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« Mes horaires sont très aléatoires »
Roseline Corlou, hôtesse de caisse
« Je voulais être vendeuse en prêt à porter. Mais j’ai arrêté l’école trop tôt pour avoir un diplôme. On m’a tellement répété que jamais je n’y arriverais que je me suis totalement démotivée… » Roseline Corlou, 21 ans, est aujourd’hui hôtesse de caisse à l’Intermarché de Bannalec, mais n’a aucun regret. Jeune maman, elle a d’autres sources de satisfaction que le travail. Et finalement, elle ne se trouve pas si mal à sa caisse.
« Je me sens bien dans ce boulot. L’ambiance ici est agréable et j’apprécie le contact avec la clientèle, explique la jeune femme. Je sais que c’est perçu comme l’usine : un travail de second plan que l’on fait parce que l’on n’a pas bien réussi à l’école et que l’on n’a pas d’autre choix. Mais ce n’est pas ce que je ressens. » Cela n’empêche pas quelques moments difficiles : « Les clients désagréables sont rares, mais ils peuvent pousser le bouchon très loin. Cela m’est arrivé de craquer… »
Roseline Corlou a été embauchée pour assurer le travail du dimanche. Depuis un peu plus de trois ans, elle multiplie aussi les remplacements en semaine : « J’arrive à travailler régulièrement en me rendant disponible dès que le magasin a des besoins. Mais mes horaires sont de ce fait très aléatoires. » Et son avenir aussi : le supermarché ne lui offre a priori aucune perspective d’emploi permanent.
La caissière est payée au smic : « Je ne travaille pas à plein-temps, mais j’arrive à un salaire moyen de 950 à 1 000 euros grâce à mes dimanches. Comme je travaille le week-end, je sors rarement, alors ça va… » Il ne lui viendrait pas à l’idée de se plaindre : elle a un emploi...
« Exigeant mais plaisant »
Christelle Marchal, chef de rayon en poissonnerie
Elle a le sourire, une idée recette toujours en tête, et l’envie de donner envie à ses clients. Chef du rayon poissonnerie du Super U du Faou, Christelle Marchal est une jeune poissonnière qui assume son statut, en parle avec fierté. Sans pour autant cacher les difficultés d’un métier « exigeant, mais avec cette chance d’être dans l’un des rares rayons qui restent traditionnels, avec très peu de libre-service et une vraie relation avec la clientèle ». Tout est dit, ou presque.
Gérer un rayon de produits ultra-frais, « qui doivent donc être vendus extrêmement vite », n’est pas une sinécure. Sa formation au Cefimer d’Étel lui avait donné d’entrée les bases indispensables : « Il faut à la fois savoir maîtriser un compte d’exploitation, calculer des marges, prévoir les commandes… Et bien sûr préparer les poissons, avoir le sens de la relation client, et savoir mettre en valeur les produits », énumère-t-elle sans ciller.
Le métier n’est pas vraiment de tout repos. La journée de Christelle commence entre 6 h et 6 h 30, suivant les périodes de l’année : « Chaque matin, nous devons pelleter des centaines de kilos de glace, porter des caisses souvent très lourdes, placer les produits et redécorer le rayon… Et le soir, il faut évidemment tout redéfaire ! » Un éternel recommencement qui convient parfaitement à la poissonnière. « Le matin, quand j’arrive, les gars de la criée m’appellent, pour savoir ce que je veux. Et les négociations commencent… C’est souvent un défi : quand je négocie des dizaines de kilos de coquilles Saint-Jacques, il va bien falloir que je les écoule dans mon week-end ! » De ce côté-là aussi, la jeune femme sait y faire : « Pas un jour de la semaine mon rayon ne ressemble à ce qu’il était la veille ! Il faut surprendre les clients, leur donner envie de découvrir ! »
Conclusion ? « Il faut aimer ça ! Travailler en poissonnerie, c’est être dans le froid et l’eau, ne pas compter ses heures en périodes de fête, ni l’été, la pleine saison. C’est exigeant, mais plaisant… Je m’éclate ! » Au vu de la fréquentation du rayon, elle n’est pas la seule !
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« Bien tenir le rayon est un vrai travail d’équipe »
Issu de l’école supérieure de la distribution de Rouen, Myckael Baillot, 33 ans, a déjà bien roulé sa bosse chez Carrefour. Entré dans un rayon informatique, photo, téléphonie à Cholet, il est aujourd’hui manager du rayon périssables libre-service (PLS) du magasin brestois. Ce rayon PLS comprend les produits laitiers, la charcuterie, les produits traiteurs, les produits de la mer, les pâtisseries industrielles et les surgelés en libre-service. « Ce rayon représente environ 20 % du chiffre d’affaires du magasin. Nous y commercialisons 4 500 références différentes et il y rentre entre 60 et 80 palettes de produits chaque jour », précise le responsable.
Les fonctions de Myckael Baillot couvrent deux aspects principaux : le management et l’approvisionnement du rayon. « Bien tenir le rayon est un vrai travail d’équipe. Ma première mission consiste à organiser l’activité des 14 salariés et 6 étudiants de mon service : prévoir la bonne personne au bon endroit au bon moment. La seconde suppose de veiller à ce que nous commandions suffisamment de marchandises pour satisfaire nos clients et répondre aux actions commerciales organisées au niveau national. » Comme les autres, le rayon est soumis à des objectifs de progression régulière du chiffre d’affaires.
Pour autant, son manager dit ne pas être trop mis sous pression par sa hiérarchie sur ce point : « La pression, je me la mets tout seul, par conscience professionnelle. » Tout en reconnaissant faire de bonnes journées (qui débutent entre 6 et 7 h et se terminent vers 18h-18h30, cinq jours par semaine), Myckael Baillot fait remarquer que les rythmes de travail dans la grande distribution se sont beaucoup normalisés : « Quand mon oncle était salarié chez Félix Potin, il avait des horaires de fou, incompatibles avec une vie de famille. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. » Dans un avenir proche, le jeune manager se verrait bien devenir chef de secteur, un poste qui lui ferait ajouter une corde à son arc : la gestion financière.