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Témoignages

Mon commerce sur le web

Les ventes et achats sur internet ne cessent de progresser ; les sites marchands et les boutiques virtuelles aussi. Ces outils peuvent rapporter gros à condition de les penser et de les façonner comme un magasin et donc, comme une entreprise.

Loïc Roy, conseiller commerce à la Chambre de commerce et d’industrie de Morlaix, est affirmatif. « Bien qu’elle soit virtuelle, une boutique en ligne reste un véritable magasin. Il faut alors la penser comme telle. De même, le e-commerçant est un chef d’entreprise.» Son projet n’échappera donc pas aux questions-clés que tout entrepreneur doit se poser avant de se lancer.

En chiffres

  • 5,6 milliards d’euros, c’est le montant des achats réalisés sur la toile au premier trimestre 2009. Ce chiffre est en hausse de 26 % par rapport à la même période l’an dernier.
  • 52 000 sites marchands étaient recensés en mars 2009 par la Fédération nationale du e-commerce et de la vente à distance. Un an plus tôt, le nombre de sites s’élevait à 39 600.
  • 45 % des internautes français pensent qu’internet leur permet de consommer mieux et moins cher. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée en mai dernier par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie pour eBay France.

Trouver le bon créneau. Les conseillers des Espaces entreprendre des CCI le disent souvent : « Sans marché, pas de business ». C’est également valable pour le commerce en ligne où la concurrence est plus forte. « Il est important de rechercher un bon positionnement et de bien déterminer le ou les produits que l’on veut vendre », souligne Loïc Roy. Comme pour un magasin traditionnel, la définition d’une cible ainsi qu’une étude de marché sont incontournables. « Le commerçant en ligne va également devoir apporter une valeur ajoutée, c’est-à-dire une idée ou un service qui va le démarquer. »
À cela s’ajoutent aussi des prix attractifs et une logistique fiable pour que le client reçoive ses achats dans les meilleurs délais. En amont, les questions des frais de port et des conditions générales de vente doivent avoir été tranchées. La liste n’est pas exhaustive… « Tous les aspects du projet doivent figurer dans un cahier des charges avant de créer un site », insiste Loïc Roy.
Le site idéal. « C’est celui où l’entrepreneur devient un simple intermédiaire entre ses fournisseurs et ses clients », observe le conseiller de la CCI de Morlaix. Mais cela suppose d’avoir mis en place une gestion automatisée de ses bases de données (fournisseurs, clients et stock). Cette solution informatique réclame un « investissement de départ minimum de 2 500 euros » selon Loïc Roy. Les porteurs de projet peuvent solliciter un prestataire.
Il n’empêche. L’identité visuelle et l’agencement du site appartiennent à l’entrepreneur. « Ce commerce en ligne doit être organisé en rayons afin que l’internaute s’y retrouve facilement, dit Loïc Roy. Chaque article proposé doit comporter un descriptif le plus complet et précis possible car le client n’a pas de vendeur à côté de lui pour lui demander conseil. » Enfin, pas question de négliger la qualité des photos ni la première page qui sert de vitrine.
Se démarquer sur la toile. Vendre un bon produit dans la plus belle e-boutique ne suffit pas. Cette dernière doit être visible parmi l’offre pléthorique existant sur internet. D’où l’importance d’avoir un référencement efficace à partir de mots-clés pertinents pour décrire son activité et ses marchandises. L’adresse du site doit enfin être claire. « Le but est de faire en sorte que les moteurs de recherche comme google ou yahoo repèrent rapidement le site », explique Loïc Roy. Qui conclut : « Pour qu’un site marchand atteigne son rythme de croisière, il faut bien au moins trois ans. »

Gare à ne pas se laisser déborder…
Pour les commerçants de proximité, désireux de marquer leur présence sur la toile, la stratégie et les objectifs sont différents. « J’essaie de dissuader les professionnels à la tête d’une très petite entreprise, qui ont déjà un point de vente, de lancer une boutique en ligne, observe Loïc Roy. L’écueil à éviter est de se retrouver à devoir gérer deux commerces sans en avoir réellement le temps. »
Il leur recommande de se contenter d’un site de communication. Avec un objectif clair : faire venir du monde dans leur magasin. « Grâce à cet outil, les commerçants pourront créer du lien avec leur clientèle, la fidéliser, susciter de l’envie en lui présentant des nouveaux produits. » Cette option peut contribuer à multiplier les ventes. Pour Loïc Roy, elle a surtout au moins deux avantages : elle est moins gourmande en temps et moins coûteuse, soit « entre 700 et 2 000 euros ».

 

Note : Les conseillers des Espaces entreprendre des trois CCI du département peuvent accompagner ce type de projet. Renseignements au 02 98 98 29 29 (Quimper), au 02 98 00 38 00 (Brest) et au 02 98 62 39 39 (Morlaix).

Enquête d'emploi n°25 - Juillet 2009

« Si vous savez envoyer un e-mail… »

Publié le Jeudi 23 Juillet 2009 10:54:29

Créations web à Brest

« Nous ne sommes qu’au début de la vente en ligne. Les gens commencent à se rendre compte que ce type de commerce devient indispensable, dans un contexte où les consommateurs se rendent de moins en moins sur place, ont de plus en plus le réflexe de l’internet. Dans les cinq ans à venir, nous allons assister à un vrai boom. » Pour David Noblecourt, fondateur et gérant de Créations Web, entreprise brestoise spécialisée dans la création de sites pour le e-commerce, le doute n’est pas permis. Et l’activité débordante (200 demandes de devis en moyenne chaque mois, et quelque 1 500 clients en portefeuille) de cette entreprise née en 2003, aujourd’hui forte de six salariés, semble confirmer ses dires.

Pour autant, le jeune chef d’entreprise ne joue pas la surenchère… « Le e-commerce fonctionne. Mais avant de se lancer, il faut comparer les offres, savoir juger de celle qui conviendra le mieux à son activité… Ensuite, tout dépend de l’investissement en temps que l’on veut bien y mettre. » Car si les équipes de Créations Web se chargent de la création du site, mettent au point en accord avec le client sa charte graphique, et gèrent la mise en ligne, l’e-commerçant reste maître à bord, une fois sa boutique en ligne créée. « Certains réalisent très vite 20 ou 30 % de leur chiffre d’affaires par l’e-commerce, d’autres en viennent à ne plus faire que du commerce en ligne. Mais il faut savoir peaufiner ses textes, ses photos, ses messages, comme ses produits et son positionnement client. Dans l’e-commerce, c’est la différence, le fait de se démarquer des autres qui fonctionne. »
Un diplôme d’informaticien serait-il nécessaire ? « Si vous savez envoyer un e-mail, vous serez vite capable de gérer votre boutique en ligne ! Les sites sont conçus pour que chacun puisse les gérer, aussi simplement que pour un commerce classique. »


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