaborateur (non-salarié). La semaine, son activité est très largement dédiée au transport médical assis : « Ce n’est pas toujours évident de côtoyer des gens malades, que l’on connaît souvent… », prévient-elle.
Les nuits et les week-ends sont aussi chargés, pour les sorties : « On se coupe un peu de la vie sociale. On peut être appelé à 2 h du matin, et il faut y aller ! on est amené à travailler quand les autres s’amusent. » Malgré tout, la jeune femme ne regrette pas son choix : la liberté de l’artisan combinée au plaisir du contact humain composent un quotidien sans routine auquel elle ne voudrait plus renoncer.