Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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Témoignages

Des départs à combler dans les garages

La mécanique attire toujours des jeunes, appelés à acquérir des compétences de plus en plus pointues pour trouver un emploi ou reprendre une entreprise. De nombreux départs à la retraite vont leur offrir des opportunités.

Un bac pro s’impose

L’automobile et ses technologies évoluent en permanence ; les parcours de formation et les exigences qui en découlent aussi. « L’époque où l’on disait aux mauvais élèves qu’ils feraient de la mécanique est finie », observe Éric Josnin, le directeur du Centre de formation des apprentis (CFA) de Quimper. Depuis quelques années, un retournement de tendance est constaté. Aujourd’hui, les dirigeants de garage recherchent davantage de compétences et se tournent plus volontiers vers de futurs bacheliers des filières professionnelles. « Deux tiers des recrutements se font à présent au niveau bac », observe Éric Josnin.
Pour autant, les portes de l’emploi ne sont totalement fermées aux titulaires d’un CAP. Mais « ceux-ci risquent de devoir se contenter de réparations de base comme le remplacement de pneus ou la pose de pare-brise », poursuit le directeur du CFA de Quimper. Or, son établissement ne propose pas encore de bac professionnel. C’est l’un des facteurs qui expliquent la chute d’effectifs en début d’année. En BEP maintenance des véhicules par exemple, le nombre d’apprentis est passé de 20 à 8.
Pour adapter son offre, l’établissement rattaché à la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère envisage dès la rentrée prochaine d’ouvrir un bac professionnel préparé en apprentissage. La demande a été faite auprès du Conseil régional de Bretagne qui doit donner sa réponse au printemps. À Quimper, l’ouverture de cette nouvelle section correspond aussi à la réception de son pôle mécanique.
L’aménagement de cet équipement fait partie du projet global de restructuration du CFA. La livraison des nouveaux locaux du pôle mécanique doit intervenir à l’automne prochain. « Les ateliers pédagogiques seront plus spacieux, indique Éric Josnin. Ils seront également situés à proximité de salles multimédia. Enfin, ce pôle mécanique sera équipé d’un laboratoire de physique-chimie. » Les professionnels attendent l’outil avec impatience. « Pour moi qui ai suivi le dossier depuis plusieurs années, c’est un peu un rêve qui se réalise ! lance Jean-Marc Crépin, le président du CNPA 29 qui participe au financement. En Finistère, tous les acteurs du monde automobile s’en réjouissent aussi. » Ce pôle doit servir non seulement aux apprentis mais aussi aux salariés déjà en poste dans des garages.

Depuis plusieurs semaines, il est bien difficile de parler de l’automobile sans évoquer la crise. L’effondrement des ventes de véhicules est une réalité. Mais qu’en est-il des garages, spécialisés dans l’entretien ou la maintenance ? Le président finistérien du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) se garde de réponse toute faite. « Les concessionnaires rencontrent en ce moment des difficultés », confirme ainsi Jean-Marc Crépin. Il pense en revanche que les garagistes peuvent, quant à eux, mieux résister.
La taille de ces entreprises dont l’activité est multiple (commerce, entretien, réparation) demeure modeste. « Leurs frais liés au personnel sont ainsi moindres, observe Jean-Marc Crépin. Ces garages implantés dans les petites communes n’ont par exemple pas de commercial. » Dans le département, 62 % d’entre eux, qui relèvent de la Chambre de métiers et de l’artisanat, affichent un effectif de moins de quatre salariés.
Ces dix dernières années, dans ce secteur, une entreprise artisanale sur six a néanmoins disparu. « Surtout en milieu rural, précise Bruno Quillérou, chargé de l’accueil des entreprises à la Chambre. Mais aujourd’hui, le secteur ne se dégrade plus et l’on peut penser que l’offre correspond bien à la demande. » Le niveau de service s’est, de plus, amélioré. Les entreprises actuelles ont aussi été obligées d’adopter de nouvelles normes. « Certains dirigeants, proches de la retraite ou bien par manque de formation, n’ont pas souhaité faire les travaux, analyse le président du CNPA 29. Ils ont donc abandonné leur affaire qui n’a pas été reprise par la suite. » Depuis 2006, le nombre de garages reste stable. En décembre dernier, la Chambre de métiers et de l’artisanat en dénombrait un peu moins de 600*.

L’accent sur la formation

Vu le contexte économique, « elles risquent de faire le dos rond pendant quelque temps, prédit Jean-Marc Crépin. Leurs dirigeants seront vigilants sur le recrutement. Ils chercheront davantage à ajuster leur effectif qu’à embaucher massivement. » Il n’empêche.

« La demande en personnel et en compétences demeure forte pour compenser des départs à la retraite, ajoute-t-il. Dans ces métiers, l’avenir des jeunes n’est donc pas compromis. »

Dans quelques années, des entreprises seront aussi à reprendre. « Aujourd’hui, environ 20 % des propriétaires d’un garage sont âgés de plus de 55 ans », précise Bruno Quillérou.
Des perspectives semblent ainsi se dessiner. À condition que les jeunes atteignent un bon niveau de formation qui leur permette de suivre les évolutions technologiques des véhicules. « Aujourd’hui, il faut leur conseiller d’aller jusqu’à un bac professionnel voire plus s’ils en ont les capacités et l’envie, insiste Jean-Marc Crépin. Ils gagneront ainsi de l’expérience et une meilleure maîtrise technique. » Deux qualités qui concourent à satisfaire les clients.

Enquête d'emploi n°19 - janvier 2009

Note : * Contrairement aux statistiques du CNPA 29, ce chiffre ne tient pas compte des concessionnaires automobiles.

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