Vendredi 30 Juillet 2010 S'identifier

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Le tram brestois créateur d’emplois ?

On attendait beaucoup de ce grand chantier pour le marché du travail. Mais dans un contexte économique difficile pour le BTP, son impact sur les recrutements pourrait être plus limité que prévu.

Ce devait être la cerise sur le gâteau, ce sera peut-être plutôt la bouée de sauvetage… « Quand les politiques nous ont demandés, début 2008, d’estimer l’impact sur le marché de l’emploi du chantier du tram, ils avaient peur de la pénurie de main-d’œuvre. Ce projet gourmand en bras allait en effet démarrer en même temps que plus d’une trentaine d’autres opérations d’importance pour le BTP sur le Pays de Brest », racontent François Rivoal, directeur d’études à l’Adeupa (1) et Céline Dagorn, chargée d’étude à Inforem (2).
Sauf que depuis, la situation économique a beaucoup changé : « Il y a un an, les entreprises auraient embauché rien que pour ce chantier, aujourd’hui, on dit plutôt qu’il va permettre de passer la crise dans de bonnes conditions », reconnaît ainsi Gérard Pager, secrétaire général de la Fédération des travaux publics de Bretagne.
Le chantier du tram brestois devrait générer 2,1 millions d’heures de travail soit entre 330 et 660 emplois directs (équivalents temps plein) en grande partie dans les travaux publics et principalement dans le déplacement de réseaux, la pose de voies, le bâtiment, le génie électrique et la voirie.

De l’intérim

« Plusieurs métiers seront sollicités localement : manœuvre, canalisateur, maçon VRD, coffreur ferrailleur, conducteur d’engins, monteur en réseau électrique, électrotechnicien, constructeur en voirie et poseur de bordures, détaille Céline Dagorn. Des profils d’encadrement seront également recherchés : chef de chantier, chef d’équipe et conducteur de travaux. »

Il faudra y ajouter plusieurs centaines d’emplois indirects dans les entreprises de construction et de négoce de matériaux et matériels de chantier et dans les services aux entreprises par exemple.
À côté de ce programme d’envergure plus d’une trentaine d’autres grands chantiers vont donc également mobiliser de la main-d’œuvre dans le BTP : des travaux maritimes, la construction du nouveau pont de Térénez, la requalification du plateau des Capucins et le réaménagement du quartier de l’Europe à Brest en font partie. « Ils vont générer 5,5 millions d’heures de travail sur la durée du chantier du tram, soit 725 emplois directs », indique François Rivoal.
Ces bonnes nouvelles pour le marché de l’emploi brestois, le directeur d’études les prend aujourd’hui avec des pincettes : « Si des besoins de recrutement se font sentir, ils bénéficieront vraisemblablement plutôt à l’intérim. Le délai de réaction devra être très court car dans le contexte actuel, les entreprises ne renforceront les équipes que lorsqu’elles auront l’assurance d’avoir remporté les marchés. »
Pôle emploi est cependant mobilisé pour faire bénéficier les demandeurs d’emplois des opportunités éventuelles et a commencé à orienter des personnes intéressées vers des formations (lire ci-dessous). Les services accompagnant les bénéficiaires de minima sociaux font de même en préparant la mise en œuvre des clauses d’insertion que Brest métropole océane a inclus dans les marchés de travaux du chantier.

Note : 1) - Agence d’urbanisme du Pays de Brest, www.adeupa-brest.fr
2)- Observatoire emploi formation du Pays de Brest, www.cub-brest.fr/inforem

Enquête d'emploi n°23 - Mai 2009

Des clauses d’insertion incluses dans les marchés

À la Maison de l’emploi du Pays de Brest, Kaoutar Ghazi fait fonction d’interface entre les donneurs d’ordres, les entreprises et les organismes d’insertion pour la mise en œuvre des clauses d’insertion dans les marchés de travaux liés au chantier du tram (une obligation pour les entreprises titulaires des marchés de faire travailler des personnes en insertion).

Des formations mises sur pied

Le Finistère est très peu doté en formation en travaux publics : on n’y trouve aucun cursus de formation initiale et seulement deux offres de formation continue.

Temporis mobilisée auprès des entreprises et des intérimaires

Didier Nicolas, patron des agences Temporis de Brest, Landerneau et Quimper, revendique sa différence dans le milieu de l’intérim.

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