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Témoignages -

« On ne postule pas dans une association par hasard »

Publié le Vendredi 12 Juin 2009 17:50:41

Patrick L’Her, cadre chez Don Bosco Patrick L’Her, cadre chez Don Bosco

En 36 ans de carrière, Patrick L’Her n’a connu qu’un seul employeur : l’association Don Bosco. Avec un diplôme d’éducateur spécialisé, il y a été embauché comme stagiaire en 1973. Avant de gravir progressivement les échelons : responsable de service en 1982, il est ensuite devenu directeur d’établissement.
Aujourd’hui, il est responsable du Pôle petite enfance de l’association qui compte près de 600 salariés dans le Nord Finistère. Avec un tel parcours, Patrick L’Her ne peut que se sentir impliqué dans l’aventure associative dont il a accompagné l’évolution. Quand les adhésions ont été ouvertes aux salariés, il y a un an et demi, il n’a pas hésité une seconde. « Je me sentais déjà adhérent avant. C’est une forme d’appartenance qui va au-delà du salariat », précise le cadre, pour qui l’engagement associatif a toujours été une évidence. « C’est un héritage familial. Je suis par ailleurs impliqué dans d’autres associations. J’ai été président de la MJC de l’Harteloire de Brest pendant 20 ans. »

Autant dire que pour Patrick L’Her, être salarié d’une association ou d’une entreprise classique n’est pas la même chose : « On ne postule pas dans une association par hasard. » Loin de la logique de profit qui régie toute société commerciale, l’association Don Bosco œuvre pour le bien-être de ses usagers, à savoir les personnes handicapées ou en grande difficulté sociale. « Nous nous interdisons de délivrer une prestation bas de gamme, sous prétexte qu’elle sera moins onéreuse pour nous », note le responsable du Pôle petite enfance.
Autre différence avec les entreprises et les administrations : la réactivité. « J’ai l’impression qu’une association a plus de souplesse, ce qui lui permet de réagir plus vite aux besoins constatés sur le terrain. » Et puis, en plus de 30 ans de carrière, Patrick L’Her a eu le temps de se rendre compte qu’il existe une vraie solidarité entre les salariés d’une même association : « Nous ne nous marchons pas sur les pieds, car nous sommes tous fédérés autour d’un même projet. »

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009

« On ne peut pas faire ce métier si l’on n’a pas la passion du sport »

Publié le Vendredi 12 Juin 2009 17:49:13

François Brélivet, professeur de judo François Brélivet, professeur de judo

Un dimanche sur deux, François Brélivet accompagne ses élèves dans des championnats aux quatre coins de la France. Salarié des clubs de judo de Plouzané et de Daoulas depuis 15 ans, il n’a comme vrai jour de repos que le lundi. Au mieux, il travaille 35 heures par semaine. Au pire, 75 heures, quand il y a une compétition. « Je pense qu’on ne peut pas faire ce métier si l’on n’a pas la passion du sport. Si on veut avoir des résultats, il faut s’investir totalement. Parfois, j’ai presque l’impression de faire du bénévolat », reconnaît le professeur de 44 ans.
La plupart du temps, les entraînements ont lieu à midi, ou en soirée. Difficile dans ces conditions de concilier vies professionnelle et familiale. Pour autant, François Brélivet n’a pas l’intention de changer de voie. « Je me suis beaucoup donné. Aujourd’hui, je réussis enfin à m’y retrouver financièrement. Donc je ne vais pas arrêter maintenant », précise-t-il.

Bien qu’ils soient regroupés au sein d’une même structure, baptisée Seïbukan (école des arts martiaux de l’Ouest), les deux dojo n’ont pas de trésorerie commune. Ils se sont mis d’accord pour embaucher François Brélivet en CDI, à temps complet (2/3 à Plouzané, 1/3 à Daoulas), mais chaque association le rémunère en fonction de ses moyens. « Je suis dépendant du nombre d’adhérents, car ce sont majoritairement les cotisations qui paient les salariés. C’est en cela que je me considère comme précaire. »
Pas toujours facile non plus de faire comprendre le réalité des contraintes de son métier à une hiérarchie composée de bénévoles. « Certains ont l’impression que ce que je fais n’est pas un vrai travail, que je m’amuse. Or, j’ai des journées très remplies ! » Heureusement, le métier de François Brélivet lui procure des moments de plaisir, qui viennent contrebalancer ces contraintes. « Quand un de mes élèves gagne, c’est gratifiant. Même si ce n’est qu’éphémère. »

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009

« Le travail est devenu moins précaire »

Publié le Vendredi 12 Juin 2009 17:47:39

Serge Talarmin, professeur de guitare Serge Talarmin, professeur de guitare

Tous les vendredis soir, Serge Talarmin donne des cours de guitare à Gouesnou. Pour ses élèves, ce temps de détente marque le début du week-end. Pour le professeur au contraire, ce n’est que le prélude d’une journée bien chargée. « Je travaille sur le temps de loisirs des autres : en fin de journée, de 16 h à 21 h, et le samedi. » Un rythme de vie que le guitariste a appris à apprécier, depuis ses débuts en 1991. « L’avantage, c’est que j’ai du temps libre dans la journée », sourit-il.
Quand il a commencé à exercer ce métier, Serge Talarmin devait beaucoup se déplacer pour réussir à cumuler suffisamment d’heures. « J’allais jusqu’à Pleyben », se souvient-il. Depuis, il a fait son trou sur l’agglomération brestoise, et limite donc les kilomètres. Cette année, il travaille pour quatre structures différentes : trois maisons pour tous (MPT) à Brest, et une association à Gouesnou. Il totalise ainsi 28 heures de cours, individuels ou collectifs, par semaine. Soit un temps plein d’animateur-technicien en secteur socioculturel.
Embauché en CDI par chaque association, il s’en sort avec un « revenu viable et régulier » à la fin du mois. « Je ne travaille pas pendant les vacances scolaires, mais j’ai quand même un salaire fixe tous les mois. Depuis l’adoption de la nouvelle convention collective il y a une dizaine d’années, le travail d’animateur-technicien est devenu moins précaire. Avant, nous étions payés à l’heure », rappelle le professeur de guitare.

Dans le métier, rare sont ceux qui obtiennent un temps plein dans une seule et unique structure. Avoir plusieurs employeurs ne déplaît pas à Serge Talarmin. Au contraire. « Cela évite la routine. Et puis il y a moins de risques de se retrouver au chômage si une des associations qui nous embauche à des difficultés financières. En plus, s’il y a une mésentente, on peut toujours quitter une structure, il nous en reste d’autres. »
Finalement, le seul véritable risque pour le professeur de guitare, c’est d’avoir moins d’élèves, donc moins d’heures de cours et moins d’argent. Mais il ne se fait pas trop de souci : « Mon instrument est très demandé », se rassure-t-il.

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009

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