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Licencié économique, et après ?
Malgré la baisse du chômage, le Finistère est depuis quelques mois confronté à une série de licenciements économiques. Une réalité traumatisante pour les salariés qui bénéficient toutefois d’outils pour rebondir. Et le département reste créateur d’emploi.
Les annonces se suivent et se ressemblent trop pour ne pas inquiéter. Depuis la rentrée, les prévisions de licenciements économiques s’agglutinent sur le département du Finistère. Une vraie série noire : de Jabil (Brest) à Tilly (Guerlesquin), en passant par Coathalem (Quimper), PDM (Quimperlé), Volaven (Riec-sur-Belon) ou encore la CBA (Plouénan), sans compter les licenciements dont on ne parle pas, dans les petites entreprises, le nombre d’emplois menacés ou d’ores et déjà supprimés ne cesse de monter en puissance. Sur le seul troisième trimestre, 409 licenciements économiques étaient ainsi comptabilisés sur le département, chiffre concernant uniquement les entreprises de plus de 50 salariés. Des chiffres à prendre avec des pincettes : d’une part en raison des négociations actuellement en cours dans le cadre de Plans de sauvegarde de l’emploi, qui pourront aider à préserver certains emplois. Et d’autre part en raison des nombreux licenciements difficiles à comptabiliser, ceux qui touchent les salariés de PME de moins de 10 salariés.
Faut-il pour autant sombrer dans le défaitisme ? Evidemment non. « Nous sommes dans une période difficile. Le Finistère vit en bonne partie sur un secteur, l’agroalimentaire, qui est en pleine mutation. Il faut donc s’attendre à des problèmes… Mais il ne faut pas oublier que dans le même temps, la courbe des créations de postes, sur ce même territoire est à la hausse », tempère ainsi Monique Guillemot-Riou, chargée du dossier des mutations économiques à la Direction départementale du travail et de l’emploi. En 2006, 19 145 recrutements étaient ainsi prévus sur le département, selon la dernière enquête des Assedic.
Anticiper et s’impliquer
Cette version des faits est en partie corroborée par les syndicats : « On focalise sur les vagues de licenciements, qui constituent c’est vrai, des épisodes dramatiques pour les salariés. Maintenant, il faut aussi se rappeler que les nouveaux demandeurs d’emplois ne sont qu’à moins de 5 % des licenciés économiques », confirme ainsi Hervé Goachet, de la CFDT du Finistère. Avant de rappeler que, selon lui, nombre des nouveaux emplois seront souvent précaires…
Il n’en reste pas moins que pour les victimes de ces licenciements, le résultat est là : du jour au lendemain, un avenir tout tracé s’effondre. Pour eux, de nombreuses initiatives sont mises en œuvres « sur le vif ». Mais face à un phénomène qui peut venir à toucher des bassins d’emplois entiers, le maître mot, désormais partagé par tous est « anticipation » :
« Nous disposons d’un tableau de bord permanent de l’emploi qui vise à détecter les problèmes à venir, sur une filière ou un bassin, afin de mettre en place des mesures de prévention, par de la formation notamment. Car si des emplois disparaissent aujourd’hui, d’autres sont et vont être créés. Mais pour répondre à cette offre, il faudra procéder à des reconversions, voire de la mobilité », prévient Monique Guillemot-Riou.
Un avenir à reconstruire donc, avec l’aide des entreprises qui, aujourd’hui, annoncent des suppressions d’emploi ! Car l’histoire ne s’arrête pas là. Grâce notamment à la loi de Cohésion sociale : « Ayant produit un impact négatif sur tout un bassin d’emploi, les entreprises* auront l’obligation de s’engager financièrement sur ces mêmes bassins, dans le cadre des contrats de revitalisation. » C’est déjà le cas à Landivisiau, avec le groupe Casino, et le bassin de Quimperlé devrait aussi pouvoir bénéficier de ce système.
Enquête d'emploi n°1 - Décembre 2006
Note : * Cette mesure ne peut s’appliquer en cas de procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
Les chemins balisés du retour à l'activité
Comment se relever d’un licenciement économique ? Outre les Plans de sauvegarde de l’emploi qui peuvent être mis en œuvre dans les entreprises, deux mécanismes spécifiques d’accompagnement sont proposés par le Service public de l’emploi. L’un, le Contrat de transition professionnelle, n’est pour l’heure qu’en expérimentation sur le seul bassin de Morlaix. La convention de reclassement personnalisé, elle, peut s’appliquer pour tous.
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