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Témoignages

Le travail temporaire

Diplômés, sans expérience, jeunes ou de retour sur le marché de l’emploi après des années de pause, des milliers de Finistériens poussent chaque année la porte d’une agence d’intérim. Un système qui peut faire peur, au regard des attentes de stabilité que chacun nourrit. La formule fait pourtant souvent mouche, et s’avère fréquemment plus « confortable » qu’en apparence. Témoignages.

  • Jean-François Labiau : « J’accumule les expériences »
  • Zahira Dahmane : « Un passage dans une vie »
  • Sandy Satorres : L’intérim d’insertion, pour se remettre dans le bain
  • Michel Raguennes : Découvrir les métiers et ses propres compétences
  • Michel Bigand : « Se faire un carnet d’adresses »
  • Marine Le Roy : « S’adapter au quart de tour ! »
  • Frédéric Le Guen : Un tremplin vers le CDI

« Un passage dans une vie »

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:18:07

Zahira Dahmane Zahira Dahmane

Depuis six mois, Zahira Dhamane « travaille plein pot ». Une aubaine pour cette Finistérienne qui avait un temps tenté sa chance dans le sud de la France, et s’en était mordue les doigts… « Là-bas, vraiment, c’est dur de trouver un emploi. Ici au moins, celui qui veut trouver a largement de quoi faire », estime cette jeune femme qui travaille depuis juillet denier dans une entreprise de la région quimpéroise, via Manpower.
De mission en mission, Zahira a apprivoisé un nouveau métier, dans le conditionnement, et semble avoir trouvé chaussure à son pied : « L’entreprise qui fait appel à moi aujourd’hui me correspond, et si jamais je peux un jour décrocher un CDI, je reste : on a tous besoin d’une certaine stabilité », sourit-elle. La jeune femme ne semble pas pressée : « Je crois que le système de l’intérim est bon pour tout le monde. Ne serait-ce que financièrement, avec les primes de fin de missions. Et puis, même pour quelqu’un qui a un bac + 5, ça peut aider, en attendant. »
Pour autant, la jeune intérimaire ne se nourrit pas d’illusions… Mais de projets : « L’intérim, c’est un passage dans une vie : si un jour j’en ai assez, je sais déjà que je ferai une formation d’aide soignante. »

« J’accumule les expériences »

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:19:05

Jean-François Labiau Jean-François Labiau

Aujourd’hui, ce sont les patrons qui le demandent ! à 27 ans, Jean-François Labiau n’a pourtant démarré l’intérim qu’il y a six mois, et sans disposer d’une formation en rapport avec les missions qu’il effectue depuis en réparation navale. « J’ai une formation commerciale en tourisme. Mais après être parti de France pendant un bon moment, je me suis vite aperçu, en rentrant, qu’il n’y avait que peu d’offres. Or, il fallait bien que je gagne ma vie. »
En s’inscrivant à l’agence Adéquat à Brest, le jeune homme ne pensait pas forcément s’acclimater aussi vite aux logiques de l’intérim. « Au départ, j’ai fait surtout de la manutention, des choses qui demandent avant tout des bras… Et puis, petit à petit j’ai appris. Maintenant, les patrons me connaissent, savent que je suis disponible. Et j’ai déjà eu des propositions de contrats. »
Pas de quoi, pour l’heure, intéresser le nouvel intérimaire : « Je gagne bien ma vie, et je reste libre d’arrêter si une mission ne me convient pas. J’ai financé mon permis de conduire, un déménagement… Pour un prêt, c’est plus compliqué… Mais j’attendrai qu’on me propose un contrat et un poste intéressants : pour le moment, j’accumule les expériences qui me le permettront peut-être ! »

L’intérim d’insertion, pour se remettre dans le bain

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:20:05

Sandy Satorres Sandy Satorres

Quand on est jeune maman, sans diplôme, sans voiture et sans réelle qualification professionnelle, le retour à l’emploi devient vite un parcours à multiples handicaps. Pas pour Sandy Sattores qui, très vite, fut orientée par l’ANPE vers les services de Sato intérim, à Morlaix. Après quelques missions de surveillance dans les lycées, la jeune femme s’est vue proposer de suivre un Contrat d’insertion professionnelle intérimaire (CIPI) dans le secteur du maraîchage. Réservée à des personnes très éloignées de l’emploi, peu qualifiées et ayant peu travaillé dans les derniers mois, cette formule permet d’allier formation théorique et pratique, dans le cadre de l’intérim chez un employeur. Courte, cette formation débouche systématiquement par trois semaines d’intérim dans l’entreprise partenaire…

Pour Sandy, l’expérience s’est conclue par un CDD chez un maraîcher de Guiclan, jusqu’en juillet. « Après deux ans sans travailler, cela m’a permis de me remettre dans le bain progressivement. Sans ce contrat, j’aurai continué l’intérim… Mais un jour ici, un jour-là, ce n’est pas toujours facile. » Le coup de pouce aura également permis à la jeune femme de se projeter dans l’avenir : « Le soir, je travaille mes cours par correspondance, pour devenir secrétaire médicale. » Une formation payante, que la jeune femme n’aurait pu financer sans son emploi actuel.

Découvrir les métiers et ses propres compétences

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:48:34

Michel Raguennes Michel Raguennes

Intérimaire chez Temporis, à Brest, depuis plus de deux ans, Michel Raguenès affiche une polyvalence hors pair. Une qualité qu’il ne se serait pas soupçonnée au départ. «Après 15 ans dans la même boîte, j’ai perdu mon emploi. Je suis venu vers l’intérim après avoir tenté d’obtenir une aide à la formation professionnelle que je n’ai jamais eue.»
Depuis, l’homme enchaîne les missions, tous secteurs confondus. Une formule qui lui convient : « Je n’aurai jamais pensé être capable de bosser dans le BTP… Maintenant, les patrons me demandent ! ça fait du bien pour soi, et ça permet aussi de connaître les métiers, de chasser les idées reçues. »
Sur proposition de son agence, il a également bénéficié d’une formation professionnelle (nacelle), qui lui a permis d’élargir sa palette de compétences. Le quotidien est donc plus que varié, et les fins de mois ne posent plus de problèmes. « Un jour, j’aurai peut-être besoin de stabilité. Ce n’est pas toujours évident de devoir chaque fois apprendre à travailler avec de nouvelles personnes, de nouvelles méthodes. Mais en attendant, c’est grâce à l’intérim que j’ai retrouvé du boulot. Et puis, financièrement, ça va : l’an dernier, j’ai travaillé 10 mois sur 12, dont un mois de vacances que j’avais décrétées ! »

« Se faire un carnet d’adresses »

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:49:42

Michel Bigand Michel Bigand

À 31 ans, Michel Bigand a plus d’une expérience sur son CV. Titulaire d’un bac pro dans l’industriel « parce que c’était une valeur sûre », le jeune homme a pourtant très vite bifurqué : d’un bout de la France à l’autre, il travaillera dans l’informatique, l’audiovisuel, et encore la plasturgie. « Puis j’ai voulu revenir en Finistère. Au départ, cela n’a pas été facile : à certaines périodes, il n’y a vraiment aucune offre… J’ai tout accepté, et le bouche à oreille a fonctionné et je me suis fait un carnet d’adresses. » Désormais, via l’agence Manpower de Quimper, il multiplie les missions dans l’industrie. En restant lucide : « C’est mon secteur, je suis prêt à travailler beaucoup. Mais je sais aussi qu’il me faudra commencer à la base des postes avant de pouvoir prétendre à mieux. »
Michel Bigand sait que ce parcours lui ouvrira, un jour ou l’autre, la porte vers un contrat qui correspondra à ses attentes et ses compétences. Il sait aussi que l’intérim n’est pas la seule voie pour parvenir à ses fins : « Cela permet de vivre, et de se faire une réputation. Mais il faut tout utiliser : de l’ANPE à l’intérim, jusqu’aux candidatures spontanées. »

« S’adapter au quart de tour ! »

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:50:42

Marine Le Roy Marine Le Roy

Son sac est toujours prêt, et si Marine Le Roy a fait le choix de revenir se poser sur ses terres quimpéroises natales, elle doit bien avouer qu’elle n’en « profite » que rarement. Infirmière diplômée, la jeune femme a quitté un poste en région parisienne pour travailler en intérim, il y a quatre ans. « C’était une façon de voir différentes façons de travailler… Et de voir du pays avant de revenir à Quimper. »
Mais le retour en Finistère fut plus dur que prévu : « Dans ce métier, il y a surtout des demandes dans les grandes villes… Alors, il faut accepter de bouger. » Nîmes, Le Mans, Paris : pour Quick Médical services, la jeune infirmière effectue la plupart de ses missions hors de Bretagne. Parfois, au hasard d’une offre ANPE, elle part aussi pour l’étranger.
Un rythme de vie soutenu, que Marine vit comme une chance : « J’ai fait tous les services, et j’ai dû apprendre à m’adapter au quart de tour ! » Une polyvalence rare qui lui servira sans doute le jour où elle décidera de poser ses bagages. À moins qu’elle ne décide de poursuivre encore longtemps sur cette formule : « Après tout, ça évite la routine… »

Un tremplin vers le CDI

Publié le Lundi 31 Août 2009 15:51:43

Frédéric Le Guen Frédéric Le Guen

À 26 ans, un diplôme de secrétaire en poche, Frédéric Le Guen a « galéré » plus souvent qu’à son tour. « J’ai un BTS d’assistant de gestion, mais à la sortie des études, impossible de trouver dans ce créneau : très vite, je me suis rendu compte que dans ce secteur, un homme n’était pas forcément bien perçu… J’ai vu des entreprises préférer prendre une femme avec un BEP, plutôt que moi avec mon BTS ! »
Très vite donc, le jeune homme s’est retourné vers l’intérim : « Juste après les études, ce n’était pas très motivant : j’accumulais des petites missions en usine, en grande surface, dans le BTP. Puis, j’ai effectué deux ans au service des armées. Et je suis revenu en intérim, par l’agence Temporis. Là, j’ai pu trouver une mission qui correspondait à mes compétences. Et au bout de six mois, ils ont créé un poste… »
Désormais en CDI, Frédéric Le Guen estime avoir choisi la bonne voie : « L’intérim, c’est tout de même une liberté, et ça permet de chercher en même temps. Mais au bout d’un moment, j’avais besoin de quelque chose de plus sécurisant : je me suis marié il y a un an, et nous voulons construire… »

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