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« Nous sommes plus minutieuses »
Isabelle Guiffant, conductrice de travaux à Pleuven
Isabelle Guiffant, 35 ans, est employée depuis un an par l’entreprise Le Bris de Pleuven (gros œuvre, génie civil) comme conductrice de travaux : « Je prépare les chantiers, choisis les méthodes techniques, prévois les équipes, commande les matériaux nécessaires, gère le planning… », détaille la jeune femme. Le déclic pour cette profession, Isabelle Guiffant l’a eu lors d’un salon étudiant : « J’y ai rencontré un professeur en génie civil qui m’a donné un tas d’exemples d’actions qui m’ont séduite. Il m’avait notamment parler de la construction de puits en Afrique… »
Après deux bac scientifiques et après s’être égarée deux ans en fac de sciences, Isabelle Guiffant intègre finalement un IUT de génie civil à Rennes. Elle en sort en 1994. « Une période où la conjoncture n’était pas très bonne pour le bâtiment. J’ai galéré sur des petits boulots pendant trois ans. J’en ai passé des entretiens ! J’ai très clairement ressenti que mon statut de femme sans expérience ne me rendait pas crédible aux yeux des recruteurs. »
Elle occupera son premier véritable poste chez un constructeur de maisons individuelles. Dans son entourage amical et familial, les regards sont plutôt admiratifs. Sur les chantiers en revanche, pas facile de faire son trou quand on est une femme. « Nous sentons (deux des quatre conducteurs de travaux de la société sont des femmes) que nous devons beaucoup plus fréquemment justifier nos décisions. C’est décourageant. La confiance n’est pas facile à gagner. Pourtant, ceux que nous avons convaincus disent que nous sommes plus rigoureuses, plus minutieuses. »
Lorsque l’on demande à Isabelle Guiffant ses ambitions, ses projets de carrière pour l’avenir, la jeune femme ose à peine les formuler : « Devenir chef de travaux ? Je ne sais même pas si c’est envisageable quand on est une femme… » Et pourquoi pas ?
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« De la patience et une grande organisation »
11heures. Dans le salon de sa maison de Plonéis, David Guidoux joue avec Guillaume, 2 ans. A l’étage, Énora dort. Elle a 17 mois. Le jeune homme de 25 ans garde les deux enfants. Il est assistant maternel. Il est aussi le papa de deux petites filles : Océane et Justine.
Adolescent, David ne s’est jamais imaginé nounou. Mais les aléas de sa vie professionnelle l’ont amené vers ce métier dans lequel il dit aujourd’hui s’épanouir totalement. « J’étais agent de production dans une usine, mais j’ai été déclaré inapte à cause d’un problème à l’épaule. J’étais en arrêt maladie pendant la grossesse de ma femme », raconte David Guidoux. Le couple cherchait alors un mode de garde pour son enfant : « Nous ne trouvions personne qui accepte nos contraintes horaires, car ma femme travaille en 2/8. J’ai donc décidé de m’occuper moi-même de ma fille. »
Interpeller par ce problème des gardes à horaires atypiques, le jeune homme se dit qu’il y a peut-être là un créneau à prendre. Pourquoi ne pas tenter une demande d’agrément* puisqu’il adore les enfants ? « J’avais peur d’être refusé parce que j’étais un homme. On m’a assuré que c’était au contraire un atout ! J’ai obtenu cet agrément pour deux enfants en juin 2004. »
La satisfaction est de courte durée : « Il a fallu attendre un an avant que des parents acceptent de me confier leurs enfants, alors que l’on dit toujours qu’on manque de mode de garde ! Les préjugés sont encore très forts : les femmes sont souvent persuadées qu’un homme n’est pas doué avec les enfants. Les hommes jugent suspect un autre homme qui reste à la maison !
David se fiche de l’image que cette profession peut bien donner de lui. Elle lui plaît. Point. « J’aime les moments que je partage avec les petits, j’aime le fait de travailler chez moi. Je ne l’aurais jamais cru, avant je ne tenais pas à l’intérieur. Ce métier m’a beaucoup calmé. Il demande de la patience et une grande organisation. »
Fin de l’entretien, Énora se réveille. David va chercher la petite fille, la change. Il va desormais falloir penser à préparer le repas des bouts de choux…
Note : * A effectuer auprès du service de protection maternelle et infantile (PMI) du Conseil général.