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« Trouver l’équilibre parfait »
Jocelyn Michel, après des études universitaires, passe un CAP de menuisier
Un chemin bien tracé : des parents professeurs, un cursus universitaire sans problème, une ligne droite sans surprise. Si ce n’est l’envie de faire autre chose. « Je n’ai jamais eu de difficulté scolaire, j’ai continué à l’université parce que ça marchait bien, mais un jour, j’en ai eu assez. »
Après une maîtrise en psychologie, Jocelyn Michel décide donc de se frotter à la vie active. « Pendant un an, j’ai fait de l’intérim dans différents domaines : la manutention, l’agroalimentaire… Je voulais voir ce que c’était. Mais l’intérim ne me correspondait pas. Les horaires décalés, le manque de temps pour moi… J’ai donc tenté le concours pour être instituteur. » Mais à la dernière épreuve, Jocelyn rend feuille blanche. « Je ne voulais pas céder à la facilité et je savais que je n’avais pas fait le tour de la question. » Jocelyn veut encore réfléchir à ce qui lui conviendrait sur le plan professionnel.
De rencontre en rencontre, il trouve finalement une voie qui l’intéresse : l’éco construction. « Je suis allé à une journée portes ouvertes de l’Afpa et j’ai entendu parler d’une éventuelle formation dans ce domaine au Greta. J’avais déjà travaillé sur des chantiers et je savais que c’était un milieu dans lequel je me retrouvais humainement. »
Le temps d’attente à l’Afpa étant beaucoup trop long, Jocelyn insiste auprès du Greta pour pouvoir y suivre cette formation. Finalement, en octobre 2005, il commence son apprentissage de menuisier installateur, module ossature bois. En juin 2006, un CAP en poche, Jocelyn va chercher du travail au culot. « Nous étions douze et tous, nous avions déjà un travail avant la fin de notre formation si nous le souhaitions. Moi, je suis allé voir Domespace où j’avais fait un stage quelques mois auparavant. Le contact était bien passé avec l’équipe. Je leur ai tout simplement dit que j’étais disponible. »
Jocelyn est pris immédiatement. D’abord en CDD de six mois pour travailler sur le chantier de Quimper. Puis en CDI. « Je suis maintenant commercial et je m’occupe de la logistique. » Un juste équilibre qui lui permet d’être à la fois derrière le bureau tout en donnant, si nécessaire, un coup de main sur les chantiers. « J’aurai pu avoir un boulot à 1 450 euros net au lieu des 1 100 que je touche actuellement, mais je m’ennuierais. Ici, j’ai trouvé le métier que je cherchais depuis toutes ces années. »
«Difficile à faire accepter un tel changement »
François Penaud a quitté les assurances pour devenir électricien
François Penaud a 32 ans. Un Deug de droit et un BTS force de vente en poche, il aurait pu continuer à se rendre tous les jours à l’agence Groupama dont il était le responsable, à Plonévez-Porzay. Pourtant, il y a un an de cela, François a démissionné et quitté le milieu des assurances pour se reconvertir et devenir… électricien.
Comment en arrive-t-on à passer d’un bureau à un chantier ? « J’ai fait une maison pour ma mère et mon frère à Beg Meil. Et j’ai eu envie de continuer. C’est devenu une véritable passion. Plus le chantier avançait, plus cela me plaisait », explique simplement François. Le virage est amorcé : François sait qu’il veut changer de métier. Et au moment de choisir sa reconversion, c’est vers l’électricité qu’il se tourne naturellement. Peut-être parce qu’il a toujours vu son père, technicien dans le secteur de la téléphonie, manipuler des fils.
Lorsque François annonce son envie de changer de voie, le soutien de son entourage est loin d’être unanime. « Il est difficile de faire comprendre pourquoi on fait ce choix », indique François. D’autant que financièrement, le changement n’est pas anodin. Il est loin des quelque 2 500 euros mensuels qu’il touchait jusque-là. Mais peu lui importe, il est motivé et sûr de lui. Alors il se lance sans hésiter à la recherche de la moindre information sur son futur métier. « Je me suis surtout renseigné auprès des professionnels et, avant de suivre une formation, j’ai fait un stage de sept mois en électricité plomberie dans l’entreprise quimpéroise Pielec. »
Bien sûr, lorsque l’employeur voit un parcours comme le sien sur un CV, il se pose inévitablement des questions. Mais François sait communiquer son enthousiasme. « Les professionnels recherchent avant tout quelqu’un de passionné et qui ne triche pas. En discutant un peu, ils voient tout de suite le sérieux de la personne. »
En janvier 2006, François commence ensuite une formation diplômante de dix mois à l’Afpa de Quimper : l’EE (électricien d’équipement). « En tout, nous avons eu 1 400 heures de formation et deux stages de quatre semaines en entreprise. » A chaque fois, François est apprécié au point que les deux entreprises sont prêtes à l’embaucher à l’issue de ses examens. Il hésite un temps, envisageant de se mettre à son compte. Mais finalement, il préfère attendre et devenir salarié chez ADI, histoire d’acquérir de l’expérience avant de se lancer à son tour.
Enquête d'emploi n°1 - Décembre 2006
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- 35 postes d'enseignants du premier et second degrés à pourvoir sur la totalité du réseau Diwan (Bretagne historique et Paris).
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« Un métier où il y a toujours du boulot »
À 33 ans, Thierry Schneider a décidé de repartir à zéro et de suivre une nouvelle voie. Titulaire d’un bac E (maths et technique) et d’un DUT en génie mécanique et productique, le jeune homme se forge pourtant un beau bagage dans cette filière : 13 ans d’expérience en tant que dessinateur industriel. « Au départ, je voulais travailler rapidement pour être indépendant. J’ai donc commencé par de l’intérim pendant un an, puis j’ai été embauché pour participer à la conception d’un simulateur de conduite pour les auto-écoles. » Le projet évolue et dure cinq ans.
Après quoi, Thierry s’oriente vers le travail des images de synthèse en suivant une formation de plusieurs mois. « Mais, mon profil de technicien ne correspondait pas vraiment. » Thierry retourne donc aux dessins pour faire, cette fois, des bases aéroportuaires. Mais lorsqu’on lui propose une formation de programmateur, il refuse et préfère se lancer dans la création de sa propre société avec deux amis.
Quatre ans plus tard, l’aventure s’arrête pour Thierry. Le temps de la réflexion est arrivé. Et c’est lors d’un week-end dans le Berry qu’il trouve enfin ce qu’il cherche. « J’avais une amie qui faisait une formation de tailleur de pierre. J’ai donc visité l’atelier de taille et de sculpture et j’ai eu envie de faire ça. » Thierry a le sentiment que ce métier est à sa portée et pas si éloigné de ce qu’il fait déjà. « J’aime beaucoup tout ce qui est mise en forme, mise en volume », explique-t-il.
Bien sûr, quand Thierry annonce à ses parents qu’il veut suivre une formation de taille de pierre, ils sont dans un premier temps étonnés. « Mais ils ont rapidement compris mon envie de me tourner vers une profession plus manuelle. »
Durant 10 mois, il suit une formation et décroche un CAP de taille de pierre. « J’ai immédiatement trouvé un travail, un CDD de six mois. » Mais Thierry a en tête de continuer à se former. Et c’est vers la sculpture qu’il souhaite le faire. La différence ? « Pour la taille de pierre, tout peut se dessiner à l’aide d’un compas et d’une équerre, ce qui n’est pas le cas en sculpture. » L’approche est plus libre, la démarche plus artistique.
Thierry monte donc un dossier Fongecif et suit une nouvelle formation de dix mois. Là encore, le travail ne manque pas. Trois semaines après la fin de son apprentissage, Thierry a deux propositions, dont une pour le chantier de la cathédrale de Quimper. Et si son CDD s’achève, il ne se fait aucun souci : « C’est un métier où il y a toujours du boulot. »