Lundi 21 Mai 2012 S'identifier

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« On ne peut pas faire ce métier si l’on n’a pas la passion du sport »

François Brélivet, professeur de judo

Un dimanche sur deux, François Brélivet accompagne ses élèves dans des championnats aux quatre coins de la France. Salarié des clubs de judo de Plouzané et de Daoulas depuis 15 ans, il n’a comme vrai jour de repos que le lundi. Au mieux, il travaille 35 heures par semaine. Au pire, 75 heures, quand il y a une compétition. « Je pense qu’on ne peut pas faire ce métier si l’on n’a pas la passion du sport. Si on veut avoir des résultats, il faut s’investir totalement. Parfois, j’ai presque l’impression de faire du bénévolat », reconnaît le professeur de 44 ans.
La plupart du temps, les entraînements ont lieu à midi, ou en soirée. Difficile dans ces conditions de concilier vies professionnelle et familiale. Pour autant, François Brélivet n’a pas l’intention de changer de voie. « Je me suis beaucoup donné. Aujourd’hui, je réussis enfin à m’y retrouver financièrement. Donc je ne vais pas arrêter maintenant », précise-t-il.

Bien qu’ils soient regroupés au sein d’une même structure, baptisée Seïbukan (école des arts martiaux de l’Ouest), les deux dojo n’ont pas de trésorerie commune. Ils se sont mis d’accord pour embaucher François Brélivet en CDI, à temps complet (2/3 à Plouzané, 1/3 à Daoulas), mais chaque association le rémunère en fonction de ses moyens. « Je suis dépendant du nombre d’adhérents, car ce sont majoritairement les cotisations qui paient les salariés. C’est en cela que je me considère comme précaire. »
Pas toujours facile non plus de faire comprendre le réalité des contraintes de son métier à une hiérarchie composée de bénévoles. « Certains ont l’impression que ce que je fais n’est pas un vrai travail, que je m’amuse. Or, j’ai des journées très remplies ! » Heureusement, le métier de François Brélivet lui procure des moments de plaisir, qui viennent contrebalancer ces contraintes. « Quand un de mes élèves gagne, c’est gratifiant. Même si ce n’est qu’éphémère. »

Enquête d'emploi n°24 - Juin 2009
François Brélivet, professeur de judo
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