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Témoignages

Des aides à la mobilité

La bonne volonté ne suffit pas, le profil du parfait candidat non plus. Pour décrocher un emploi, en Finistère peut-être plus qu'ailleurs, mieux vaut être prêt à faire de nombreux kilomètres. À Brest, Morlaix, Brasparts et Quimper, des systèmes d'aide à la mobilité se sont mis en place.

Sans voiture, pas d’emploi. Sans emploi, pas de voiture. La logique est implacable et le scénario trop fréquent, dans un département particulièrement vaste et où il faut souvent accepter de faire des kilomètres pour accéder à l’emploi.
Face à cette réalité, différentes initiatives ont vu le jour depuis une dizaine d’années, démontrant qu’en levant ce frein à l’emploi, bien des situations pouvaient se débloquer.

« À Brest, les travailleurs sociaux faisaient de plus en plus souvent ce constat : sans régler un problème de mobilité récurrente, de nombreuses personnes ne pouvaient progresser vers une insertion professionnelle », rappelle Nadine Foussart, responsable d’En route pour l’emploi.

Fondée en 2001, l’association prit dès le départ une orientation originale, en décidant de s’adapter à la demande : « Ailleurs en France, les solutions consistaient, à l’époque, soit à louer des cyclos, soit à mettre en place des navettes de transport. Nous avons tout de suite tenu à combiner les solutions ».

Coup de pouce

Aujourd’hui, l’association dispose d’un parc de 90 scooters ou cyclomoteurs proposés à la location, ainsi que de quatre véhicules avec chauffeurs. Ce type de prestations, réservées aux personnes en parcours d’insertion suivies et orientées par des travailleurs sociaux, s’est d’ailleurs démultiplié sur tout le département, à plus ou moins grande échelle. Sur le Pays de Cornouaille, Mobil’emploi propose les mêmes services, tout comme D’places, à Morlaix. Et si chaque structure s’adapte à la donne de son territoire (en proposant pour certaines des navettes à horaires atypiques pour les personnes travaillant en usine), la philosophie d’action demeure globalement la même : « Accompagner les personnes vers l’autonomie », insiste Nadine Foussart.

Les Idées larges
Chaque matin, le petit car d’Idée fait sa tournée. « Depuis 1999, nous avons mis en place un système de navette gratuite, qui permet aux personnes que nous suivons de se rendre sur les chantiers d’insertion », explique Monique Tanguy, travailleuse sociale au sein de l’association basée à Brasparts. Depuis 2004, en collaboration avec le Conseil général, le service est par ailleurs mis à disposition de bénéficiaires de minima sociaux du Centre-Ouest Bretagne, pour les conduire vers des organismes de formation, de santé, etc.

Un postulat logique, pour une offre de services que d’aucuns pourraient être tentés de critiquer, tant la formule s’avère aux limites de la concurrence avec le privé, voire les transports collectifs. « Pour nous, il n’est pas question d’installer les gens dans le processus. Dès que nous les rencontrons, il s’agit au contraire de greffer ce coup de pouce sur un projet de covoiturage, de permis de conduire, d’achat de véhicule. »

Responsabilisation

D’ailleurs, les trois plateformes finistériennes ont fait le choix d’une aide qui se monnaie : « Les tarifs, uniques, ont été pensés de façon à ce que chacun puisse y faire face, tout en intégrant le fait que se déplacer demande un réel budget ». De même, les services proposés, qu’il s’agisse de location ou de transport, ne peuvent être utilisés ad vitam aeternam : les contrats, à durée limitée, ne sont en règle générale renouvelables qu’une fois. Autant de règles respectées à la lettre, et qui portent leurs fruits :

« En 2006, nous avons eu 36 % des bénéficiaires pour lesquels le passage par En route pour l’emploi a débouché sur un emploi durable », note Nadine Foussart.

L’association brestoise, sans doute la plus aboutie des trois structures finistériennes, pousse d’ailleurs la logique toujours un peu plus loin. Désormais, il est ainsi possible d’y racheter les cyclomoteurs d’occasion de l’association. Un service de location de voiture (toujours dans le cadre de l’insertion vers l’emploi) est également proposé, de même qu’une aide au permis de conduire.
Portées par des associations, en collaboration avec les politiques et les institutions, ces initiatives s’avèrent de précieux tremplins vers l’autonomie. Un sésame qui permet chaque année à des centaines de Finistériens de passer à la vitesse supérieure, et d’accéder à l’emploi.

Note : L’accès aux services des plateformes d’aide à la mobilité ne peut se faire en direct. Chaque candidat doit donc auparavant prendre contact avec un travailleur social, qui examinera sa situation, et l’orientera ensuite, si besoin, vers l’association à même de lui donner un coup de pouce.

Enquête d'emploi n°3 - Mars 2007

 

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