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« Ce métier ouvre des possibilités d’évolution »
Éric Donnal, mécanicien de maintenance chez Guelt à Quimperlé
Cela fait maintenant quinze ans qu’Éric Donnal travaille dans l’entreprise Guelt à Quimperlé (construction, maintenance et rénovation de machines pour l’industrie). Il y a été embauché après avoir obtenu son bac pro maintenance préparé au lycée Thépot de Quimper. « J’ai commencé par de la mécanique puis par de la soudure et ce que l’on appelle le rechargement : déposer un métal de meilleure qualité sur la matière de base pour la renforcer. Ensuite, j’ai pu aller sur des chantiers extérieurs pour intervenir sur les machines de nos clients », raconte-t-il.
Le mécanicien apprécie la diversité de ses tâches et les contacts directs avec la clientèle. Il fait remarquer que son métier exige de la disponibilité : « La maintenance sur site se fait pendant les heures où les machines ne tournent pas donc en dehors des heures de travail normales. Par ailleurs, on ne sait pas toujours combien de temps va durer un dépannage… »
C’est sans doute grâce à cette disponibilité et à ses prises d’initiatives qu’Éric Donnal s’est vu confier la responsabilité des opérations (et l’encadrement de l’équipe d’intervention) chez un client important de Guelt : Bigard (viandes). « Ce métier ouvre des possibilités d’évolution car il induit une certaine autonomie : quand on est seul chez le client, on doit savoir prendre les bonnes décisions seul. »
Pour Éric Donnal, le mécanicien de maintenance doit faire preuve de grandes capacités d’écoute et d’observation : « C’est en dialoguant avec le conducteur d’une machine et en le regardant travailler que l’on repère les problèmes et que l’on trouve les solutions. » Il ajoute l’importance du soin apporté au travail : « Dans l’agroalimentaire, les normes sont de plus en plus exigeantes en matière de propreté. Le niveau de finition est donc particulièrement élevé. »
« C’est enthousiasmant de contribuer à des projets d’envergure mondiale »
Stéphanie Huot, câbleuse filaire chez Thales à Brest
« Nous avons beaucoup de mal à trouver des opérateurs en microélectronique », indique Marie-Thérèse Dejean, responsable des ressources humaines chez Thales à Brest. Le groupe industriel d’aéronautique, défense et sécurité a fait de l’alternance (contrats d’apprentissage et de professionnalisation) une des solutions mises en œuvre pour intégrer des jeunes et les former à ses métiers.
Stéphanie Huot, 26 ans, bénéficie de ce dispositif. Après avoir multiplié les expériences dans des domaines variés (hôtellerie, transport, manutention…), la jeune femme a fait la rencontre de Thales et du métier de câbleur filaire, lors d’un forum organisé par l’UIMM à la CCI de Brest. Elle y est entrée en contact avec ses encadrants d’aujourd’hui, Pascal Mahé et Gilles Corrigou. Son intérêt a très vite attiré plusieurs recruteurs : « On se l’est arrachée, raconte Marie-Thérèse Dejean. Elle a été recrutée trois fois dans la même journée ! »
Depuis septembre (et pour un an et demi), Stéphanie Huot apprend donc un nouveau métier en alternant formation théorique à l’Afpa et mise en pratique dans un service de microélectronique de Thales : « Je travaille sur le montage de boîtiers électroniques et le câblage de fils électriques et de fils d’or (sept fois plus fins qu’un cheveu !). Je pense avoir trouvé ma voie en exerçant ici un métier manuel qui demande beaucoup de minutie. C’est aussi très enthousiasmant de contribuer à des projets d’envergure mondiale dans une entreprise prestigieuse. »
L’équipe qui a accueilli l’apprentie est majoritairement féminine. « C’est un métier de précision dans lequel il y a effectivement beaucoup de femmes. Nous recherchons pour cette mission des gens très consciencieux et rigoureux, précise Pascal Mahé. Ici, chaque erreur coûte très cher. » « C’est un défi quotidien, se réjouit Stéphanie Huot. Je fais chaque jour quelque chose de différent, j’utilise régulièrement de nouveaux matériels, j’apprends en permanence. »
Note : www.jobs.thalesgroup.com
« Rien ne vaut le regard, le toucher, l’écoute »
Philippe Le Borgne et Romain Tanneau, usineurs à Meunier SA à Brest
L’un a 33 ans de boîte derrière lui, l’autre démarre tout juste sa vie professionnelle. Philippe Le Borgne et Romain Tanneau sont tous les deux usineurs dans les ateliers de Meunier SA à Brest. L’entreprise fabrique des pièces et des machines entières pour l’industrie.
L’aîné n’a pas vraiment choisi la métallurgie par vocation mais aime son métier, le plus jeune n’est encore qu’en apprentissage (en bac pro au CFAI) mais sait déjà que c’est ce qu’il veut faire : « Pour la satisfaction de partir d’un bloc de métal et d’en faire quelque chose, de partir d’une matière brute et de sortir une pièce avec des formes impeccables. »
Philippe Le Borgne a vu le métier évoluer au fil de sa carrière : « Les outils ont beaucoup changé et on a gagné en facilité. La commande numérique s’est petit à petit imposée. Elle ne doit pourtant pas remplacer le savoir-faire manuel car rien ne vaut le regard, le toucher et l’écoute pour juger d’un travail. » Romain Tanneau acquiesce. L’expérience est un atout appréciable. « Nous ne confierions jamais la machine que conduit Philippe à un débutant, explique Jean-Michel Lallonder, le responsable d’atelier. Elle est trop dangereuse. Lui a l’œil. » Les deux usineurs sont d’accord sur ce point : le métier demande une très grande attention et beaucoup de rigueur : « La concentration est primordiale. Le moindre bruit peut signaler un problème. »
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« J’étais comme un gosse lorsque j’ai vu un sous-marin pour la première fois »
« J’ai toujours aimé bricoler – au grand dam de mes parents parfois – et j’ai voulu être mécanicien dès l’enfance, comme d’autres rêvent de devenir vétérinaires. J’ai d’ailleurs commencé à m’intéresser à l’école quand j’ai intégré la filière de maintenance de bateaux de plaisance », raconte Alexandre Hénin. Après un CAP, un BEP et un bac pro obtenus en région parisienne, c’est dans ce secteur de la plaisance que le jeune homme a démarré sa vie professionnelle sur le port de Brest.
Mais un accident l’éloigne plusieurs mois du travail. Il fait sa reprise au Kart in door de Brest où il occupe plusieurs postes jusqu’en fin 2007. « Et puis on m’a parlé d’une formation de mécanicien naval organisée par DCNS... » Alexandre Hénin voit tout de suite l’intérêt de rejoindre un grand groupe : « Des moyens matériels, de bonnes conditions de travail, un encadrement compétent, des opportunités d’évolution ».
La formation, en alternance, dure un an. Les cours théoriques sont dispensés par l’Afpi une semaine par mois. Le reste du temps, Alexandre Hénin intègre une équipe de DCNS, chargée de la maintenance de systèmes de navigation pour les sous-marins. « J’étais comme un gosse lorsque j’ai vu un sous-marin pour la première fois, se souvient le mécanicien. Le côté un peu mystérieux de nos missions les rend passionnantes ! Et puis j’ai découvert ici des technologies qu’on ne trouve nulle part ailleurs en France. »
Pour Alexandre Hénin, la formation s’est soldée par l’obtention d’un CQPM et par une embauche, dans le service qui l’accueillait en stage. « Le travail que nous demandons à Alexandre, c’est de la mécanique de haute précision, de l’horlogerie, explique son chef d’équipe Ludovic Dubé. Il réclame beaucoup de minutie. Nous recherchions pour l’effectuer une personne consciencieuse et pointue et il s’est montré à la hauteur. Il s’est adapté de façon très intelligente dans l’équipe en faisant preuve d’une belle capacité d’écoute. » Sur les neuf candidats formés en même temps qu’Alexandre Hénin, sept se sont vus proposer un contrat à DCNS.
Note : DCNS organise régulièrement des mini-stages de découverte de ses métiers dans le cadre de l’opération Les filières du talent.
Rens. www.lesfilieresdutalent.com