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Artisan taxi
De la course d’affaires au travail de nuit en passant par le transport médical, le métier peut se décliner sous de multiples facettes. Mieux vaut bien cibler ses attentes avant de se lancer.
Les uns patientent parfois des heures à l’aéroport, slaloment dans les embouteillages, avant d’enchaîner les courses à un rythme effréné. Les autres travaillent sur rendez-vous, pour transporter des malades vers l’hôpital, des enfants des campagnes vers leurs écoles, récupérer des groupes aux sorties des discothèques. Taxis des villes et taxis des champs ne vivent pas la même vie. Point commun cependant : un quotidien où l’attente est incontournable et où les heures ne se comptent pas.
Composée à 80 % d’artisans, la profession continue à attirer de nombreux candidats à l’indépendance. Chaque année en Finistère, une centaine de cartes professionnelles sont ainsi délivrées par la préfecture. Mais attention, le métier n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Indépendants, ces professionnels de la route sont des acharnés du travail. Pas le choix, au vu de la concurrence :
« Nous gagnons bien notre vie… Mais nous ne sommes pas aux 35 heures : quand on débute, on doit souvent travailler 6 jours sur 7 », prévient François Guillerm, taxi de nuit à Brest.
Un rythme soutenu, qui s’explique aussi par l’investissement de départ : outre l’achat de la voiture, il faut également débourser une somme conséquente pour acquérir une autorisation de stationnement en attente de clientèle, plus couramment appelée licence. À Brest ou Quimper, elles se négocient actuellement aux alentours de 110 à 120 000 euros.
Lien social
Reste ensuite à choisir entre ville et campagne. En milieu urbain, les artisans travaillent généralement dans le cadre de groupements. Au menu : beaucoup d’attente, notamment en semaine, et une clientèle principalement de passage. En campagne, changement d’univers : les artisans réalisent en règle générale la plus grosse partie de leur chiffre d’affaires grâce au transport médical assis, sur rendez-vous. « Mais pour s’en sortir, il faut pouvoir répondre en permanence, de jour comme de nuit. Et se diversifier : l’activité va du transport médical à celui des écoliers en passant par le transport de colis », souligne Éric Monfort, artisan taxi au Folgoët et président du Syndicat des artisans taxis du Finistère.
Autant de contraintes qui ne semblent pourtant pas peser sur ceux qui ont fait le choix de faire du transport des autres leur métier. « Il faut aimer rouler, bien sûr. Et être patient. Mais surtout, il faut aimer le contact : celui qui n’a pas le sens des relations humaines, et notamment en campagne où nous sommes vecteurs de lien social, n’a pas sa place chez nous », tranche Éric Monfort.
Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009
À lire également, les témoignages de 2 artisans taxi, en cliquant sur l'icône Témoignages au-dessus de l'article.
Passage quasi-obligé par la formation professionnelle
Le passage par un organisme de formation professionnelle n’a rien d’obligatoire, mais demeure fortement recommandé. Depuis 1995, l’exercice de la profession est en effet strictement encadré par la loi.
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