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Témoignages -

« Se remettre en question et rebondir »

Publié le Jeudi 07 Mai 2009 16:06:05

Marie-Noëlle, ex assistante commerciale chez Volaven

Marie-Noëlle Boutec n’a pas perdu le sourire. Pourtant, cette ancienne assistante commerciale chez Volaven en a gros sur le cœur. « J’ai occupé ce poste pendant seize ans. Et du jour au lendemain, on vous jette… Avec les copines, nous en parlons dès que nous sommes ensemble. Nous avons besoin de faire notre deuil. » Pour Marie-Noëlle, la mauvaise nouvelle est tombée début décembre. Elle a appris que son emploi allait être supprimé. « Je n’arrivais alors plus à travailler. Mon médecin a dû me donner un arrêt maladie... » Sa lettre de licenciement est arrivée le 6 janvier. Comme la majorité des quelque 130 autres.
Les semaines qui ont précédé n’ont guère été joyeuses. Les fêtes de fin d’année, encore moins. « Avant de quitter l’entreprise, je commençais à y aller à reculons. Finalement, c’est peut-être un mal pour bien », s’interroge Marie-Noëlle avant d’ajouter dans la foulée : « Se retrouver sans travail fait tout de même bizarre. Le matin, le réveil ne sonne pas. Pourtant ce n’est pas un jour de RTT ni les vacances… Alors, on se rend compte que le travail est une sacrée béquille. »
Cette quinquagénaire, qui a déjà connu un licenciement économique à la fin des années 1980, veut à présent relever la tête. « Je dois me remettre en question et rebondir. » Elle peut compter sur son entourage, son fils, sa famille, ses amis… « Ce n’est pas forcément le cas de mes anciennes collègues », confie-t-elle. La cellule de reclassement aussi peut représenter une solution.
Depuis la mi-janvier, Marie-Noëlle se rend aux réunions collectives organisées chaque lundi. Elle sollicite, en plus, des rendez-vous individuels. Marie-Noëlle nourrit un projet. Qu’elle garde pour l’instant secret.

« En position d’attente »

Publié le Jeudi 07 Mai 2009 16:04:48

Maurice, ouvrier polyvalent chez Nestlé Purina Maurice, ouvrier polyvalent chez Nestlé Purina

Maurice Boedec, 49 ans, ne manque pas d’images pour évoquer la situation de Nestlé Purina. « C’est comme si nous étions sur une passerelle en bois dressée au-dessus d’un gouffre. Chaque jour, on nous rajoute une nouvelle planche… » Le scénario se répète depuis novembre 2005 à l’annonce de la direction de vendre son site de Quimperlé.
Treize mois plus tard, Maurice est toujours à son poste d’ouvrier polyvalent au sein de l’unité sèche qui produit des croquettes. Quotidiennement, et depuis vingt-huit ans, il se lève à des horaires décalés pour aller travailler. « Je me motive, je suis sérieux et je bosse », confie-t-il. Et ce, quelles que soient les menaces qui pèsent sur l’entreprise…
Sur ce sujet, Maurice a appris à anticiper. À sa manière. « Je ne veux plus l’évoquer, coupe-t-il. Lorsqu’on m’en parle, je préfère clore le débat. Les gens pensent tout savoir alors qu’ils ne vivent pas ma situation. » Chez lui, l’avenir de Nestlé n’est pas abordé. Pas plus que sur son lieu de travail « à moins de disposer d’une information importante… » Et, elles se font plutôt rares en provenance de la direction. « On essaie pourtant d’en obtenir. Pour l’instant, nous avons un planning de travail jusqu’au 15 mars. Mais l’activité peut s’arrêter avant… Nous sommes en position d’attente. »
Maurice refuse d’y penser. Pendant son temps libre, il s’occupe dans sa maison, dans son jardin. Tous les week-ends, il sillonne les terrains de foot pour y accompagner son fils. « Il m’arrive cependant de me demander ce que je vais faire après, concède-t-il. Mais ça s’arrête là. Lorsque l’annonce interviendra, il sera bien assez tôt pour y penser. » D’ici là, lui et ses collègues n’entendent pas se laisser faire. « C’est sûr, Nestlé gagne de l’argent grâce à nous. Ce serait anormal qu’on ferme notre usine », rappelle Maurice en guise d’avertissement.

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