«Difficile à faire accepter un tel changement »
François Penaud a quitté les assurances pour devenir électricien
François Penaud a 32 ans. Un Deug de droit et un BTS force de vente en poche, il aurait pu continuer à se rendre tous les jours à l’agence Groupama dont il était le responsable, à Plonévez-Porzay. Pourtant, il y a un an de cela, François a démissionné et quitté le milieu des assurances pour se reconvertir et devenir… électricien.
Comment en arrive-t-on à passer d’un bureau à un chantier ? « J’ai fait une maison pour ma mère et mon frère à Beg Meil. Et j’ai eu envie de continuer. C’est devenu une véritable passion. Plus le chantier avançait, plus cela me plaisait », explique simplement François. Le virage est amorcé : François sait qu’il veut changer de métier. Et au moment de choisir sa reconversion, c’est vers l’électricité qu’il se tourne naturellement. Peut-être parce qu’il a toujours vu son père, technicien dans le secteur de la téléphonie, manipuler des fils.
Lorsque François annonce son envie de changer de voie, le soutien de son entourage est loin d’être unanime. « Il est difficile de faire comprendre pourquoi on fait ce choix », indique François. D’autant que financièrement, le changement n’est pas anodin. Il est loin des quelque 2 500 euros mensuels qu’il touchait jusque-là. Mais peu lui importe, il est motivé et sûr de lui. Alors il se lance sans hésiter à la recherche de la moindre information sur son futur métier. « Je me suis surtout renseigné auprès des professionnels et, avant de suivre une formation, j’ai fait un stage de sept mois en électricité plomberie dans l’entreprise quimpéroise Pielec. »
Bien sûr, lorsque l’employeur voit un parcours comme le sien sur un CV, il se pose inévitablement des questions. Mais François sait communiquer son enthousiasme. « Les professionnels recherchent avant tout quelqu’un de passionné et qui ne triche pas. En discutant un peu, ils voient tout de suite le sérieux de la personne. »
En janvier 2006, François commence ensuite une formation diplômante de dix mois à l’Afpa de Quimper : l’EE (électricien d’équipement). « En tout, nous avons eu 1 400 heures de formation et deux stages de quatre semaines en entreprise. » A chaque fois, François est apprécié au point que les deux entreprises sont prêtes à l’embaucher à l’issue de ses examens. Il hésite un temps, envisageant de se mettre à son compte. Mais finalement, il préfère attendre et devenir salarié chez ADI, histoire d’acquérir de l’expérience avant de se lancer à son tour.
Enquête d'emploi n°1 - Décembre 2006