Lundi 06 Février 2012 S'identifier

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Chargées de mission culturelle

Chaque année, elles nous redonnent l’envie de visiter le Manoir de Kernault, le Château de Trévarez, l’Abbaye du Relec, le Château de Kerjean et l’Abbaye de Daoulas, les cinq sites de l’établissement public de coopération culturelle Chemins du patrimoine en Finistère. Elles, ce sont les chargées de mission culturelle. Elles créent des expositions en s’entourant de scénographes, scientifiques, artistes voire archéologues... Avec toujours les mêmes objectifs : apprendre, divertir, dépayser.

Soizic Kerbrat compose avec l’immensité de Trévarez

On a beau connaître le lieu, le Domaine de Trévarez impressionne toujours par ses dimensions. Le parc s’étend sur 85 hectares au milieu desquels s’élèvent des écuries, un château imposant... Les expositions nécessitent donc d’être mises en œuvre par une équipe complète : la directrice Annick Barré s’occupe de la programmation hivernale, Pascale Quéré se charge de la dimension botanique des projets, Soizic Kerbrat organise l’exposition estivale (de mai à octobre).
Après la Finlande à Noël, Trévarez poursuit sa balade européenne en Espagne. Soizic Kerbrat a très rapidement choisi de présenter, dans le château, le travail de l’artiste catalan Gaudi.

« En lisant un guide sur l’Espagne, je suis tombée sur les photographies réalisées par Clovis Prévost sur l’œuvre de Gaudi. Je l’ai contacté, j’ai découvert ses photos et son fonds documentaires. Voilà comment est née cette partie de l’exposition », raconte Soizic Kerbrat, qui possède une maîtrise de sciences et techniques des métiers de l’exposition (option patrimoine).

Dans les écuries, la chargée de mission culturelle a décidé d’exposer Daniel Challe et Pierre Collin, des artistes qui ont tissé des liens étroits avec la Bretagne et l’Espagne. « Avec eux, j’ai choisi les œuvres qui seront présentées. C’est un moment très privilégié. » Pour rejoindre les deux sites, un chemin de poésie a aussi été inauguré. « À terme, nous aimerions davantage tirer parti du parc. »

 

Aurélie Le Déroff redonne vie au Manoir de Kernault

L’été dernier, Aurélie Le Déroff guidait les visiteurs dans les salles du Manoir de Kernault. Cette année, elle est passée dans les coulisses. « J’avais envie depuis longtemps de créer les expositions, confie la jeune femme titulaire d’un Deug d’histoire de l’art et d’une maîtrise d’ethnologie. J’ai pris en cours le projet de cette année qui s’intitule Impressions de voyage 1839-2009. »
Elle est consacrée au voyage au Pays-de-Galles réalisé par le Quimperlois Théodore Hersart de la Villemarqué, qui est notamment l’auteur du Barzaz Breizh. Le choix de ce sujet a été fortement inspiré par les travaux de Fanch Postic, responsable du Centre de recherche et de documentation sur la littérature orale qui est situé au manoir de Kernault. Aurélie Le Déroff a donc travaillé avec ce chercheur et de nombreux intervenants. À commencer par Laurent Gontier, un carnettiste qui a mis ses pas dans ceux de La Villemarqué à 170 ans d’intervalle.
La chargée de mission culturelle a aussi sollicité une scénographe et un sonorisateur pour la lecture des textes et leur mise en musique. « J’ai donné à chacun d’entre eux un synopsis précis du contenu de l’exposition et surtout de l’ambiance que je voulais créer. » Aurélie Le Déroff était aussi assistée par un comité scientifique composé afin, notamment, de vérifier la justesse des textes rédigés.
La jeune femme n’a pas non plus oublié d’impliquer la médiatrice du manoir de Kernault. Enfin, elle a proposé un coin de lecture et une exposition sur les liens actuels entre la Bretagne et le Pays-de-Galles dans la longère jouxtant le manoir. Aurélie Le Déroff est désormais déjà absorbée par la prochaine exposition.

 

Claire Prijac fait resurgir le passé de l’Abbaye du Relec

Claire Prijac ne se destinait pas à la création d’expositions mais à la réalisation de fouilles archéologiques. « Ce secteur étant assez bouché, j’ai postulé lorsque le poste de chargée de mission culturelle s’est libéré à l’abbaye du Relec. Je connaissais bien le site pour y avoir passé du temps dans le cadre de mon DEA sur les habitats médiévaux dans les Monts-d’Arrée », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, elle ne regrette pas ce choix : son travail s’apparente finalement parfois au métier d’archéologue : « Le sujet de l’exposition défini, il faut se plonger dans la documentation comme en archéologie. Pour la prochaine exposition sur la quévaise (un système de gestion des terres) j’ai consulté les archives, et compilé beaucoup d’ouvrages. »

Claire Prijac sélectionne ensuite les informations incontournables et accessibles au grand public. Plus tard vient la mise en forme. La chargée de mission culturelle doit pour cela composer avec son espace d’exposition (40 m2) et un certain budget. Pour l’exposition sur la quévaise, elle a choisi des supports ludiques et variés : une série d’interviews d’habitants des Monts-d’Arrée, une reconstitution virtuelle d’un village médiéval. «J’ai confié la réalisation de ce document à une entreprise et j’ai sollicité des archéologues pour son contenu. »
Des dessins et des panneaux explicatifs complètent cette exposition. Il lui a fallu un peu moins de dix mois pour la concevoir de A à Z. « À plusieurs étapes de sa conception, j’ai sollicité mes collègues de l’abbaye et ceux des autres sites de l’EPCC », précise-t-elle. Claire Prijac se consacre désormais aux concerts prévus tout au long de l’été dans cette vénérable abbatiale du XIIe siècle. Il sera ensuite temps de lancer l’exposition suivante.

Note : Les autres chargés de mission culturelle de l’EPCC : Pierre Nédellec à l’Abbaye de Daoulas et Marie Maudire au Château de Kerjean.

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009

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